Un non-lieu a été prononcé mardi par une juge française en faveur de Bob Dylan, qui était accusé d’injure par une association croate, a annoncé à l’AFP l’avocat du chanteur américain, Me Thierry Marembert.

Légende du folk-rock américain, il avait été mis en examen en novembre à Paris pour « complicité d’injures publiques » et « provocation à la haine » après une plainte avec constitution de partie civile datant de décembre 2012 du Conseil représentatif de la communauté et des institutions croates de France (CRICCF).

Cette organisation visait une interview de Bob Dylan publiée en octobre 2012 par la version française de Rolling Stone. L’entretien était traduit de la version américaine du magazine.

Dans cette interview, portant notamment sur son engagement historique dans le mouvement en faveur des droits civiques des Noirs, Bob Dylan déclarait : « Si vous avez du Ku Klux Klan dans le sang, les Noirs peuvent le sentir, même encore aujourd’hui. Tout comme les juifs peuvent sentir le sang nazi et les Serbes le sang croate ».

Dans le cas de plaintes avec constitution de partie civile relatives aux délits de presse, les mises en examen sont quasiment automatiques dès lors que la personne poursuivie reconnaît être l’auteur des propos incriminés. Et le renvoi en correctionnelle est généralement une formalité.

La juge instruisant le dossier Bob Dylan lui a cependant accordé un non-lieu mardi en observant que le chanteur avait donné son accord à la publication de l’interview dans l’édition américaine du magazine, mais pas dans l’édition française.

Or pour caractériser la complicité des délits de presse, la jurisprudence exige que soit rapportée la preuve de l’accord de la personne interviewée, non seulement sur la publicité des propos, mais aussi sur les modalités de sa publication, a estimé la juge, selon une source proche du dossier.

« Je suis très content que la justice ait compris que Bob Dylan n’a jamais souhaité injurier ou diffamer quiconque », a déclaré Me Marembert.

La juge a cependant ordonné le renvoi en correctionnelle pour « injures publiques » et « provocation à la haine » du directeur de publication de l’édition française de Rolling Stone.

Pendant la Seconde guerre mondiale la Croatie a été gouvernée par le régime des Oustachis, allié aux nazis, qui avaient créé une Croatie indépendante sur les ruines du royaume yougoslave envahi.

Des centaines de milliers de Serbes, de Juifs, de Tziganes et de Croates antifascistes sont morts dans les camps de concentration mis en place par le régime pro-nazi d’Ante Pavelic.

La Croatie et la Serbie se sont affrontés après l’effondrement de la Yougoslavie et la déclaration d’indépendance de Zagreb dans une guerre qui a duré de 1991 à 1995 et fait quelque 20 000 morts.