Le chef de l’aile militaire du Hamas a envoyé une missive enflammée mardi soir, affirmant que ses forces iraient « jusqu’à la mort » et que le groupe terroriste ne cesserait pas le combat tant qu’Israël ne lèverait pas son blocus sur Gaza.

« Les soldats israéliens se battent contre des soldats qui sont impatients de mourir » a déclaré Mohammed Deif dans un message enregistré et diffusé sur Al-Aqsa-TV, la chaîne du Hamas. « La résistance du peuple palestinien est ce qui va amener la victoire sur le champ de bataille. L’ennemi envoie ses soldats vers leur propre désastre ».

La voix de Deif était reconnaissable dans la déclaration audio. Celui-ci a survécu à des tentatives d’assassinat répétées d’Israël, le privant de ses membres, et doit se cacher depuis des années.

Deif a dirigé les brigades Ezzedine al-Qassam du Hamas depuis 2012, mais de nombreux analystes estiment que le groupe est en réalité contrôlé par son numéro 2, Marwan Issa.

Malgré les rapports plus tôt mardi faisant savoir que le chef politique du Hamas Khaled Meshaal avait approuvé une trêve humanitaire de 24 heures, Deif a déclaré que le mouvement ne mettrait pas fin aux combats tant qu’Israël ne lèverait pas le blocus de l’enclave palestinienne, faisant écho aux déclarations du porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri.

« Pas de cessez-le-feu à Gaza avant que se termine l’agression [israélienne] et la levée du siège », a déclaré Deif. « Nous n’accepterons aucun compromis ».

Al-Aqsa TV a également diffusé une cassette vidéo qui montrait une infiltration par des terroristes du Hamas en Israël, lundi, dans un tunnel à la frontière qui a fait cinq morts parmi les soldats.

Au moins 1 210 Palestiniens ont été tués, dont 109 mardi, et 7 000 blessés depuis le début du conflit, affirme le responsable de la santé palestinien Ashraf al-Qidra à Gaza, contrôlée par le Hamas. Des centaines de personnes parmi les morts sont des hommes du Hamas.

Israël a perdu 53 soldats, deux civils et un ressortissant thaïlandais en trois semaines de combats luttant contre les tirs de roquettes et détruisant les tunnels d’infiltration en Israël.

Né à Khan Younes, un camp de réfugiés dans le sud de la bande de Gaza en 1965, Deif est devenu commandant des brigades Al-Qassam en juillet 2002, après l’assassinat par Israël de son commandant Salah Shehadeh.

L’ascension de Deif a été le résultat d’années d’activités terroristes dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, y compris l’enlèvement et l’assassinat du soldat israélien Nachshon Wachsman en 1994 et l’envoi de kamikazes dans deux bus de Jérusalem en février et mars 1996.

La supervision de Deif d’une série d’attentats terroristes a fait qu’il est devenu une cible israélienne de premier choix au cours des deux dernières décennies.

Un moment marginalisé, Deif – d’après certains membres de l’establishment de la sécurité israélienne – aurait repris le commandement des brigades suite à l’assassinat d’Ahmad Jabari en novembre 2012, un assassinat ciblé qui a marqué le début de l’opération « Pilier de défense ».