Netanyahu sur la solution à 2 États : ce sera comme « le Costa Rica ou le Yémen »?
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Netanyahu sur la solution à 2 États : ce sera comme « le Costa Rica ou le Yémen »?

À Bruxelles, le Premier ministre a expliqué à ses homologues européens qu'ils "gâtent" les Palestiniens, et que Trump, en reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël, "leur a dit la vérité"

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Benjamin Netanyahu rencontre les ministres des Affaires étrangères européens au Conseil de l'Europe, le 11 décembre 2017. (Crédit : AFP /POOL/Geert Vanden Wijngaert)
Benjamin Netanyahu rencontre les ministres des Affaires étrangères européens au Conseil de l'Europe, le 11 décembre 2017. (Crédit : AFP /POOL/Geert Vanden Wijngaert)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait part lundi de ses doutes quant à la viabilité d’un état palestinien lundi, durant sa rencontre avec les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne. Quant on lui a demandé s’il soutenait toujours la solution à deux États, il a répondu en leur demandant quel genre d’état serait le second état, « le Costa Rica ou le Yémen ? »

Le Premier ministre s’est adressé aux journalistes à bord de son Boeing, quelques minutes avant le décollage depuis Bruxelles, affirmant que les Palestiniens ont été « gâtés » par les Européens, tandis que le président américain Donald Trump, en reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël la semaine dernière, « leur a dit la vérité », a-t-il ajouté.

« J’ai parlé aux ministres des Affaires étrangères de presque tous les 28 Etats membres de l’Union européenne. Ce fut respectueux des deux côtés », a rapporté Netanyahu.

Il a expliqué qu’il était temps d’engager des discussions réalistes sur la direction que prend la région, et a ajouté la tourmente actuelle au Moyen-Orient est due à une bataille entre «la modernité et le début du médiévisme », a-t-il déclaré.

Netanyahu a déclaré qu’il s’opposait à deux idées fausses, d’une part que le conflit israélo-palestinien était au cœur des problèmes au Moyen-Orient et que les implantations sont au cœur du conflit israélo-palestinien.

« Je leur ai demandé si quelqu’un y croyait », a-t-il dit, se référant à l’idée que le conflit israélo-palestinien était la raison des troubles de la région.

« Le pauvre homme qui s’est immolé par le feu en Tunisie s’est-il vraiment soucié de savoir si Abu Mazen et moi-même négociions et concluions un accord ? », a-t-il demandé de façon rhétorique.

« L’argument selon lequel les implantations sont au cœur de notre conflit n’est pas recevable. L’opposition au sionisme a commencé avant les implantations et elle continue après leur démantèlement », a-t-il dit.

Il a assuré que son raisonnement avait été largement accepté par les ministres européens.

Netanyahu a déclaré que lorsque la question du soutien à la solution à 2 États s’est posée, il a répliqué en demandant aux ministres quel genre d’état serait le second état, « le Costa Rica ou le Yémen ? ». Le Costa Rica évoque une démocratie stable en Amérique centrale, tandis que le Yémen est une anarchie.

Le Premier ministre a ajouté qu’il a expliqué qu’Israël insiste sur l’application de mesures de sécurité strictes et sur la reconnaissance d’Israël comme un Etat juif par les Palestiniens, a-t-il dit, ajoutant que le refus de reconnaître un Etat-nation pour le peuple juif dans toutes ses frontières était la source du conflit israélo-palestinien.

« Il est temps de dire ces choses », a déclaré Netanyahu aux journalistes quelques minutes avant son départ. « J’ai dit que sans aborder la racine du conflit, nous n’évoluerions pas. J’ai demandé [aux ministres des affaires étrangères de l’UE] : Combien de fois avez-vous parlé des implantations ? Et combien de fois avez-vous dit aux Palestiniens de reconnaître Israël comme un Etat juif ?  »

Les Palestiniens ont été « gâtés » par les Européens, tandis que le président américain Donald Trump, « leur a dit la vérité », a-t-il ajouté.

Netanyahu a ajouté que les Européens lui avaient demandé s’il était prêt à prendre des mesures ou avoir des gestes concrets pour relancer le processus de paix. « J’ai dit que nous le faisions déjà », a-t-il dit, faisant référence aux projets d’infrastructure destinés à améliorer la qualité de vie des résidents de Cisjordanie.

Netanyahu a assuré que tous les intervenants ont condamné le terrorisme contre Israël, ajoutant que cela était dû à sa déclaration samedi soir, au cours de laquelle il accusait l’Europe d’ « hypocrisie » et de « double langage » après avoir condamné la reconnaissance de Trump pour Jérusalem mais pas condamné les tirs sur Israël depuis Gaza.

Netanyahu a également déclaré avoir dit aux ministres de l’Union européenne qu’il ne fallait pas soutenir les ONG anti-sionistes qui promeuvent le terrorisme.

« Je leur ai promis une liste appropriée d’ONG qui font cela », a-t-il dit. Il n’a pas mentionné Breaking the Silence ou B’Tselem dans la conversation.

Plus tôt cette semaine, les assistants de Netanyahu ont qualifié Bruxelles de « repaire de lions », mais Netanyahu a déclaré qu’il n’avait ressenti aucune hostilité lors de sa visite. « Je me sentais comme un lion », plaisanta-t-il.

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