BUENOS AIRES, Argentine — Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé mardi qu’Israël voulait que l’accord sur le nucléaire iranien soit amendé ou annulé.

Dans une déclaration à la presse, aux côtés du président argentin Mauricio Macri, Netanyahu a démenti des informations récentes qui laissaient entendre qu’Israël et l’Arabie saoudite ne souhaitaient plus l’abandon de cet accord historique. Conclu en juillet 2015 entre Téhéran et les grandes puissances, il prévoit une levée progressive et conditionnelle des sanctions internationales contre l’Iran, qui s’engage en échange à limiter son programme nucléaire à des usages civils et à ne pas se doter de l’arme atomique.

« Dans le cas de l’Iran, il peut y avoir eu de nouvelles informations sur la position israélienne supposée vis-à-vis de l’accord sur le nucléaire de l’Iran. Laissez-moi profiter de cette occasion pour éclaircir les choses. Je serai direct : c’est un mauvais accord, il peut être révisé ou annulé. C’est la position d’Israël », a dit Netanyahu.

Le chef du gouvernement israélien a assuré que dans le cas de l’Iran, c’est « la recherche d’armes nucléaires qui nous concerne et doit inquiéter l’ensemble de la communauté internationale. Nous comprenons le danger que représente le fait qu’une nation suspecte possède la bombe atomique. »

Reuters a indiqué mardi que des responsables américains proches des discussions sur l’accord avaient affirmé qu’Israël et l’Arabie saoudite souhaitaient que le pacte reste en l’état.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à droite, à l'aéroport international Ben Gurion avant le départ de Trump, le 23 mai 2017. (Crédit : Koby Gideon/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à droite, à l’aéroport international Ben Gurion avant le départ de Trump, le 23 mai 2017. (Crédit : Koby Gideon/GPO)

Netanyahu doit rencontrer le président américain Donald Trump à la fin du mois à New York. Au mois d’octobre, Trump doit certifier au Congrès américain que la République islamique respecte bien le pacte, et des rumeurs indiquant qu’il pourrait ne pas le faire.

Au cours de la campagne présidentielle américaine de 2016, Trump avait qualifié cette convention nucléaire de « pire accord jamais conclu » et il avait promis d’y mettre un terme dès sa prise de fonction. Trump a depuis modéré ses propos, même s’il a indiqué le mois dernier que l’Iran « ne se conforme pas à l’accord » et qu’il a expliqué qu’il ne pense pas qu’il affirmera une fois encore que l’Iran respecte la convention lorsqu’il devra le faire devant le congrès au mois d’octobre.

Un retrait américain signerait la fin de l’accord.

Netanyahu a condamné mardi l’implication de l’Iran dans le terrorisme mondial, disant que le régime et ses intermédiaires continuent à opérer, même en Amérique latine.

Le Premier ministre a également souligné l’importance de sa visite, la première d’un Premier ministre israélien en exercice.

« Je suis honoré d’être le premier Premier ministre en exercice à me trouver en Amérique latine, a-t-il dit. C’est un moment historique pour nous. Il est incroyable qu’en 70 ans, depuis qu’Israël existe, aucun Premier ministre israélien n’ait visité un pays du sud des Etats-Unis. Nous sommes aujourd’hui à l’aube d’une nouvelle ère. »

Le président argentin Mauricio Macri à la résidence présidentielle Casa Rosada à  Buenos Aires, le 12 septembre 2017. (Crédit : Juan Mabromata/AFP)

Le président argentin Mauricio Macri à la résidence présidentielle Casa Rosada à Buenos Aires, le 12 septembre 2017. (Crédit : Juan Mabromata/AFP)

Macri, qui a pris la parole avant Netanyahu, a juré d’intensifier les relations bilatérales et a salué les réussites israéliennes dans les secteurs des technologies.

« Votre expérience est clairement un point de référence majeur pour nous, qui reflète le haut potentiel que représentent les progrès immenses que vous avez accompli ces dernières années », a dit Macri, s’exprimant en espagnol.

Il a également évoqué les efforts conjoints dans la lutte anti-terroriste.

« L’Argentine a directement souffert et par deux fois des effets tragiques de la violence extrémiste. Nous condamnons le terrorisme sous toutes ses formes et nous avons l’intention de travailler aux côtés d’Israël et de nos partenaires internationaux pour combattre et prévenir ce fléau. »

Lors de l’événement, l’ambassadeur israélien à Buenos Aires, Ilan Sztulman, a signé une série d’accords bilatéraux avec les responsables argentins. Netanyahu et Macri ont signé pour leur part un accord qui concerne les recherches sur la Shoah.

Macri a donné à Netanyahu une boîte contenant cinq téraoctets de plus de 100 000 images numériques avec des photos historiques relatant la période de la Shoah, les années qui l’ont précédée et celles qui l’ont suivie. Parmi ces documents, des lettres, des télégrammes et des informations qui ont été numérisées par l’Argentine et par le musée du mémorial de l’Holocauste de Washington.

« Nous avons transmis ces documents numérisés historiques concernant la Shoah de manière à ce que l’Etat d’Israël puisse s’assurer qu’ils seront étudiés », a dit Macri à Netanyahu après lui avoir donné une boîte contenant cinq disques durs. « C’est très important pour nous. »

Ces documents devraient permettre de préciser l’aide que l’Argentine a apporté aux criminels nazis après la guerre.

Dans la matinée de mardi, Netanyahu a déposé une gerbe au palais San Martín pour rendre hommage au héros national, le général José de San Martín.

Les deux pays ont également signé des accords de coopération sur la sécurité publique, le crime organisé, le trafic de personnes, de drogues, le blanchiment d’argent et la cybercriminalité.

Dans ce pays où la communauté juive est estimée à 300 000 membres la plus importante d’Amérique latine, un accord commercial a aussi été conclu en vue de lancer une liaison aérienne de la compagnie israélienne El Al entre Buenos Aires et Tel Aviv.

Israël cherche à élargir ses relations économiques et commerciales avec de nouvelles régions et à se rapprocher de pays susceptibles de voter en sa faveur auprès des instances de l’ONU, où l’Etat juif est souvent condamné pour sa politique en Cisjordanie.

Lors de cette tournée prévue jusqu’à vendredi, Netanyahu se rendra ensuite en Colombie et au Mexique, avant de participer à New York à l’Assemblée générale des Nations unies.

JTA et l’AFP ont contribué à cet article.