Le Premier ministre Benjamin Netanyahu va écourter d’un jour son voyage à Paris et à Budapest, selon une annonce de son bureau jeudi.

Netanyahu devait décoller pour la capitale française vendredi après-midi, avant l’entrée du Shabbat – qui dure de vendredi soir à samedi soir. Son bureau avait expliqué qu’il devait assister à un événement dimanche matin en France. Il partira finalement à bord d’un vol de nuit pour Paris, qui décollera à minuit samedi soir.

Son Bureau n’a pas expliqué ce changement de programme soudain, qui a été annoncé alors que Netanyahu a convoqué ses alliés politiques pour nier son implication dans l’escalade des enquêtes pour corruption scandaleuses.

Dimanche, Netanyahu prendra part à une cérémonie qui commémorera le 75ème anniversaire de la Rafle du Vel d’Hiv, une arrestation massive de 13 152 juifs français en juillet 1942, dans le cadre de la Solution Finale des nazis.

Parmi ceux qui ont été raflés au Vel d’Hiv, moins d’une centaine de personnes ont survécu, et aucun des 4 000 enfants raflés n’a survécu.

Monument rendant hommage aux victimes de la rafle du Vél' d’Hiv', à Paris. (Crédit : Leonieke Aalders/CC BY SA 3.0/Wikipedia)

Monument rendant hommage aux victimes de la rafle du Vél’ d’Hiv’, à Paris. (Crédit : Leonieke Aalders/CC BY SA 3.0/Wikipedia)

Cet évènement vieux de 75 ans a déclenché des controverses durant la campagne présidentielle française. En effet, Marine Le Pen, candidate du Front National, le parti d’extrême-droite, avait affirmé que la France n’était « pas responsable de la Rafle du Vel d’Hiv ».

En juillet 1955, le président français Jacques Chirac a reconnu la responsabilité des Français dans la déportation.

Emmanuel Macron, élu à la présidence de la République française, devant la pyramide du Louvre, le 7 mai 2017. (Crédit : Eric Feferberg/AFP)

Emmanuel Macron, élu à la présidence de la République française, devant la pyramide du Louvre, le 7 mai 2017. (Crédit : Eric Feferberg/AFP)

Plus tard dans la journée, Netanyahu rencontrera pour le nouveau président français Emmanuel Macron.

Le Premier ministre prendra ensuite la direction de la Hongrie lundi. Ce sera la première visite d’un chef d’État israélien depuis la fin du communisme. À Budapest, il rencontrera les dirigeants hongrois, polonais, slovaques et tchèques.

Certains avaient appelé à l’annulation de la visite de Netanyahu en Hongrie après que le Premier ministre hongrois Viktor Orban a salué Miklos Horty, le dirigeant de l’époque de la Seconde Guerre mondiale qui avait rallié la Hongrie à l’Allemagne nazie, ce qui avait causé la mort d’un demi-million de juifs.

Les déclarations d’Orban, durant un discours du 21 juin dans lequel il qualifié Horthy et d’autres dirigeants hongrois de « chefs d’États exceptionnels » pour avoir dirigé le pays après la désintégration traumatisante de l’Empire austro-hongrois après la Première Guerre mondiale, suscitant la colère des responsables israéliens et des groupes juifs.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban après sa victoire aux élections législatives, à Budapest, le 6 avril 2014. (Crédit : Attila Kisbenedek/AFP)

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban après sa victoire aux élections législatives, à Budapest, le 6 avril 2014. (Crédit : Attila Kisbenedek/AFP)

Cependant, Netanyahu a accepté les clarifications du gouvernement sur ces déclarations.

Le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto a parlé au téléphone avec l’ambassadeur israélien en Hongrie Yossi Amrani et a ensuite publié un communiqué détaillant le contenu de leur échange.

Szijjarto a déclaré qu’il a assuré à l’ambassadeur israélien que le gouvernement hongrois n’avait « aucune tolérance face à l’antisémitisme ». En ce qui concerne Horthy, le ministre des Affaires étrangères a souligné qu’il avait eu « des périodes positives mais également des périodes très négatives ».

« Nous devons respecter les faits historiques qui établissent clairement cela », a déclaré Szijjarto.

Quant à l’incapacité d’Horthy de protéger la population juive durant la guerre, et l’adoption des lois antisémites, le ministre des Affaires étrangères a affirmé qu’il s’agit de « transgressions historiques dont le sérieux ne peut être amoindri ».

Le ministre des Affaires étrangères israélien Emmanuel Nahshon a jugé ces explications suffisantes.