Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est adressé samedi soir au peuple iranien, fustigeant « le régime qui l’oppresse » et jurant que « les menaces venant de Téhéran seraient une de ses priorités pendant ses premiers contacts avec le président américain Donald Trump ».

Dans une vidéo publiée sur Facebook quelques minutes après la fin de Shabbat, le Premier ministre souligne qu’Israël ne considère pas que le peuple iranien est son ennemi. Seul  l’est le régime qui le dirige. N’appelant toutefois pas les Iraniens à se révolter, Netanyahu a décrit une dictature brutale les empêchant de vivre le mode de vie à l’occidental auquel ils aspirent.

« J’ai l’intention de parler bientôt avec le président Trump à propos de la manière de contrer la menace du régime iranien qui appelle à la destruction d’Israël », déclare Netanyahu dans la vidéo, tournée en anglais sous-titrée en perse.

« Je me suis rendu compte récemment avoir beaucoup parlé du régime iranien, mais pas assez du peuple iranien.Ou plutôt, au peuple iranien. J’espère donc que ce message sera entendu par tous les Iraniens – jeunes et vieux, religieux et laïcs, hommes et femmes. »

Le peuple iranien préfère vivre sans peur, en jouissant des libertés occidentales, déclare le Premier ministre. « Je sais que vous voudriez pouvoir vous exprimer librement, aimer qui vous voulez sans crainte d’être torturé ou pendu à une grue. »

Les Iraniens ont une histoire et une culture riches, a-t-il ajouté. « Mais, tragiquement, vous êtes enchaîné par une tyrannie théocratique. Dans un Iran libre, vous serez de nouveau en mesure de prospérer sans limite. Mais aujourd’hui, un régime cruel essaie de vous retenir. »

Netanyahu a ensuite décrit le « régime impitoyable » qui continue à priver les Iraniens de liberté en empêchant « des milliers de candidats de participer aux élections » et en volant « de l’argent aux pauvres pour financer un meurtrier de masse comme [le président syrien Bashar el-]Assad ».

« En appelant quotidiennement à la destruction d’Israël, le régime espère installer une hostilité entre nous. C’est faux. Nous sommes votre ami, pas votre ennemi. Nous avons toujours fait la distinction entre le peuple iranien et le régime iranien », affirme le Premier ministre.

« Le régime est cruel, le peuple ne l’est pas ; le régime est agressif, le peuple est chaleureux. J’espère que les Israéliens et les Iraniens pourront à nouveau se rendre librement à Téhéran et Ispahan, à Jérusalem et à Tel Aviv. »

Israël et l’Iran avaient des relations étroites avant la révolution de 1979, qui a vu l’effondrement du régime laïc du Shah au profit du régime islamique fondamentaliste qui dirige toujours le pays aujourd’hui.

Israéliens et Iraniens « peuvent travailler ensemble pour un avenir pacifique et prometteur, a conclu Netanyahu. Nous devons vaincre la terreur et la tyrannie et nous devons nous assurer du triomphe de la liberté et de l’amitié. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Donald Trump, alors candidat républicain à la présidentielle américaine, se rencontrent à la Trump Tower de New York, le 25 septembre 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Donald Trump, alors candidat républicain à la présidentielle américaine, se rencontrent à la Trump Tower de New York, le 25 septembre 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Netanyahu a annoncé qu’il allait s’entretenir dimanche soir au téléphone avec le président américain Donald Trump pour la première fois depuis son entrée vendredi en fonction à la Maison Blanche.

« Ce soir [dimanche], je vais avoir un entretien téléphonique avec le président Trump sur des sujets portant sur les Palestiniens, la situation en Syrie et la menace iranienne », a affirmé Benjamin Netanyahu dont les propos lors du conseil des ministres ont été diffusés par la radio publique israélienne.

« J’apprécie beaucoup sa profonde amitié envers Israël ainsi que sa volonté affichée de combattre le terrorisme radical islamique avec force et énergie », a affirmé le Premier ministre.

Selon lui « la première priorité de l’Etat d’Israël est de lever la menace que fait peser le mauvais accord nucléaire conclu avec l’Iran. »

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, les ministres des Affaires étrangères britannique Philip Hammond, russe Sergueï Lavrov, allemand Frank-Walter Steinmeier, français Laurent Fabius, chinois Wang Yi, la secrétaire générale de l'UE pour le Service d'action extérieure, Helga Schmid, la haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Sécurité, Federica Mogherini, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et l'ambassadeur d'Iran à l'AIEA, Ali Akbar Salehi, pendant les négociations sur le programme nucléaire iranien, à Vienne, en Autriche, le 6 juillet 2015. (Crédit : Joe Klamar / AFP)

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry, les ministres des Affaires étrangères britannique Philip Hammond, russe Sergueï Lavrov, allemand Frank-Walter Steinmeier, français Laurent Fabius, chinois Wang Yi, la secrétaire générale de l’UE pour le Service d’action extérieure, Helga Schmid, la haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Sécurité, Federica Mogherini, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et l’ambassadeur d’Iran à l’AIEA, Ali Akbar Salehi, pendant les négociations sur le programme nucléaire iranien, à Vienne, en Autriche, le 6 juillet 2015. (Crédit : Joe Klamar / AFP)

Netanyahu a mené une virulente campagne contre l’accord conclu à Vienne en juillet 2015 entre Téhéran et les grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne sous l’égide de l’Union européenne) qui vise à garantir la nature pacifique du programme nucléaire iranien, en échange d’une levée progressive des sanctions économiques contre Téhéran.

Avant son entrée à la Maison Blanche, Donald Trump avait affirmé dans une interview conjointe aux quotidiens britannique The Times et allemand Bild que ce texte était « l’un des pires accords ».

Le président américain sortant, Barack Obama, a joué un rôle majeur dans la conclusion de cet accord, que Netanyahu a qualifié « d’erreur historique ». L’ensemble de la communauté internationale, y compris les plus farouches adversaires de l’Iran, comme Israël et l’Arabie saoudite, reconnaît cependant que Téhéran a jusqu’à présent respecté les termes de l’accord de Vienne.

Le ministre de l’Education Naftali Bennett, réagissant sur Twitter au post de Netanyahu, a déclaré que l’Iran était un sujet important, « mais empêcher un autre Iran au cœur de la Judée Samarie [Cisjordanie] n’est pas moins important. »

Le « prétexte de la menace iranienne » ne doit pas pouvoir empêcher Israël de « rater une opportunité historique d’empêcher [l’existence de] la Palestine sur la route 6 », a déclaré Bennett, qui faisait référence à une route à péage qui parcourt presque toute la longueur du pays.

Le ministre de l'Education Naftali Bennett avant une réunion extraordinaire de son parti HaBayit HaYehudi dans l'implantation de Maale Adumim, en Cisjordanie, le 2 janvier 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de l’Education Naftali Bennett avant une réunion extraordinaire de son parti HaBayit HaYehudi dans l’implantation de Maale Adumim, en Cisjordanie, le 2 janvier 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Bennett, président du parti pro-implantation HaBayit HaYehudi, faisait référence au soutien affirmé de Netanyahu à la solution à deux Etats. Bennett rejette pour sa part vigoureusement l’idée d’un Etat palestinien quel qu’il soit en Cisjordanie, et affirme que la politique ostensiblement pro-Israël du président américain Donald Trump permettra à Israël d’annexer une partie de la région.

Samedi soir, il avait également salué sur Twitter la présidence de Trump, l’aube d’une « nouvelle ère diplomatique », et juré de promouvoir une annexion partielle de la Cisjordanie.

L’AFP a contribué à cet article.