Est-ce le chant du cygne pour le PJD (parti justice et développement), le parti islamique marocain, dont l’influence vient d’être drastiquement réduite dans le nouveau gouvernement marocain ?

Quoiqu’il en soit, entre 3 000 et « plusieurs centaines de personnes selon la police » ont défilé dans Casablanca pour protester contre la « normalisation avec Israël », qu’un projet de loi du PJD avait vivement dénoncé.

« Outre les slogans habituels contre l’occupation des Territoires palestiniens, les manifestants ont aussi réclamé l’adoption de propositions de lois qui avaient été soumises par le PJD, le PPS, l’Istiqlal et l’USFP en 2013″rapporte le magazine en ligne Tel Quel.

Cette manifestation, où l’on a pu voir des drapeaux israéliens accolés au drapeau nazi, n’est pas la première du genre. En 2015, une manifestation pro palestinienne dans la ville de Casablanca avait fait défilé des hommes habillés comme des Juifs orthodoxes portant des chapeaux haut-de-forme poussés avec des armes à feu par des hommes masqués ayant des keffiehs.

Le pays reste divisé sur l’attitude à adopter vis-à-vis d’Israël. Au cours de ces derniers mois, les gestes de réchauffements mutuels se sont pourtant multipliés entre le Maroc et Israël.

TSA-Algerie s’était ainsi posé la question des relations israélo-marocaines suite à la visite récente d’une délégation de Marocains en Israël, dans le cadre d’un colloque sur l’amitié judéo-marocaine.

Quelques semaines plus tôt, plusieurs enseignants et journalistes marocains s’étaient rendus en Israël sur invitation du ministre israélien des Affaires étrangères. Cette visite avait créé une polémique dans le royaume.

Le journal en ligne rappelle qu’un aperçu des relations officieuses entre les deux pays était apparu après les « révélations fracassantes faites par Wikileaks sur les rencontres au sommet, notamment en 2009, entre le ministre des Affaires étrangères israélien, Avigdor Liberman et son homologue marocain, Taïeb Fassi-Fihri ».

Sur un autre plan, en décembre, le roi avait assisté à la cérémonie de ré-inauguration de la synagogue Ettedgui de Casablanca la semaine dernière.

La synagogue et le musée adjacent d’El Mellah, qui raconte l’histoire juive au Maroc, ont été restaurés dans le cadre de la deuxième phase d’un programme gouvernementale visant à réhabiliter la Vieille Ville de Casablanca.

L’agence marocaine de presse officielle notait que le projet de rénovation « reflète l’intérêt spécial » du roi du Maroc pour « l’héritage culturel et spirituel de la communauté juive marocaine. »

Plus tôt en octobre, on apprenait que ces liens étaient sans doute plus forts et profonds encore. Certains d’entre eux étaient demeurés secrets. En effet, en 1965, le roi Hassan II a transmis à Israël des enregistrements d’une rencontre cruciale entre les dirigeants arabes qui discutaient de leur préparation à la guerre contre Israël.