Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a convoqué certains de ses ministres du Likud les plus proches et des députés pour évoquer l’évolution de deux enquêtes pour corruptions qui l’impliquent, ainsi que certains de ses amis.

Cette réunion a eu lieu alors que Shlomo Filber, directeur général du ministère des Communications a été interrogé pour la deuxième fois par l’Autorité des titres et placé en résidence surveillée. Il est soupçonné de violations éthiques et de fraude boursière.

Dans une autre enquête de police, l’avocat personnel de Netanyahu, David Shimron a été interrogé pour la quatrième fois par l’unité anti-corruption Lahav 433 dans l’affaire des sous-marins, et deux autres personnes impliquées dans cette affaire sont toujours derrière les barreaux.

Shimron est un suspect dans l’Affaire 3 000. Les autorités enquêtent sur une éventuelle affaire de corruption et de pots de vins dans une transaction de plusieurs milliards de shekels avec le constructeur naval allemand ThyssenKrupp. Netanyahu n’est pas suspect dans cette enquête, qui a déjà fait arrêté l’ancien directeur adjoint du Conseil de sécurité nationale Avriel Bar-Yosef et le représentant israélien de ThyssenKrupp Miki Ganor.

Le tribunal de Rishon Lezion a prolongé la détention d’Avriel Bar-Yosef et de Ganor jusqu’à lundi.

Mercredi, un rapport du contrôleur de l’État reprochait au Premier ministre de ne pas avoir indiqué qu’il était ami avec Shaul Elovitz, à la tête du géant des télécoms Bezeq, et soulève des doutes sur la partialité des décisions prises par Filber et Netanyahu au ministère des Communications, que le Premier ministre dirigeait.

Shlomo Filber, directeur général du ministère des Communications durant une audience à la Cour Suprême sur la fermeture de l'Autorité de radiodiffusion, le 15 mai 2017. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Shlomo Filber, directeur général du ministère des Communications durant une audience à la Cour Suprême sur la fermeture de l’Autorité de radiodiffusion, le 15 mai 2017. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Selon la Deuxième chaîne, qui a cité une source proche du bureau de Netanyahu, la réunion vise à préparer une « campagne médiatique » dans les jours à venir.

Yuval Steinitz, ministre de l’Energie, Yariv Levin, ministre du Tourisme, Zeev Elkin, ministre de l’Ecologie , Miri Regev, ministre de la Culture et des Sports , et Ofir Akunis, ministre des Sciences, se sont réunis dans le bureau du Premier ministre jeudi midi. Le chef de la coalition David Bitan et les députés Miki Zohar et Amir Ohana, tous trois du parti de Netanyahu, étaient présent.

Netanyahu fait l’objet de deux autres enquêtes.

Dans l’Affaire 1 000, la police enquête sur des cadeaux d’une valeur de plusieurs centaines de milliers de shekels en cigares et en champagne que le Premier ministre et sa femme Sara auraient reçu de la part de riches hommes d’affaire, notamment le producteur hollywoodien israélien Arnon Milchan.

Le propriétaire de Yedioth Ahronoth,  Arnon 'Noni' Moses, à Tel Aviv, le 26 mars 2014. (Crédit : Roni Schutzer/Flash90)

Le propriétaire de Yedioth Ahronoth, Arnon ‘Noni’ Moses, à Tel Aviv, le 26 mars 2014. (Crédit : Roni Schutzer/Flash90)

L’Affaire 2 000 se concentre sur un éventuel accord de compromis confidentiel qui aurait été conclu entre Netanyahu et l’éditeur du Yediot Aharonoth Arnon ‘Noni’ Moses. Le Premier ministre aurait promis à Moses de faire adopter une loi qui réduirait la diffusion du principal concurrent de Yediot, le journal gratuit Israel Hayom, en échange d’une couverture médiatique positive par Yediot. Aucun accord n’a été appliqué et Netanyahu nie tout délit.

Netanyahu a déclaré à ses alliés politiques que les allégations de corruption dont il fait l’objet sont une « campagne coordonnée des gauchistes qui veulent saborder son gouvernement ».

Il a insisté qu’il avait des « preuves pour tout, tout n’est que mensonge. »

Le Premier ministre a affirmé que ce torrent d’accusations était destiné à créer « une atmosphère de corruption grandissante » afin de lui porter atteinte aux prochaines élections.

« Tout sera bientôt flagrant aux yeux de tous », a-t-il dit.

Pendant cette réunion, Netanyahu a également insisté pour rappeler que « Elovitz n’est pas mon ami », avant d’ajouter qu’il « est mon ami dans un sens qui ne nécessite pas d’être signalé [selon les règles de transparence]. »

« J’ai été lésé par les médias, a affirmé le Premier ministre. Ils essaient d’associer mon nom à deux enquêtes qui n’ont rien à voir avec moi, Elovitz et les sous-marins. »