La responsable américaine choisie par le futur président des Etats-Unis Donald Trump pour être ambassadrice à l’ONU a confirmé mercredi que Washington entendait bien déménager son ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, un projet que le secrétaire d’Etat sortant John Kerry avait jugé « explosif ».

Nikki Haley, jeune gouverneure républicaine de Caroline du Sud depuis 2011, fille d’immigrés indiens et totalement novice en politique étrangère, a été nommée fin novembre pour représenter Washington aux Nations unies, en remplacement de Samantha Power.

Comme pour tous les hauts responsables désignés, sa nomination doit être confirmée par le Sénat et elle était auditionnée mercredi devant sa commission des Affaires étrangères.

Interrogée sur une promesse de campagne du candidat Donald Trump de reconnaître de facto Jérusalem comme capitale d’Israël en déplaçant l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, où Washington a un consulat dans la partie Ouest de la ville, Mme Haley a répondu : « Absolument. Ce n’est pas seulement ce qu’Israël veut, mais c’est aussi ce que ce Congrès a dit qu’il soutiendrait ».

Nikki Haley en 2014 (Crédit : Official South Carolina Governor's Office par Sam Holland)

Nikki Haley en 2014 (Crédit : Official South Carolina Governor’s Office par Sam Holland)

L’ambassadeur d’Israël à l’ONU Danny Danon a salué la déclaration de Haley.

« Nous remercions l’ambassadrice désignée Haely, une véritable amie d’IsraËl, pour son soutien univoque et sa déclaration claire sur la discrimination contre Israël qui sévit à l’ONU. Nous sommes impatients de travailler avec elle pour réparer ce qui a été honteusement causé par la résolution [2334] adoptée par le Conseil de Sécurité. Nous ouvrirons une nouvelle ère à l’ONU, qui inclura de vraies réformes destinées à mettre fin à l’obsession partiale de l’ONU par Israël. »

L’administration Trump romprait ainsi avec la politique historique des Etats-Unis et de la très grande majorité de la communauté internationale selon laquelle le statut de Jérusalem, également revendiquée par les Palestiniens comme capitale de leur futur Etat, doit se régler par la négociation.

John Kerry, qui quittera vendredi la tête de la diplomatie américaine, avait mis en garde dans un entretien la semaine dernière à la chaîne CBS contre le risque d’une « explosion absolue dans la région » en cas de déménagement de l’ambassade.

Reste que dans des interviews aux journaux britannique et allemand Times et Bild le week-end dernier, M. Trump, avait semblé tenir compte des avertissements internationaux : « Nous verrons ce qui se passe », avait-il dit.

Une des pistes de compromis évoquées par des analystes et des diplomates de l’administration américaine sortante serait de déplacer le bureau de l’ambassadeur américain désigné en Israël David Friedman, très favorable à l’Etat hébreu et aux implantations, de l’ambassade de Tel-Aviv au consulat de Jérusalem-Ouest.

Le statut de Jérusalem est l’une des questions les plus épineuses du conflit israélo-palestinien.