Une enquête longue de plusieurs mois menée sur les affaires du Premier ministre Benjamin Netanyahu a connu un nouveau rebondissement lundi, la police étant, selon des informations, convaincue qu’elle peut ouvrir une enquête criminelle généralisée à son encontre dans les prochains jours.

La police a récemment reçu de nouveaux documents dans le cadre d’une enquête secrète qui a commencé il y a presque neuf mois, selon la Deuxième chaîne.

Sur la base de ces dossiers, la police s’est d’ores et déjà tournée vers le Procureur général Avichai Mandelblit en lui demandant de permettre l’ouverture d’une enquête criminelle. Le rapport établit que, parmi les délits soupçonnés, Netanyahu serait accusé de pots-de-vin et de fraude aggravée.

Un porte-parole du Premier ministre a déclaré que « c’est complètement insensé », a rapporté Haaretz. « Depuis la victoire de Netanyahu lors des dernières élections et même auparavant, des éléments hostiles n’ont cessé de livrer des efforts héroïques dans une tentative de provoquer la chute de [Netanyahu] par de fausses accusations lancées contre lui et contre sa famille. Cette dernière tentative est absolument mensongère. Il n’y avait rien et il n’y aura rien ».

Au mois de juin, des informations avaient affirmé que le chef de la police Roni Alsheich avait donné son feu vert à l’enquête secrète menée par l’unité spéciale de la police Lahav 433, mais qu’il avait demandé une pleine coopération sur une discrétion nécessaire et qu’aucun détail ne fuiterait auprès des médias.

Mandelblit aurait également donné pour instruction aux employés du bureau du procureur de l’Etat de se pencher sur les allégations affirmant que Netanyahu aurait accepté un million d’euros de la part du fraudeur français Arnaud Mimran en 2009.

Au mois de mai, le contrôleur de l’état israélien avait émis un rapport critique sur les voyages à l’étranger de Netanyahu, dont certains où il était accompagné de son épouse et de ses enfants entre 2003 et 2005 alors qu’il était ministre des Finances.

Au début du mois, dans un dossier apparemment sans rapport, des appels ont été lancés pour qu’une enquête soit ouverte sur le rôle tenu par le Premier ministre dans la conclusion d’un accord passé par le ministère de la Défense concernant l’acquisition de sous-marins auprès d’une entreprise allemande appartenant en partie au gouvernement iranien.

Cette affaire a dominé les débats publics au cours du mois dernier dans le pays, alors que des accusations faisaient surface selon lesquelles le Premier ministre aurait pu être influencé dans sa décision par les liens commerciaux entretenus par son conseiller personnel David Shimron et le fabricant de sous-marins, ThyssenKrupp.

Une partie des responsables du secteur de la Défense se sont opposés à cet achat, parmi lesquels le ministre de la Défense Moshe Yaalon.

Dimanche, la police s’est rendue au ministère de la Défense pour réunir des informations relatives à un contrat portant sur la construction d’un navire passé avec l’Allemagne dans le cadre de l’enquête portant sur les négociations qui ont précédé ces accords navals, dont le montant s’élève à plusieurs milliards de shekels.