Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a, jeudi, mis une nouvelle fois le monde en garde en affirmant que les progrès vers un accord nucléaire entre l’Iran et les six puissances mondiales étaient des avancées faites selon les volontés de Téhéran. Il a encore une fois exhorté le monde à empêcher le pays de devenir un Etat quasi-nucléaire.

Netanyahu répondait au président iranien Hassan Rouhani qui a affirmé cette semaine que les deux parties « avaient comblé le fossé » pour parvenir à un accord, mais qu’ « il restait encore des problèmes et des différends ».

Deux diplomates proches des négociations ont déclaré que les parties discutaient d’un compromis possible qui permettrait à l’Iran de garder une grande partie de sa technologie d’enrichissement de l’uranium, mais réduirait son potentiel de fabrication d’armes nucléaires.

« Le président iranien Rouhani a affirmé que les négociations avançaient sur la voie tracée par l’Iran », a déclaré le Premier ministre.

« Cette voie amène l’Iran à devenir un Etat quasi-nucléaire avec le consentement international, et les assouplissements économiques [que Téhéran] exigent. »

Intervenant lors d’une cérémonie d’inauguration d’une rue, Netanyahu a appelé les puissances mondiales à ne pas lever les sanctions en place contre l’Iran. Si les sanctions économiques sont levées, affirme-t-il, Téhéran aurait la possibilité de s’armer avec « de nombreuses bombes nucléaires ».

« Cela est très dangereux pour l’Etat d’Israël, dangereux pour la région, et dangereux pour la paix mondiale », a-t-il poursuivi.

L’Iran avait proposé l’année dernière de réduire la production de ses centrifugeusescontre l’autorisation de continuer à faire fonctionner la majorité d’entre elles.

Cette proposition avait été rejetée à l’époque par les Etats Unis et ses partenaires de négociations. Mais les deux parties sont sous une pression grandissante à l’approche de la date butoir : se mettre d’accord sur les point principaux avant la fin du mois de mars et parvenir à un accord détaillé d’ici le 30 juin.

Les délais des dernières négociations avaient été repoussés à deux reprises, renforçant le scepticisme des intransigeants en Iran et les critiques au Congrès américain.

Un nouvel échec pourrait entraîner le vote de la mise en place de nouvelles sanctions par des législateurs américains influents. Cette menace de nouvelles sanctions pourrait saborder toutes nouvelles tentatives diplomatiques pour sortir de l’impasse, selon les responsables iraniens.

Les négociations sont devenues progressivement un dialogue entre Washington et Téhéran.

La Russie, la Chine, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne sont aussi à la table des négociations mais admettent que les Etats Unis et l’Iran ont plus à gagner – ou à perdre.

L’Iran a connu une décennie de pressions diplomatiques et économiques visant à réduire son programme nucléaire. Washington a exigé il y a un an que Téhéran réduise le nombre de ses centrifugeuses de près de 10 000 à moins à 2 000.