Netanyahu reporterait le vote sur la loi bloquant la partition de Jérusalem
Rechercher

Netanyahu reporterait le vote sur la loi bloquant la partition de Jérusalem

La législation, qui rendrait plus difficile la division de la capitale, sera votée après la visite de Mike Pence prévue la semaine prochaine

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

La police israélienne monte la garde pendant une manifestation des Palestiniens dans la Vieille Ville de Jérusalem, porte de Damas, après l'annonce faite par le président Donald Trump de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël, le 7 décembre 2017 (Crédit :Hadas Parush/Flash90)
La police israélienne monte la garde pendant une manifestation des Palestiniens dans la Vieille Ville de Jérusalem, porte de Damas, après l'annonce faite par le président Donald Trump de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël, le 7 décembre 2017 (Crédit :Hadas Parush/Flash90)

Dans une initiative qui vise à soulager les pressions exercées sur l’administration américaine survenues après l’annonce de la reconnaissance de Jérusalem en tant que capitale d’Israël par le président Donald Trump, le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait reporté le vote final – qui était à l’origine prévu cette semaine – d’un projet de loi qui rendrait plus difficile de rendre des quartiers de Jérusalem aux Palestiniens dans le contexte d’un futur accord de paix.

Le mois dernier, la Commission de la constitution, de la justice et du droit de la Knesset a donné son feu vert aux deuxième et troisième lectures d’une législation qui exigerait le soutien des deux-tiers de la Knesset pour céder des parties de Jérusalem lors de négociations de paix. Le projet de loi devait passer en séance plénière.

Mais Netanyahu a dorénavant donné pour instruction à ses législateurs du Likud de supprimer le vote du calendrier de la semaine et de le reporter jusqu’à la fin du mois, après la visite que devrait effectuer le vice-président américain Mike Pence au sein de l’Etat juif, a fait savoir la chaîne Hadashot samedi soir.

Pence se trouvera en Israël du 17 au 19 décembre. Annonçant ce voyage au mois d’octobre, la Maison Blanche avait précisé que Pence rencontrerait le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas alors que les Etats-Unis tentent de relancer le processus de paix.

Le président américain Donald Trump tient un mémorandum signé après avoir prononcé son discours concernant Jérusalem depuis la Maison-Blanche, à Washington, le 6 décembre 2017, sous le regard du vice-président américain Mike Pence (Crédit : Saul Loeb / AFP)

Dans un discours prononcé mercredi depuis la Maison Blanche, Trump a défié les avertissements lancés dans le monde entier et a insisté sur le fait qu’après des échecs répétés de réalisation de la paix, une nouvelle approche était depuis longtemps nécessaire, qualifiant sa décision de reconnaître Jérusalem comme le siège du gouvernement israélien de simple reflet de la réalité. Cette initiative a été saluée par Netanyahu et par les leaders d’une grande partie de l’échiquier politique au sein de l’Etat juif. Trump a indiqué qu’il ne spécifiait pas quelles étaient les frontières de la souveraineté israélienne à Jérusalem, appelant à ce que le statu-quo dans les lieux saints de la ville soit maintenu.

Trump a évoqué la visite de Pence dans son allocution alors que le vice-président se tenait à ses côtés, en disant : « Le vice-président Pence se rendra dans la région dans les prochains jours pour réaffirmer notre engagement à travailler avec des partenaires dans tout le Moyen-Orient afin de vaincre le radicalisme qui menace les espoirs et les rêves des générations futures ».

Jibril Rajoub, président de la Fédération palestinienne de football, en conférence de presse à Al-Ram, en Cisjordanie, le 29 octobre 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Mais suite à l’annonce, Jibril Rajoub, un haut-responsable du Fatah, a indiqué que Pence « n’est pas le bienvenu en Palestine ». Le porte-parole d’Abbas a paru confirmer qu’une rencontre n’était dorénavant plus d’actualité.

Le report de ce projet de loi est considéré comme un effort de la part de Netanyahu pour éviter davantage de ressentiment palestinien envers Pence en amont de sa visite, a fait savoir le reportage transmis par Hadashot.

Le projet de loi, qui est un amendement à la loi fondamentale sur Jérusalem, rendrait plus compliqué pour le gouvernement de diviser la ville, en nécessitant le soutien de 80 députés sur 120 lors d’une éventuelle partition de Jérusalem.

Comme aucune clause de la Loi fondamentale ne précise comment elle peut être amendée, il suffit – pour l’instant – d’une majorité simple.

Le principal soutien de la nouvelle proposition, la députée de HaBayit HaYehudi Shuli Moalem-Refaeli, a expliqué que ce projet de loi avait pour objectif d’éviter la partition de la ville en faveur des Palestiniens lors d’un accord de paix.

Actuellement, la Loi sur Jérusalem – adoptée en 1980 puis amendée en 2000 – établit qu’ « aucune autorité stipulée dans la loi de l’Etat d’Israël ou issue de la municipalité de Jérusalem ne peut être transférée en permanence ou durant une période donnée à une instance étrangère, qu’elle soit politique, gouvernementale ou à n’importe quel type similaire d’instance étrangère ».

Israël a annexé Jérusalem-Est en 1980 mais cette initiative n’a pas été reconnue à l’international et la majorité des pays refusent de reconnaître d’éventuelles parties de la ville comme étant la capitale d’Israël, disant qu’il s’agit d’une question qui devra être décidée lors de futures négociations avec les Palestiniens.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...