Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis vendredi de combattre le Hamas et d’autres groupes terroristes à Gaza, jusqu’à ce qu’Israël soit à l’abri de la menace d’une attaque de missiles.

Il a ensuite lancé une attaque verbale, très amère et très inhabituelle, à l’encontre de prétendus courtiers de paix, y compris le Secrétaire d’État américain John Kerry, qui exhorte Israël à renoncer au contrôle sécuritaire de la Cisjordanie pour la création d’un Etat palestinien.

S’adressant à l’opinion publique israélienne au quatrième jour de Bordure protectrice, pendant laquelle, dit-il, Israël a attaqué « plus de 1 000 » cibles terroristes tout en neutralisant des centaines de tirs de roquettes depuis la bande de Gaza, Netanyahu a promis que l’opération militaire « se poursuivra jusqu’à ce que les résidents israéliens vivent dans le calme ».

Il affirme qu’aucune cible terroriste n’est hors-limites, et accuse les dirigeants et les hommes armés du Hamas de « se camoufler derrière les habitants de Gaza » – en les utilisant comme boucliers humains – et précise qu’ainsi, ils sont responsables « de tout ce qui pourrait leur arriver ».

Alors qu’Israël fait tout pour protéger ses citoyens, « a dépensé des milliards pour protéger le front
intérieur » au cours des dernières années, les groupes terroristes mettent délibérément les Gazaouis « sur la ligne de mire ». « Israël fait son possible pour ne pas nuire aux civils gazaouis, tout en ciblant les terroristes, alors que le Hamas vise les civils israéliens », compare-t-il.

Netanyahu précise avoir souligné ce fait dans les conversations avec une série de dirigeants, y compris les présidents Barack Obama et Vladimir Poutine, ces derniers jours. Selon lui, les leaders avec qui il s’est entretenu comprennent l’impératif pour Israël d’agir. « Aucun Etat ne permettrait à ses citoyens d’être ciblés sans répliquer avec puissance », dit-il.

Il a également promis « qu’aucune pression internationale ne nous empêchera d’agir avec toute la force contre une organisation terroriste qui cherche à nous détruire » et qu’il prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger les Israéliens.

Les dirigeants ont fait preuve de « beaucoup de bonne volonté ». Il leur a posé la question : « Auriez-vous toléré des attaques de missiles sur Londres, Washington, Paris, Berlin et Moscou ? Bien sûr que non ».

Concernant un éventuel cessez-le-feu, Netanyahu a déclaré : « Nous sommes au milieu d’une lutte » qui ne prendra fin que lorsque son objectif de calme garanti et à long terme sera atteint ». Il a salué le succès du système de défense antimissile Dôme de fer – qui a intercepté environ 100 roquettes de Gaza en direction des zones résidentielles cette semaine – l’appelant « un atout considérable » et « la preuve de la suprématie technologique israélienne ».

Son but ultime était de protéger l’ensemble d’Israël de missiles de toutes sortes. Il a salué la résilience des Israéliens, tandis que la majorité du pays s’est retrouvée dans la ligne de mire devant les capacités étendues des missiles du Hamas au cours des derniers jours.

Israël « envisage toutes les possibilités » d’élargissement de l’opération contre le Hamas dans la bande de Gaza. « Nous sommes préparés à toutes les options… C’était là mon injonction à l’armée, et elle l’a fait… Ma priorité est de restaurer le calme pour tous les citoyens israéliens dans toutes les villes. Je ferai tout le nécessaire pour atteindre cet objectif.»

À l’heure actuelle, le Hamas continue d’attaquer, note-t-il. « Vous le voyez. Vous l’entendez. Vous le vivez tous […] Cinq millions d’Israéliens sont à la portée de roquettes en ce moment. Alors, quand ils nous attaquent, nous répliquons. »

En effet, au moment des déclarations de Netanyahu, le Hamas lançait une salve de roquettes sur le centre d’Israël, cherchant manifestement à l’embarrasser.

Netanyahu a ensuite évoqué la montée de l’extrémisme islamique dans le Moyen-Orient. Il a déclaré qu’Israël se trouve dans une région « envahie par l’extrémisme islamique. Il terrasse des pays, de nombreux pays. Il frappe à notre porte, au nord et au sud. Nous nous défendrons sur tous les fronts, de manière défensive et offensive. Personne n’a intérêt à nous chercher. »

Alors que d’autres pays s’effondrent, dit Netanyahu, Israël est épargné, grâce à la force de son leadership, de son armée et de son peuple.

Utilisant la menace du Hamas dans la bande de Gaza, il souligne son opposition aux concessions invoquées par Kerry et la communauté internationale concernant la Cisjordanie. Depuis le retrait israélien de Gaza en 2005, auquel il s’était opposé, le Hamas y a créé un bunker terroriste. « Donc, nous devons nous occuper du Hamas. »

Mais dans le même temps, Israël doit veiller à « ne pas créer d’autre Gaza en Judée-Samarie » – nom biblique de la Cisjordanie.

Au milieu du conflit actuel, explique-t-il, « je pense que le peuple israélien comprend maintenant ce que je dis toujours : il ne peut y avoir de situation, en vertu d’un accord, dans laquelle nous abandonnons le contrôle sécuritaire du territoire à l’ouest du Jourdain » – référence à la vallée du Jourdain et à la Cisjordanie – alors que Kerry avait exigé un effort de paix mené par les Etats-Unis qui s’est effondré en avril.

Citant Kerry et le conseiller sécuritaire américain le général John Allen, chargé par le Secrétaire d’État d’élaborer des propositions en matière de sécurité, qui selon les États-Unis pourraient inciter à Israël à se retirer de la majorité de la Cisjordanie, y compris de la vallée du Jourdain, Netanyahu déclare avec emphase :
« J’ai dit John Kerry et au général Allen, l’expert des Américains : nous vivons ici, je vis ici, je sais ce que nous devons faire pour assurer la sécurité de la population israélienne ».

Et de souligner que le conflit actuel met au jour l’importance de conserver le territoire, notant que le Hamas construit sans relâche des tunnels sous les frontières de Gaza avec l’Egypte, à des fins de contrebande, et avec Israël, à des fins terroristes.

« Si nous devions nous retirer de la Judée-Samarie, comme ils nous l’enjoignent, nous déclencherions la possibilité de milliers de tunnels » creusés par les terroristes pour attaquer Israël. 1 200 tunnels ont été creusés dans un tronçon de 14 km entre l’Egypte et Gaza, que l’Egypte avait scellé, note-t-il.

« Le territoire adjacent revête une énorme importance », avance Netanyahu, et peut être utilisé par les terroristes pour creuser des tunnels et tirer des roquettes. Plus les terroristes se rapprochent des frontières d’Israël, plus ils tirent de roquettes, comme le révèle le conflit actuel.

« À l’heure actuelle, nous avons un problème avec le territoire appelé Gaza. »

Mais, observe-t-il, la Cisjordanie fait 20 fois la taille de la bande de Gaza, et Netanyahu n’a aucune intention de
« créer 20 Gazas de plus » en Cisjordanie.