Les négociateurs israéliens et palestiniens devaient se retrouver jeudi avec l’émissaire américain Martin Indyk, pour tenter de trouver le moyen de prolonger les pourparlers de paix.

Initialement prévue mercedi, cette rencontre a été repoussée de 24 heures, les responsables israéliens invoquant indirectement le meurtre d’un officier de police en Cisjordanie, les Palestiniens affirmant que le report avait été décidé pour permettre la participation de M. Indyk.

Les négociateurs israéliens et palestiniens se sont rencontrés dimanche sans M. Indyk, retourné quelques jours aux Etats-Unis après une réunion infructueuse le 10 avril.

Les deux parties multiplient les gestes d’hostilité depuis qu’Israël a refusé de libérer comme prévu le 29 mars un quatrième et dernier contingent de prisonniers, réclamant désormais une prolongation des négociations de paix au-delà de l’échéance prévue du 29 avril.

Israéliens et Palestiniens « travaillent à un accord qui leur permettrait de prolonger les négociations » au-delà du 29 avril », a déclaré cette semaine la porte-parole du département d’Etat Jennifer Psaki.

Le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, Nabil Abou Roudeina, a réaffirmé mercredi que les pourparlers pourraient être prolongés jusqu’à la fin de l’année, comme le demandent Israël et Washington, si le gouvernement israélien relâchait comme promis le dernier groupe de 26 prisonniers.

Les Palestiniens insistent pour que 14 détenus arabes de nationalité israélienne fassent partie des prisonniers relâchés, ce à quoi s’oppose jusqu’à présent Israël.

« S’ils s’engagent, nous sommes prêts », a dit M. Abou Roudeina.

Aux termes de l’accord conclu en juillet dernier sous l’égide du secrétaire d’Etat américain John Kerry pour relancer le processus de paix, Israël s’était engagé à libérer en quatre phases 104 prisonniers incarcérés avant 1993. Les trois premiers groupes ont été relâchés mais la libération du quatrième contingent de prisonniers a été annulée par Israël.

Selon la deuxième chaîne de télévision israélienne, le chef du Shin Beth (le service de la sécurité intérieure), Yoram Cohen, a recommandé que 10 des 26 prisonniers libérables soient expulsés vers l’étranger ou la bande de Gaza.

Lors d’une rencontre mercredi avec des députés israéliens de gauche à Ramallah (Cisjordanie), le président Abbas a fait savoir qu’en cas de prolongation des pourparlers, il souhaitait que les trois premiers mois soient « consacrés à une discussion sérieuse sur les frontières », selon le quotidien Haaretz.

Les Palestiniens veulent un Etat sur les lignes d’avant l’occupation israélienne de la bande de Gaza et de la Cisjordanie conquises durant la Guerre des Six jours en juin 1967.

Depuis leur reprise le 29 juillet 2013, les pourparlers de paix piétinent sur l’ensemble des questions au coeur du conflit: les frontières, les colonies, la sécurité, le statut de Jérusalem et les réfugiés palestiniens.