Lundi, le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le Département d’Etat ont exhorté le Premier ministre à ne pas révéler dans son discours des détails confidentiels et « sélectifs » sur les négociations nucléaires communiqués à Israël en toute confidence.

Le Département d’Etat a mis en garde contre le fait qu’une telle action « trahirait » la confiance que porte les Etats-Unis à l’égard d’Israël.

Toujours lundi, Obama a accordé un entretien à Reuters dans lequel il affirme qu’un accord nucléaire qui gèlerait le programme nucléaire iranien pour au moins 10 ans serait la meilleure option pour empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire.

Dans un discours historique au Capitole, le dirigeant israélien a fustigé « un très mauvais accord » et le risque d’une « course aux armements nucléaires au Moyen-Orient ».

Au même moment, les chefs des diplomaties américaine et iranienne, John Kerry et Mohammad Javad Zarif, négociaient en Suisse pour trouver un règlement définitif censé encadrer le programme nucléaire de la République islamique.

« Le régime iranien représente une grande menace pour Israël, mais aussi pour la paix du monde entier », a lancé M. Netanyahu, ovationné par des élus républicains et démocrates des deux chambres du Congrès.

Le Times of Israël a suivi en direct le discours et les réactions.

Fin du direct

La liste complète des législateurs absents au discours

The Hill a publié la liste complète des législateurs qui n’assisteront pas au discours, de ceux qui seront présents, et ceux qui ne savent pas encore.

Pour le moment, 57 membres du Congrès – environ 10 % des 535 membres – ne devraient pas être présents.

Alors même que des dizaines de représentants songent à ne pas être présent, les places pour le discours sont très demandées.

Les démocrates répondront au discours du Premier ministre

Le groupe des législateurs démocrates qui projettent de boycotter le discours au Congrès du Premier ministre ont l’intention de répondre à l’allocution du dirigeant israélien.

Les représentants Steve Cohen et John Yarmuth répondront à l’intervention controversée à 00h30.

Les représentants David Price, Jan Schakowsky, Lloyd Doggett, Earl Blumenauer, Betty Mc Collum, Peter Welch et bien d’autres encore seront présents.

Yaalon : Netanyahu ne révèlera aucun détail des négociations

Le ministre de la Défense Moshe yaalon indique que Netanyahu ne révèlera aucune information confidentielle pendant son discours.

Il a affirmé à la radio militaire qu’il connaissait le contenu de l’allocution de Netanyahu et a précisé qu’il ne pourra en regarder qu’une partie.

« Je sais ce qu’il va arriver ; je pense que les Américains peuvent aussi anticiper ce qui arrivera là-bas », révèle-t-il.

« Et sans révéler de nouvelles informations », on peut très bien faire entendre que l’Iran travaille pour obtenir la bombe nucléaire et exprimer notre inquiétude sur « un mauvais accord », poursuit-il.

L’interviewer lui a directement demandé si Netanyahu révèlera de nouvelles informations sur les négociations.

« Ecoutez, vous ne pouvez pas affirmer que d’un côté nous ne sommes pas des partenaires et que nous ne savons rien [sur les négociations avec l’Iran], et d’un autre avoir peur que nous révélions de nouvelles informations », réplique-t-il, en faisant référence aux signaux mixtes envoyés par Washington.

« Le Premier ministre est responsable. Il sait ce qu’il peut révéler et ce qu’il ne peut pas révéler. Vous ne brûlez pas comme ça vos sources de renseignements », ajoute-t-il.

Yaalon évoque aussi l’interview d’Obama accordée à Reuters au cours de laquelle il explique que Netanayhu « a fait des affirmations » sur l’accord intérimaire qui se sont révélées être fausses.

« Il n’a certainement pas eu tort, assène-t-il. Ce mauvais accord prend racine dans l’accord intérimaire, donc affirmer qu’il n’y a pas de bombe grâce à l’accord intérimaire… » finit-il.

Il indique que dans « l’Histoire récente » les faits ont été à de nombreuses reprises « manipulés » avant de conclure que le « Premier ministre n’avait pas tort ».

