Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a apporté dimanche son soutien à un projet de loi controversé qui consacrerait Israël comme « Etat juif », mais il a déclaré que des modifications devront être apportées avant que le projet remplisse son objectif d’être « équilibré » vis-à-vis du système judiciaire.

La déclaration de Netanyahu a devancé un débat ministériel sur le projet, qui vise à ancrer la définition d’Israël comme un Etat juif dans les Lois fondamentales du pays. La version qui sera examinée par les ministres dimanche définit également la démocratie d’Israël comme subordonnée à son caractère juif et supprime le statut de l’arabe comme langue officielle de l’État hébreu.

« Israël est un Etat juif et démocratique, » a déclaré le chef de l’exécutif lors de la réunion hebdomadaire du cabinet.

« L’équilibre entre ces deux éléments est nécessaire, ce qui revient à équilibrer aussi notre système de justice, qui reconnaît certainement le côté démocratique, et devra maintenant reconnaître que nous sommes l’Etat national du peuple juif. »

Le projet de loi « va subir de nombreux changements et de nombreuses discussions, » a déclaré M. Netanyahu, ajoutant que la législation garantira également l’égalité pour tous les citoyens d’Israël.

Le projet de loi sera porté devant la commission des Lois par le président de la coalition Zeev Elkin (Likud), qui l’a initialement introduit en 2011 avec Avi Dichter, qui était alors député Kadima. Il est très improbable que ce projet devienne une loi sous sa forme actuelle. Netanyahu a proposé sa propre version de ce projet en mai.

La proposition Elkin est l’une des différentes tentatives cherchant à définir Israël comme un Etat juif qui ont été présentées à la Knesset au cours des dernières années. Aucune ne s’est imposée et cette dernière version est considérée, d’une certaine façon, comme la plus aboutie.

Les remarques du Premier ministre ainsi que le projet de loi ont attiré de vives critiques de divers députés de gauche et de députés arabes dimanche.

Le député Dov Khenin du parti Hadash a qualifié le projet de loi d’ « initiative provocatrice » visant à « asservir les principes démocratiques de l’Etat » aux principes du judaïsme.

La députée Meretz Zahava Gal-On a fait savoir que si le comité ministériel approuvait un tel projet de loi, ses membres seraient «complices d’un crime contre la démocratie» qui «transformerait les Arabes d’Israël en citoyens de seconde classe. »

Pendant ce temps, le parti arabe Balad a déclaré que le projet de loi « ouvrirait la voie à la promulgation de lois racistes et discriminatoires contre les citoyens arabes, » selon le site Ynet.

Le Premier ministre s’en est également pris au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pour incitation à la violence, en dépit d’une récente réunion trilatérale entre le roi de Jordanie, le secrétaire d’Etat américain John Kerry et Netanyahu, au cours de laquelle les parties ont convenu d’une série de mesures pour calmer les tensions dans la capitale.

« Moins de 24 heures après notre rencontre à Amman, les médias officiels de l’Autorité palestinienne ont appelé à une journée de la colère à Jérusalem [vendredi]. Abbas doit cesser l’incitation qui mène à la violence, » a-t-il affirmé.

« J’appelle Abbas à cesser immédiatement cette propagande, » a ajouté Netanyahu.

Le Premier ministre a également qualifié les rumeurs selon lesquelles Israël allait changer le statu quo du mont du Temple de « grossier mensonge. »

Les dirigeants palestiniens ont utilisé un langage offensif quant aux soi-disants plans israéliens cherchant à changer le statu quo et à permettre la prière juive sur le Mont du Temple – ce qu’Israël a catégoriquement nié, et à plusieurs reprises.

Netanyahu devrait rencontrer le roi Abdallah II de Jordanie lundi ou mardi afin de poursuivre les discussions sur les tensions qui entourent le mont du Temple. La réunion sera la deuxième en moins d’une semaine, après le sommet trilatéral de jeudi à Amman avec le souverain jordanien et John Kerry.