En été 2011, le président d’alors, Shimon Peres, et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas étaient proches de parvenir à un accord-cadre qui aurait permis à Israël et à l’Autorité palestinienne de reprendre les négociations de paix, ont déclaré au Times of Israel des sources israéliennes et palestiniennes.

Au cours de conversations qui se sont déroulées pendant un an dans différentes capitales européennes et à Amman, les deux personnalités sont parvenues à des accords informels de grande envergure. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu était au courant et soutenait la démarche.

Mais selon de nombreuses sources israéliennes et palestiniennes, le 28 juillet de cette année, juste avant une réunion importante entre Peres et Abbas au cours de laquelle Peres devait présenter l’accord formel du Premier ministre, Netanyahu a fait marche arrière et a retiré son soutien à l’initiative.

Abbas, qui était en route pour Amman à l’époque, retourna à Ramallah après une conversation avec un des assistants de Peres.

Le cadre général défini par Peres et Abbas – avec le soutien de Netanyahu – comprenait les points suivants, qui ne sont pas différents de ceux du cadre que le secrétaire d’Etat américain John Kerry a cherché à mettre au point l’année dernière :

* La création d’un Etat palestinien démilitarisé aux côtés d’Israël sur la base des lignes de 1967 avec des échanges de territoires de taille égale.

* Jérusalem serait la capitale commune des deux pays, avec les quartiers palestiniens sous souveraineté palestinienne et les quartiers juifs sous souveraineté israélienne.

* Une solution juste et mutuellement acceptable serait trouvée au problème des réfugiés palestiniens.

Au cours des négociations, les Palestiniens ont montré une grande souplesse sur la question des réfugiés, mais ont refusé de céder sur les Lieux Saints de Jérusalem. Il a été décidé de laisser la question du statut de « bassin sacré » de Jérusalem aux futures négociations sur un accord permanent.

Selon de hauts responsables palestiniens, l’Autorité palestinienne a suggéré que quatre options soient présentées aux réfugiés : 1. rester où ils sont et recevoir des dédommagements ; 2. déménager vers un pays tiers en plus d’un dédommagement ; 3. un retour dans un Etat palestinien selon les frontières de 1967 ; 4. un « retour » en Israël, sous réserve de l’approbation du gouvernement israélien.

Il y a environ 5 millions de réfugiés enregistrés, selon la definition de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), l’organisme des Nations unies mis en place en 1949 pour fournir une aide humanitaire aux Arabes qui ont fui ou ont été expulsés pendant la guerre d’Indépendance de 1948.

Ce chiffre inclut les descendants des 720 000 arabes qui sont partis lors de la création d’Israël.

L’UNRWA définit un réfugié palestinien comme une personne « dont le lieu de résidence habituelle était la Palestine entre juin 1946 et mai 1948 et qui a perdu à la fois son domicile et ses moyens de subsistance en raison du conflit israélo-arabe de 1948 ».

Les sources ont dit qu’Abbas avait proposé de laisser Israël décider chaque année combien de réfugiés il accepterait en son sein. (Dans des négociations ultérieures, Abbas exigea qu’Israël absorbe 10 000 réfugiés palestiniens par an pendant 15 ans, soit un total de 150 000.)

Abbas était prêt à accepter une clause qui pourrait indiquer une fin mutuelle des revendications, et une fin du conflit, contrairement aux affirmations faites par différentes personnalités de la droite israélienne pour qui Abbas n’y serait pas prêt.

En réponse, le cabinet du Premier ministre a déclaré au Times of Israel que « le Premier ministre n’a jamais accepté » aucun des points ci-dessus.

Le bureau de Shimon Peres a refusé de commenter.