Le ministre de la Défense Moshe Yaalon au cours d'une conférence de presse près de Hebron (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Défense Moshe Yaalon au cours d’une conférence de presse près de Hebron (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

‘Le Premier ministre a édulcoré son discours pour les Démocrates’

Selon le site d’information Walla, qui cite des sources anonymes proches du Premier ministre, plusieurs démocrates auraient demandé à Netanyahu d’éviter des tactiques dans le but d’obtenir des pluies d’applaudissements lors des passages controversés de son discours, car cela mettrait les Démocrates dans une position inconfortable.

Les sources ont indiqué que suite à cette demande, Netanyahu a révisé son texte pour accéder à cette demande.

Les désaccords sur le programme nucléaire iranien

La Deuxième chaîne souligne, sous forme de points, les différents point de contention entre la Maison Blanche et Netanyahu sur le programme nucléaire.

La Maison Blanche maintient que :

a) Netanyahu n’a pas proposé une alternative viable à l’initiative diplomatique

b) Augmenter les sanctions n’empêchera pas l’Iran de développer son programme nucléaire

c) Des sanctions supplémentaires entraîneraient l’effondrement des négociations

d) « Un franchissement du seuil nucléaire » prendrait 2 à 3 mois

e) Si les Etats-Unis prennent le blâme pour l’échec des négociations, la coalition internationale se dissoudra

f) Une frappe militaire sur l’Iran ne ferait que retarder le programme

La télévision américaine accorde une place importante au discours

La télévision américaine va entièrement couvrir le discours de Netanyahu.

CNN a un compte à rebours sur l’écran qui décompte les minutes qui restent avant que le Premier ministre ne monte à la tribune, a programmé des heures d’émission pour couvrir l’événement.

Actuellement, on peut lire sur le bandeau de bas de page : « Obama ne regardera pas » [le discours].

Entretien entre Obama et les dirigeants européens

La Maison Blanche a annoncé que le président américain Barack Obama participerait mardi avec des dirigeants européens, dont le Français François Hollande, l’Allemande Angela Merkel et le Britannique David Cameron, à une vidéoconférence consacrée à la crise en Ukraine et à la « sécurité mondiale ».

Le Premier ministre italien Matteo Renzi et le président du Conseil européen Donald Tusk doivent également participer à ces entretiens qui se dérouleront à partir de 16H30 GMT, à huis clos.

Selon le porte-parole du Premier ministre britannique, les discussions entre M. Obama et les dirigeants européens doivent surtout porter sur le conflit en Ukraine et mettre l’accent sur « l’importance d’appliquer les accords de Minsk » signés le 12 février.

« Si le gouvernement russe ne joue pas son rôle dans l’application des accords (…) nous pensons que de nouvelles sanctions devront être prises » contre Moscou, poursuivent les services de M. Cameron.

Malgré le cessez-le-feu instauré par ces accords à partir du 15 février, les rebelles sont entrés dans la ville de Debaltseve, noeud ferroviaire stratégique que les forces ukrainiennes ont fini par abandonner.

– AFP a contribué à cet article

L’ancien assistant d’Obama affirme que les sentiments sont ‘à vifs’

Tom Donilon, l’ancien conseiller en sécurité nationale d’Obama, a indiqué sur la chaîne CNN que le fait que le président ne devraient apparemment même pas appeler Netanyahu pendant son séjour aux Etats-Unis prouve à quel point les sentiments sont « à vifs »

Thomas Donilon (Crédit : domaine public)

Thomas Donilon (Crédit : domaine public)

Des élus américains accueillent Netanyahu avec Twitter

John Boehner ouvre la session

La foule prend place dans l’enceinte

Capture d’écran Le Congrès le 3 mars pendant le discours de Benjamin Netanyahu (Crédit : capture d'écran

Capture d’écran Le Congrès le 3 mars pendant le discours de Benjamin Netanyahu (Crédit : capture d’écran

Pour regarder le discours en direct sur la chaîne YouTube

Netanyahu arrive sous des cris et des applaudissements nourris

Le Premier ministre israélien serre la main chaleureusement de plusieurs hommes et femmes du Congrès.

Bennett affirme que le Premier ministre a « absolument raison »

Le dirigeant de HaBayit HaYehudi a déclaré à la chaîne CNN que Netanyahu avait eu « absolument raison » en affirmant que l’Iran cherche à obtenir la bombe nucléaire. Il ajoute que s’il est ralenti dans une voie, il progressera sur une autre voie.

