NEW YORK – Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a présenté lundi au président américain Donald Trump un plan détaillé pour « amender » l’accord nucléaire iranien, a-t-il dit.

« Il existe une volonté américaine d’amender l’accord, et j’ai présenté différentes manières de le faire », a-t-il dit aux journalistes après sa rencontre d’une heure avec le président. « J’ai présenté certains moyens d’action pour le faire », a-t-il ajouté, refusant de donner plus de précision.

Le pire aspect de l’accord nucléaire signé en 2015 par six puissances mondiales et l’Iran est la clause dite du coucher de soleil, qui permet à Téhéran d’enrichir des quantités illimitées d’uranium une fois que l’accord prend fin, d’ici une dizaine d’années, a-t-il dit. « Mais il y a aussi d’autres parties qui doivent être modifiées. »

Avant la rencontre entre Netanyahu et Trump, le Premier ministre s’est adressé au président et a critiqué l’accord nucléaire. Trump avait annoncé dans la journée que les Etats-Unis pourraient se retirer du pacte le mois prochain.

Après la rencontre, Netanyahu a rendu hommage à l’administration Trump, qui considérerait, tout comme lui, que l’accord est « terrible », et même serait « le pire accord de l’histoire » et doit être soit modifié, soit démantelé.

Mohammad Javad Zarif, au centre, ministre iranien des Affaires étrangères, au début d'une réunion sur le programme nucléaire de l'Iran avec le secrétaire d'Etat américain John Kerry à Vienne, en Autriche, le 30 juin 2015. (Crédit : Carlos Barria/Pool/AFP)

Mohammad Javad Zarif, au centre, ministre iranien des Affaires étrangères, au début d’une réunion sur le programme nucléaire de l’Iran avec le secrétaire d’Etat américain John Kerry à Vienne, en Autriche, le 30 juin 2015. (Crédit : Carlos Barria/Pool/AFP)

Israël n’a pas de préférence entre la modification et l’annulation de l’accord, tant que ses aspects problématiques sont supprimés, a dit Netanyahu, et la manière de réussir cela est d’imposer des sanctions à l’Iran.

Le fait même que l’administration américaine parle de modifier ou de déchirer l’accord quand il sera à nouveau examiné en octobre est une bonne chose, a ajouté Netanyahu. Si Washington cherchait à renégocier les termes, d’autres puissances mondiales suivraient probablement, a-t-il supposé.

« J’ai déjà dit que le plus grand problème n’est pas que l’Iran contrevienne à l’accord – ce qui serait déjà mauvais – mais c’est encore plus problématique que l’Iran s’en tienne à l’accord », a dit Netanyahu. Si l’Iran respectait l’accord, il serait « d’ici peu, capable de produire un arsenal nucléaire industriel. Par conséquent, je ne balaie pas la question de l’application [de l’accord], je dis simplement qu’elle ne traite que d’un seul problème. »

Trump et Netanyahu n’ont pas discuté des moyens de faire appliquer l’accord existant, a-t-il dit, mais se sont concentrés sur le « plus gros problème : l’existence même de l’accord », qui a été négocié par le prédécesseur de Trump, Barack Obama.

Contrairement à Obama, qui a défendu l’accord becs et ongles face aux vives critiques de Netanyahu, Trump considère que l’Iran n’est pas une partie de la solution, mais « la source des problèmes du Moyen Orient, a dit Netanyahu. Sur cela, nous sommes totalement d’accord. A présent, nous discutons des détails. »

Netanyahu a démenti les informations selon lesquelles des responsables sécuritaires américains défendaient l’accord tel quel. « Je pense que certains soutiennent [ma position], et d’autres s’y opposent. Et alors ? J’ai explicité ma position, comme je vous l’ai dit : il faut modifier ou annuler l’accord. Parce que s’il n’est pas modifié, il mènera à la nucléarisation de l’Iran. C’est ma position, c’est ce qui, je pense, doit être fait. »

Les deux hommes ont également discuté du processus de paix israélo-palestinien, a dit Netanyahu, soulignant cependant que cela n’a pas été le principal sujet de discussion de la rencontre. « Je suis d’accord avec sa volonté de conclure un accord de paix avec les Palestiniens, et j’ai insisté sur les intérêts nationaux vitaux, dont la sécurité », a-t-il dit.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump lors d'une conférence de presse avant leur entretien à New York, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, le 18 septembre 2017. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump lors d’une conférence de presse avant leur entretien à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le 18 septembre 2017. (Crédit : capture d’écran YouTube)

« [Trump] est fermement décidé à faire progresser la paix, et le sujet de la réconciliation générale avec le monde arabe », a ajouté Netanyahu.

Quand il lui a été demandé si le président l’avait questionné sur le sujet palestinien, Netanyahu a répondu : « il n’est pas entré dans les détails. Il veut vraiment voir des progrès. Il a principalement chargé son équipe de cela, Jared Kushner, Jason Greenblatt et David Friedman, ce sont des personnes formidables. Nous faisons tous les efforts. A part cela, il n’y a pas grand-chose à dire. »

Interrogé sur ce qu’était sa « position finale » sur le conflit israélo-palestinien, Netanyahu a répondu : « la paix et la sécurité, la sécurité et la paix : c’est lié. Il n’y aura pas de paix sans qu’Israël n’ait d’accords sécuritaires en béton armé. Un accord sans accords sécuritaires durerait très exactement deux heures. »

Lundi, Trump avait prévenu que les Etats-Unis quitteraient l’accord iranien si l’AIEA, l’Agence internationale à l’Energie atomique, montrait de la « faiblesse » dans sa surveillance. Si l’AIEA ne demande pas et n’obtient pas d’accès aux sites militaires iraniens soupçonnés d’héberger des activités nucléaires illicites, « nous n’accepterons pas un accord faiblement appliqué ou surveillé de manière inadéquate », a dit Trump dans un communiqué adressé à la réunion annuelle de l’agence à Vienne.

Mais avant sa rencontre avec Netanyahu, Trump a à peine mentionné l’Iran, préférant répéter son désir de négocier un accord de paix israélo-palestinien et confiant au Premier ministre qu’il y avait de « bonnes chances » qu’un tel accord soit possible.

« Nous allons discuter de beaucoup de choses, dont la paix entre les Palestiniens et Israël », avait dit Trump. « Cela sera une réussite fantastique. Nous allons tout faire pour y parvenir, je pense qu’il y a de bonnes chances pour qu’on y arrive. »

« Je pense vraiment que nous avons une chance. Je pense qu’Israël aimerait le voir, et je pense que les Palestiniens aimeraient le voir. Et je peux vous dire que l’administration aimerait le voir. Donc nous travaillons très dur dessus, nous verrons ce qu’il se passera. Historiquement, des gens ont dit que cela ne pouvait pas réussir. Je dis que ça peut réussir », avait-il ajouté.