Face aux exigences des partis ultra-orthodoxes, les groupes de travail, les différents ministères et l’armée qui demandent tous des budgets plus élevés pour l’année 2015-16 qui est en cours de négociation au cabinet, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a prononcé un discours mordant mercredi devant les ministres du Cabinet sur l’importance de la « responsabilité » budgétaire et la croissance économique.

« Le budget que nous présentons aujourd’hui au gouvernement… est équilibré et responsable. Ce budget est destiné d’abord à soutenir la croissance de l’économie ».

Lors de la réunion du cabinet mercredi, convoquée pour débattre du budget 2015-16 proposé par le ministère des Finances, les ministres se sont focalisés sur le fossé qui existe entre ce que l’armée a demandé pour son budget annuel, qui était de plus de 60 milliards de shekels, et la proposition du Trésor pour un budget proche de 53 milliards de shekels.

Le cabinet a aussi débattu du désaccord entre le ministre des Finances Moshe Kahlon et le ministre de l’Economie, Aryeh Deri, dont le parti Shas s’est fait élire sur la promesse électorale d’annuler TVA de 18 % sur certains produits de base.

Le Trésor s’oppose à la réduction d’impôt sur les motifs qu’il réduit l’impôt pour toutes les tranches de revenu, de manière disproportionnée, qui sera en faveur des riches sur les pauvres.

Dans ses commentaires lors de la réunion, Netanyahu a dénoncé « l’ensemble de la discussion qui a tourné autour de la division de la tarte sans parler de la croissance de la tarte…. Partager le gâteau est important, mais cela a beaucoup moins d’importance que la croissance de la tarte ».

Cela signifie, selon le Premier ministre, « que le niveau de la fiscalité restera faible, ou du moins n’augmentera pas, parce que nous savons que l’argent qui atteint les citoyens, leurs poches, sera beaucoup mieux utilisé dans les mains des bureaucrates ».
 
A propos de la récente controverse sur le budget de la Défense, Netanyahu a déclaré : « J’ai reçu deux propositions sur la façon de traiter la taille et la composition du budget. Au cours des dernières semaines, nous avons étudié ces deux propositions. Nous allons les combiner en ce qui concerne les changements que nous voulons faire dans le budget de la sécurité, y compris son augmentation au-delà de ce qui est proposé ici. Je le dis à l’avance. Je veux que tous les ministres se familiarisent avec le processus que nous allons entreprendre. Nous devons assurer la sécurité aux côtés de la satisfaction des autres besoins de l’État d’Israël. »

Il appelle à un objectif de croissance annuelle de 4 %, ce qui, selon lui, proviendra de réformes favorisant la concurrence dans diverses industries, l’accroissement du commerce avec les économies en développement comme la Chine, et un investissement dans les domaines technologiques de pointe.

Le budget et le projet de loi d’accompagnement comprennent des réformes qui permettraient d’accroître la concurrence dans les industries alimentaires, du transport et de la santé, et permettront à « chaque famille d’économiser des centaines de shekels chaque mois en raison de ces changements », a conclu le Premier ministre.

Pour sa part le ministre des Finances Moshe Kahlon a mis l’accent sur « l’augmentation très importante dans les dépenses civiles, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la sécurité publique. »

Comme l’a dit le Premier ministre, a-t-il poursuivi, « il y a des mesures qui rendent les choses plus faciles pour les personnes quant au coût de la vie, l’offre de logements, la croissance, les investissements et la périphérie; nous avons touché à tous ces domaines, y compris les infrastructures afin de rapprocher la périphérie du centre du pays, ce qui va générer une croissance significative ».

Moshe Kahlon a aussi evoqué des réformes très importantes dans le marché financier, malgré « d’importantes pressions pour ne pas les adopter, mais nous allons les mettre en œuvre ainsi que dans de nombreux autres domaines comme le coût de la vie et la nourriture ».

Faisant lui aussi allusion au récent débat sur le budget du ministère de la Défense, le ministre des Finances a déclaré : « Il doit y avoir un équilibre entre les besoins de la société et ceux de la sécurité et je suis certain que, ensemble avec le ministre de la Défense et le Premier ministre et les autres ministres, nous allons parvenir à une solution. Nous ne devons pas donner l’impression que – à Dieu ne plaise ! – la sécurité est une question secondaire ; la sécurité est au centre ».