L’Iran « a des tactiques dilatoires et frauduleuses, indique-t-il. Il n’y a aucune raison pour accepter qu’il enrichisse de l’uranium ».

L’échec pour imposer toute interdiction sur l’enrichissement de l’uranium dans l’accord futur est « un échec dans le leadership », poursuit Bennett.

« C’est l’un de ces moments où les gens dans 100 ans se demanderont ‘mais à quoi pouvaient-ils bien penser’… Mais nous pouvons encore empêcher cela ».

Naftali Bennett à Ramat Gan le 15 janvier 2015 (Crédit : Ben Kelmer/Flash90)

Naftali Bennett à Ramat Gan le 15 janvier 2015 (Crédit : Ben Kelmer/Flash90)

Le Premier ministre est ravi de parler pour la 3e fois devant le Congrès

Le Premier ministre a été très longuement et très chaleureusement applaudi par les élus américains présents, même si, fait sans précédent, une cinquantaine de démocrates ont boycotté son discours.

Netanyahu remercie et salue surtout Harry Reid.

« Mon discours a été le sujet de nombreuses controverse. Il n’a jamais été mon intention de nuire à nos relations. Je veux vous remercier pour votre soutien à Israël, année après année. »

« Peu importe de quel côté vous vous tenez [à l’échelle politique nationale], vous êtes du côté d’Israël [..] De Harry Truman à Barack Obama. »

« Israël vous est reconnaissant pour votre soutien à nos capacités militaires, en particulier pour l’Iron Dome, car le ‘Capitole Dome’ [le Capitole abrite le Congrès] a été du côté d’Israël. »

Benjamin Netanyahu au Congrès le 3 mars 2015

Benjamin Netanyahu au Congrès le 3 mars 2015

Netanyahu compare le programme nucléaire iranien à Pourim

Le Premier ministre a une « une obligation profonde » parce qu’il sent que le programme nucléaire iranien pourrait menacer l’Etat juif.

Les Juifs sont un peuple ancien, et beaucoup ont « essayé de détruire le peuple juif. »

Il fait référence à l’histoire de Pourim, et à l’histoire de la reine Esther et de son rôle pour sauver le peuple juif.

« Le complot a été déjoué, nos personnes ont été sauvées. »

« Aujourd’hui, le peuple juif fait face à une autre tentative de destruction par un autre Persan.

Le chef suprême en Iran « crache la haine la plus ancienne de l’antisémitisme » sur la nouvelle technologie, a-t-il poursuivi.

Mogherini : « répandre l’inquiétude » n’aide pas la négociation

La chef de la diplomatie européenne, Mme Federica Mogherini a mis en garde mardi ceux qui répandent « l’inquiétude » à l’égard d’un accord sur le programme nucléaire iranien, alors qu’elle estime qu’on « approche » d’un résultat.

Dans une allusion aux critiques du Premier ministre israelien Benjamin Netanyahu sans jamais le nommer, Mme Mogherini a affirmé aux journalistes à Genève que « répandre l’inquiétude n’aide pas dans cette étape » (…) « particulièrement dans ces heures où nous approchons d’un résultat ».

Federica Mogherini (Crédit : AFP)

Federica Mogherini (Crédit : AFP)

– AFP

Netanyahu : l’Iran exporte le djihad

Le Premier ministre affirme que l’Iran n’est pas seulement un problème juif, de la même façon que les nazis n’étaient pas seulement une menace pour les Juifs. Le régime iranien menace « le monde entier. »

« Le peuple d’Iran sont des gens très talentueux, » dit-il. Mais en 1979, ils « ont été détournés par des fanatiques religieux. »

Le nouveau régime a cherché à exporter le djihad dans le monde, dit-il.

Le document fondateur de l’Iran légifère la poursuite du djihad, dit-il. Et l’Iran est exactement ce que fait à Gaza, Golan Heights, le Liban, le Yémen, la Syrie.

« L’ennemi de ton ennemi est ton ennemi, » affirme Netanyahu.

Un accord sur le nucléaire n’empêcherait pas l’Iran d’obtenir la bombe

Netanyahu retrace l’histoire des attaques de l’Iran sur les Américains, mentionne l’attentat de l’AMIA en Argentine, la tentative d’assassinat de l’émissaire saoudien.

