Les politiciens ont échangé mercredi soir des accusations sur la responsabilité de la crise du logement en Israël et se sont engagés à résoudre le problème, suite à la publication du rapport du contrôleur de l’Etat qui avait principalement blâmé les organismes gouvernementaux pour la hausse des coûts du logement.

Le rapport a dépeint le tableau sombre d’une bureaucratie étouffante et du manque de perspective politique qui ont conduit à la pénurie qui a engendré une hausse des prix des l’immobilier de 55 % entre 2008 et décembre 2013.

« C’est un rapport très important », ont déclaré les responsables du parti Likud dans un communiqué. « Nous allons l’étudier et mettre en œuvre les conclusions qui s’imposent. »

La plupart des critiques consécutives au rapport visaient le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui est accusé d’inaction puisqu’il était au pouvoir pendant quatre des cinq années étudiées.

Netanyahu, tout en promettant de répondre aux recommandations du rapport après les élections, a averti qu’il ne fallait pas perdre de vue ce qui compte vraiment : le programme nucléaire de l’Iran.

« Nous parlons du prix des logements et du coût de la vie. Je n’oublie pas la vie elle-même, le fait de vivre, a-t-il martelé. Le plus grand défi debout devant nous en tant que citoyens israéliens est la menace d’un Iran doté d’une arme nucléaire. »

Alors que, pendant la campagne pour les élections du 17 mars, Netanyahu a mis l’accent sur la menace iranienne, les politiciens de l’opposition ont cherché à mettre en évidence ses échecs sur les questions économiques et utiliseront probablement le rapport pour gagner des points contre le Premier ministre.

« Monsieur Économie n’est pas Monsieur Économie, il est Monsieur crise », a dit de Netanyahu la deputée Stav Shaffir de l’Union sioniste, l’une des leaders des manifestations de 2011 sur le coût de la vie, lors d’une conférence de presse tenue à Tel-Aviv après la publication du rapport.

« Nous n’avons pas besoin qu’un rapport nous le dise ; chacun le ressent dans sa poche. »

Le président de l’Union sioniste Isaac Herzog a rendu Netanyahu responsable de la stagnation dans la construction de logements à travers le pays.

« [Netanyahu] n’a rien fait dans le secteur du logement, et les citoyens israéliens sont fatigués d’entendre les querelles intestines et le rejet des responsabilités entre le ministre des Finances ou le ministre du Logement et le Premier ministre », a déclaré Herzog, selon la radio israélienne.

Son colistier de l’Union sioniste, le député Itzik Shmuli, a pointé du doigt l’ancien ministre des Finances Yair Lapid, qui, selon lui, n’a pas tenu sa promesse de faire baisser les prix des logements.

« Vous avez volé des sièges aux dernières élections en vous présentant comme un partisan des manifestations sociales, mais vous n’avez apporté aucune solution », a déclaré Shmuli.

« Vous êtes une partie essentielle du problème. »

Au Likud, on a choisi de ne pas se concentrer sur la hausse des prix de l’immobilier, mais de souligner au contraire les réalisations et les efforts du Premier ministre visant à freiner la hausse des prix des appartements.

« Le Likud a augmenté le nombre de mises en chantier de 32 000 unités de logement à 47 000 par an », affirme un communiqué.

« Nous avons augmenté considérablement la commercialisation des terrains, et cette année, nous atteindrons 60 000 unités. Nous avons annulé la décision qui empêche de nouvelles constructions dans le centre du pays, et cette année, nous allons planifier 80 000 unités supplémentaires. »

Des représentants du ministère de l’Intérieur, qui a été épinglé dans le rapport pour un manque de coordination et d’autres lacunes, ont fait écho à la déclaration officielle du Likud, pointant les statistiques qui ont montré une augmentation de l’approbation des chantiers de construction à travers le pays. Le ministère est dirigé par Gilad Erdan du Likud.

« Les données comparatives montrent une augmentation significative du nombre de logements approuvés par les organismes de planification » affirme un communiqué publié par le ministère.

« Par exemple, en 2011 à peine 33 000 unités avaient été approuvées, et en 2012, le processus de traitement des plans de logement a été considérablement raccourci, de sorte que 64 000 unités ont pu être approuvées, puis 75 000 en 2013 et 64 000 en 2014. L’objectif pour 2015 est de 80 000 unités. »

Le ministre du Logement, Uri Ariel, (HaBayit HaYehudi) a demandé dans un communiqué au contrôleur de l’Etat Yossef Shapira, d’accélérer la publication d’un rapport mis à jour incluant le terme du gouvernement sortant.

« Le rapport du contrôleur prouve que le ministre du Logement Uri Ariel et le parti HaBayit HaYehudi ont correctement identifié les échecs [cités dans le rapport] quand ils sont arrivés au ministère, et savaient comment agir pour corriger les dégâts de dernières années », a insisté HaBayit HaYehudi.

Yair Lapid de Yesh Atid le 11 février 2015 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le dirigeant de Yesh Atid Yair Lapid, le 11 février 2015 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

L’ancien ministre des Finances Yair Lapid, chef du parti Yesh Atid, a déclaré que le rapport avait prouvé que Netanyahu avait échoué face à la crise du logement jusqu’à ce qu’en 2013, une commission spéciale du Cabinet ait été nommée pour faire face au problème.

Le parti Koulanou, dirigé par l’ancien ministre Likud Moshé Kahlon, a déclaré que le rapport était inutile puisque les Israéliens savaient déjà que la situation était « catastrophique ».

Il a également attribué une « mauvaise note » aux politiques de Netanyahu, Lapid et au leader de HaBayit HaYehudi et ministre de l’Economie Naftali Bennett, bien que Lapid ne faisait pas de politique avant 2013 et que Bennett était dans l’opposition alors que Kahlon lui-même était ministre pendant la période examinée.

Pour le parti Shas, qui fait campagne sur les questions de gagne-pain, le rapport démontrait que la crise était le résultat d’une « gestion amateur et irresponsable ».

Un porte-parole de l’ancien Premier ministre Ehud Olmert, dont la dernière année au pouvoir a coïncidé avec la première année du rapport, a rejeté les critiques contre lui et affirmé que les prix avaient baissé pendant son mandat.

« Pour Netanyahu, comme toujours, tout le monde est à blâmer, sauf celui qui est  Premier ministre depuis six ans », avait déclaré Olmert.