Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a appelé lundi Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien des Affaires étrangères, à supprimer son compte Twitter.

Dans un message vidéo publié sur ses propres réseaux sociaux, Netanyahu a attaqué Zarif, qui a écrit samedi sur Twitter que tous les Iraniens, hommes, femmes et enfants, soutenaient le corps des Gardiens de la révolution islamique. Les responsables de cette branche de l’armée iranienne ont récemment été visés par des sanctions supplémentaires par l’administration américaine, qui a menacé de considérer le corps comme une organisation terroriste étrangère.

« J’espère que vous êtes assis, parce que ce mensonge est énorme » dit Netanyahu au début de la vidéo, avant de citer le tweet de Zarif.

« J’aimerais savoir ce que le peuple iranien pense de ce tweet, dit le Premier ministre. Malheureusement, le régime lui interdit d’utiliser Twitter. Ironique, n’est-ce pas ? »

« J’ai apparemment plus d’estime pour le peuple iranien que n’en ont ses propres dirigeants. En effet, je suis certain que les Iraniens ordinaires ne sont pas fiers quand les Gardiens de la révolution assassinent des hommes et des femmes innocents dans le monde ; je suis certain que les mères et les pères iraniens ordinaires n’auraient pas fait exploser un centre communautaire juif en Argentine rempli de petits enfants. Parce que c’est ce que font les Gardiens de la révolution. »

Netanyahu faisait référence à l’attentat de 1994 contre le Centre juif de l’AMIA à Buenos Aires, qui a fait 85 morts et plusieurs centaines de blessés.

Un homme marche dans les décombres après l'explosion d'une bombe à l'Association mutuelle israélite argentine (centre AMIA) à Buenos Aires, le 18 juillet 1994, tuant 85 personnes et en blessant environ 300 autres. (Crédit : Ali Burafi/AFP)

Un homme marche dans les décombres après l’explosion d’une bombe à l’Association mutuelle israélite argentine (centre AMIA) à Buenos Aires, le 18 juillet 1994, tuant 85 personnes et en blessant environ 300 autres. (Crédit : Ali Burafi/AFP)

« L’Iran a initié, prévu et mené ces attentats atroces via son allié, le Hezbollah », avait dit Netanyahu pendant une cérémonie sur les lieux de l’attentat le mois dernier.

Des dirigeants des Gardiens de la révolution, dont l’ancien ministre de la Défense Ahmad Vahidi, étaient aussi impliqués dans l’attentat.

« Je suis certain que les Iraniens ordinaires veulent vivre en paix et ne veulent pas que leur gouvernement abatte des étudiants dans les rues, pende des homosexuels à des grues, torture des journalistes en prison », a ajouté Netanyahu dans la vidéo, publiée lundi.

« Un jour, le peuple iranien sera libre. Libre de tweeter, libre d’exprimer ce qu’il a ressenti quand son dictateur l’a comparé à la version iranienne de [l’Etat islamique]. J’ai donc un message simple pour le ministre iranien des Affaires étrangères : supprimez votre compte. »

Le tweet controversé de Zarif a récolté plus de 5 000 likes et a été retweeté près de 900 fois. Près de 2 000 usagers ont répondu au tweet, dont de nombreux Iraniens qui se sont opposés au régime et aux Gardiens de la révolution.