« Au Moyen-Orient, l’Iran domine désormais quatre capitales, » dit-il, et si rien n’est fait, « d’autres suivront sûrement. »

Il dit que nous devons tous unir nos efforts pour empêcher l’Iran, sous un tonnerre d’applaudissements.

« On ne peut pas faire confiance à l’Iran »

« En ce moment l’Iran pourrait cacher des installations nucléaires que nous ne connaissons pas, nous : les États-Unis et Israël, » dit Netanyahu.

« L’Iran a prouvé à maintes reprises qu’on ne peut pas lui faire confiance, » dit-il.

Faire des concessions quant à son infrastructure s’avère dangereux, mais la deuxième – la chronologie et l’assouplissement des sanctions – est plus dangereux.

En une décennie, « un clin d’œil, à l’échelle de l’histoire » l’Iran pourrait produire « beaucoup, beaucoup de bombes nucléaires. »

Le Guide suprême le dit ouvertement, en disant qu’il veut 190 000 centrifugeuses. Avec cela, l’Iran pourrait faire un arsenal nucléaire.

Une fois qu’il prendrait cette décision, « ce sera une question de semaines. Et ce, en toute légitimité internationale, » dit-il.

Kerry a confirmé cela, dit-il.

« Un pacte ouvre la voie à la bombe »

Deux concessions dans l’affaire – vaste programme, et la levée des restrictions en une décennie – « ouvrent la voie à l’Iran » pour se doter de l’arme, plutôt que de le bloquer.

« Je ne crois pas que le régime radical de l’Iran va changer pour le mieux après l’accord, » dit-il.

Si l’Iran « engloutit quatre pays » maintenant, avec des sanctions, combien en « dévorera-til » par la suite ?

« Nous nous portons mieux sans accord, qu’avec un mauvais accord. »

Netanyahu énonce les exigences pour l’Iran

« Un accord va changer la région pour le pire », dit-il, et créer une course aux armements nucléaires au sein d’une « poudrière nucléaire. »

Il prédit avec cette affaire « un Moyen-Orient jonché de bombes nucléaires » et un « cauchemar nucléaire. »

« Nous pouvons insister pour que les restrictions sur le programme nucléaire de l’Iran ne soient pas levées tant que l’Iran continue son agression dans la région et le monde. »

Applaudissements.

Avant la levée des sanctions, le monde devrait exiger l’arrêt des attaques contre les pays de la région, déclare-t-il, sous les applaudissements.

Deuxièmement, « cesser de soutenir le terrorisme dans le monde. » Plus d’applaudissements.

« Et troisièmement, cesser de menacer d’anéantir mon pays, Israël, le seul et unique Etat juif. »

Tonnerre d’applaudissements.

Netanyahu affirme que l’Iran doit faire ses preuves

Le monde devrait insister pour que « l’Iran change de comportement » avant « qu’un accord expire. »

Si elle le fait, des restrictions devraient être levées. Si ce n’est pas le cas, alors laissez les restrictions en place, dit-il.

« Si l’Iran veut être traité comme un pays normal, laissez le agir comme un pays normal. »

Applaudissements.

L’accord ‘garantira’ que l’Iran aura l’arme

« Nous devons toujours nous rappeler que l’un des plus grands dangers » auxquels le monde fait face un Iran armé de l’arme nucléaire, souligne-t-il.

« Battre l’EI et laisser l’Iran obtenir les armes nucléaires équivaudrait à gagner la bataille pour perdre la guerre », poursuit-t-il.

« Nous ne pouvons pas laisser cela arriver », insiste-t-il.

Applaudissement

« Mais cela, mes amis, est exactement ce qui pourrait arriver, si l’accord qui est en train d’être négocié est accepté par l’Iran ».

Il poursuit en affirmant que l’accord « garantira » que l’Iran obtiendra les armes.

Netanyahu signale que certains termes de l’accord ont été rendus publics, « vous pouvez les trouver sur Google ».

« Nous savons avec certitude que n’importe quel accord avec l’Iran inclura deux concessions majeures », explique-t-il : laisser l’Iran garder ses infrastructures nucléaires ce qui lui laisserait la possibilité de franchir le seuil nucléaire.

« Aucune centrale nucléaire ne sera démolie », et les centrifugeuses seront là.

Selon l’analyse américaine, ils pourraient franchir le seuil nucléaire dans un an, un délai moins long que le délai prévu par l’évaluation israélienne, précise Netanyahu.

Netanyahu indique que les inspecteurs « ne les arrêtent pas » et c’est un « problème ». Il a pris pour exemple la Corée du Nord.

L’Iran « joue une bonne partie de cache-‘triche’ » avec les inspecteurs.

« L’Iran a plus besoin des pourparlers que nous »

« Le savoir-faire nucléaire sans infrastructure nucléaire ne peut pas aller très loin », dit-il.

Il dit que les Etats-Unis devraient maintenir la pression « sur un régime très vulnérable ».

Ils reviendront, « parce qu’ils ont besoin de l’affaire beaucoup plus que vous. »

On nous a dit « pas d’accord vaut mieux qu’un mauvais accord. »

« Eh bien, c’est une mauvaise affaire, c’est une très mauvaise affaire. Nous sommes mieux sans », dit-il.

Standing ovation.

Netanyahu exige que l’Iran cesse de menacer Israël

Netanyahu salue Elie Wiesel et dit : « Plus jamais ça »

«Mes amis, être debout face à l’Iran, ce n’est pas facile, » dit-il, ajoutant qu’il s’agit d’un régime sombre et « meurtrier ».

Il salue le soutien d’Elie Wiesel, et les applaudissements éclatent dans la salle.

« Elie, votre vie et votre travail, nous incite à donner un sens aux mots : ‘plus jamais ça’. »

Pluie d’applaudissements.

« J’aimerais pouvoir vous promettre, Elie, que les leçons de l’histoire ont été tirées, » dit-il.

Il dit qu’il va exhorter les dirigeants du monde à en prendre note, et garantit que « les jours où les Juifs restent passifs face à des ennemis génocidaires – sont révolus. »

Acclamation de joie et des applaudissements presque ininterrompus s’ensuivent.

Washington s’opposera à « l’expansion iranienne »

Les États-Unis vont continuer à « s’opposer avec détermination » à toute tentative de l’Iran d’étendre son influence dans la région du Moyen-Orient, même si un accord nucléaire est conclu, a déclaré mardi à Montreux un haut responsable du Département d’État américain.

« Indépendamment de ce qui se passe dans le dossier nucléaire, nous allons continuer à nous opposer avec détermination à une expansion iranienne dans la région et à l’agressivité iranienne dans la région », a déclaré le responsable américain.

Netanyahu a reçu 25 standing ovations

Le journaliste de Haaretz, Barak Ravid, qui était assis à la chambre du Capitole a compté 25 standing ovations pendant le discours de Benjamin Netanyahu.

Une sénatrice juive appelle à une clause de caducité plus longue

En quittant le Congrès après le discours d’Obama, la sénatrice Diane Feinstein a précisé au micro de CNN que l’assouplissement des sanctions sur l’Iran dans 10 ans n’est pas suffisant et a exhorté à mettre en place une clause de caducité de 15 à 20 ans.

Avant le discours, Feinstein avait vertement critiqué la déclaration de Netanyahu qui affirmait qu’il représentait tous les Juifs.

Malgré le fait qu’elle ait trouvé cette affirmation « arrogante », elle avait indiqué qu’elle assisterait au discours.

J Street : le discours ne valait pas le coup

Le groupe de lobbying J Street publie une déclaration après l’adresse :

« Le Premier ministre israélien a insisté pour que, malgré la mauvaise synchronisation de son discours, le peuple américain ait à entendre ce qu’il avait à dire.

Mais ce discours n’était pas nouveau. L’administration Obama accepte qu’un Iran nucléaire soit inacceptable. La différence, c’est qu’il poursuit la voix diplomatique pour empêcher ce résultat, et Netanyahu a refusé de proposer des solutions crédibles.

Nous avons entendu ce discours avant -une litanie de tautologies que « pas d’accord vaut mieux qu’un mauvais accord, ce que nous avons besoin est une meilleure affaire. »

Le Premier ministre Netanyahu n’a offert aucune alternative sérieuse aujourd’hui. Qui peut dire aujourd’hui que ce discours valait le coût considérable pour la relation israélo-américaine ?

L’Amérique se tient aux côtés d’Israël. C’est pourquoi l’administration travaille à un accord qui permettra d’éviter un Iran nucléaire. »

David Axelrod : le discours n’entrait « pas dans de nouveaux terrains »

Le conseiller de longue date d’Obama et conseiller politique David Axelrod fait écho aux commentaires anonymes de responsables de la Maison Blanche en affirmant via Twitter que le « discours n’est pas entré dans de nouveaux terrains, et n’a pas proposé de voie réaliste autre que la guerre. Mais le langage apocalyptique et l’ovation des Républicains étaient faits sur mesure pour sa base ».

– Rebecca Shimoni-Stoil

Le texte du discours en anglais

Pour lire le texte du Premier ministre israélien en entier, cliquez ici.

Oren affirme que le discours aurait pu être prononcé à l’AIPAC

L’ancien ambassadeur Michael Oren a affirmé au micro de la Deuxième chaîne : « Dommage qu’il n’ait pas dit ça il y a deux semaines, dommage qu’il n’ait pas dit ça à l’AIPAC ».

« Pour moi, le but de ce discours n’est pas clair », poursuit-il.

Oren souligne que la déclaration de Netanyahu qu’Israël se défendra, mais que les Etats-Unis sont derrière et précise que Netanyahu a besoin de réfléchir sur sa remarque sur le fait que la Maison Blanche est autant derrière Israël que le Congrès.

Oren indique avoir appelé Obama pour lui demander un entretien après le discours et qu’il l’aurait remercié de l’aide qu’il apporte à Israël.

Michael Oren (Crédit : Yossi Zamir/Flash 90)

Michael Oren (Crédit : Yossi Zamir/Flash 90)

Le National Jewish Democratic Council soutient les pourparlers nucléaires

Le National Jewish Democratic Council réaffirme son soutien aux pourparlers que Netanyahu a décrié quelques minutes plus tôt, mais remercie aussi Netanyahu « pour avoir reconnu tout ce que le président Obama et son administration ont fait pour assurer la sécurité et celle d’Israël. »

L’organisation reconnaît dans un communiqué publié peu après le discours de Netanyahu que « si tous les membres du caucus démocrate sont face à une décision difficile concernant l’adresse d’aujourd’hui, nous reconnaissons que chacun a pris la décision appropriée pour eux-mêmes. »

Certains des membres démocrates n’ont pas assisté au discours, y compris certains représentants juifs comme le républicain Steve Cohen (D-TN).

L’organisation démocratique juive a réservé une critique sévère au président de la Chambre John Boehner, qui selon eux « met les membres du Congrès dans une position de politique partisane avec la relation israélo-américaine. »

– Rebecca Shimoni-Stoil

Rand Paul se dit « ravi » par le discours

Dans une déclaration faite à la suite du discours de Netanyahu, le sénateur Rand Paul dit qu’il est « satisfait » par les propos du Premier ministre.

« Israël est et a toujours été l’ami et allié de l’Amérique. J’ai été heureux d’entendre le discours du Premier ministre Netanyahu au Congrès aujourd’hui, et je me joins à lui pour appeler à la paix et, me tient debout, ensemble pour nos intérêts mutuels. Il est important de travailler ensemble pour empêcher un Iran nucléaire, et la propagation de l’islam radical », dit-il.

– Rebecca Shimoni-Stoil

Peter Roskam salue un discours « puissant »

Dans un communiqué, Peter Roskam écrit :

« Le Premier ministre Netanyahu a prononcé un discours puissant ce matin qui a porté sur le renforcement des liens éternels entre les Etats-Unis et Israël. Ce sera une année charnière dans notre quête commune pour lutter contre les extrémistes islamiques et empêcher l’Iran de jouir d’une capacité d’armement nucléaire. »

« Les négociations avec Téhéran ne font que continuer à enhardir le premier sponsor du terrorisme d’Etat du monde, et je suis entièrement d’accord avec le Premier ministre que tout accord final qui laisse l’Iran doté d’une puissance nucléaire revient à un mauvais accord. »

« Une relation israélo-américaine forte représente une nécessité stratégique pour assurer la sécurité et la sécurité des deux pays, et j’encourage mes collègues des deux côtés de l’allée à se joindre à moi pour redoubler notre engagement à l’égard de ce partenariat essentiel. »

Peter Roskam (Crédit : CC BY-SA Gage Skidmore, Flickr)

Peter Roskam (Crédit : CC BY-SA Gage Skidmore, Flickr)

– Avec Rebecca Shimoni-Stoil

Gilad Erdan : Yachimovich « délire »

La députée Shelly Yachimovich, la numéro 3 de la liste de l’Union sioniste, affirme que le discours « a été prononcé après de sévères mises en garde de la Maison Blanche et tout en étant conscient du dommage qu’il causait en préparant le discours ».

Elle a cependant admis que « la plupart des Israéliens étaient d’accord avec le contenu du discours ».

« C’est vraiment dommage que discours ait été prononcé en passant par une déchirure des relations avec les Etats-Unis et en utilisant de manière cynique la question de la campagne électorale », poursuit-elle.

Yachimovich affirme ensuite que leader de l’Union sioniste pourrait faire « exactement le même discours » mais à une différence près, le président américain et le vice-président seraient présents.

L'ex-leader du parti HaAvoda, la députée Shelly Yachimovich (photo credit: Miriam Alster/Flash90)

L’ex-leader du parti HaAvoda, la députée Shelly Yachimovich (photo credit: Miriam Alster/Flash90)

Le ministre Gilad Erdan du Likud indique que Yachimovich « délire » si elle pense qu’il est possible de faire un tel discours en la présence du président américain tant qu’Israël et les Etats-Unis ne règlent pas leurs différends sur la question iranienne.

Herzog : « Après les applaudissements, Netanyahu est seul »

L’un des dirigeants de l’Union sioniste Isaac Herzog, s’exprimant depuis une ville de la périphérie de Gaza, affirme que certains Israéliens « comprennent que le pays veut être libéré de la peur pour laisser place à un nouvel espoir. »

« On ne peut pas prendre la menace iranienne à la légère », mais Herzog a choisi d’être « ici, pas à Washington, » pour le bien des habitants de la périphérie d’Israël, dit-il.

Herzog admet que le discours était un bel exemple de prouesses oratoires, mais déplore qu’il a « créé une tension dans les relations avec les Etats-Unis, » et dit qu’en dépit de tout cela, cela n’arrêtera pas les ambitions nucléaires de l’Iran.

« Après les applaudissements, Netanyahu est seul. Israël reste aliénée. Et les négociations nucléaires iraniennes vont continuer « , dit-il.

« Le fait que nous ayons une grande population qui a faim, qui est blessée et malade, » est le résultat du manque de responsabilité de Netanyahu, lance Herzog, ajoutant qu’il va « en prendre la responsabilité. Je serai un chef qui veut travailler pour le peuple ».

La transmission de son commentaire a été coupé court à la télévision, la présentatrice Yonit Levi affirmant que c’était un « flagrant » discours de « propagande électorale. »

Le député Isaac Herzog à Tel Aviv le 17 février 2015 (Crédit : Amir Levy/FLASh90)

Le député Isaac Herzog à Tel Aviv le 17 février 2015 (Crédit : Amir Levy/FLASh90)

Pelosi est « au bord des larmes » après le discours mais fustige Netanyahu

La leader démocrate Nancy Pelosi dit qu’elle était « au bord des larmes » pendant le discours de Netanyahu, mais qu’elle est aussi frustrée par le Premier ministre pour avoir « insulté l’intelligence » des États-Unis et pour sa « condescendance ».

Elle dit que « celui qui valorise la relation israélo-américaine, et aime Israël, j’étais au bord des larmes pendant le discours du Premier ministre – attristée par l’insulte à l’intelligence des États-Unis dans le cadre des négociations du P 5+1 et attristée par la condescendance envers notre connaissance de la menace posée par l’Iran et notre engagement plus large pour empêcher la prolifération nucléaire ».

Elle affirme la force des liens américano-israéliens qu’elle compare à « une amitié profonde et durable » autour de « liens indestructibles », et qualifie Israël «de plus grande réalisation politique du 20e siècle. »

« Nous avons tous dit qu’un mauvais accord est pire que pas d’accord, et l’arrêt de la prolifération des armes nucléaires est le fondement de notre politique étrangère et de sécurité nationale », dit-elle.

« Comme l’a systématiquement dit le président Obama, toutes les options sont sur la table pour empêcher un Iran nucléaire. »