Un employé palestinien des Nations unies emprisonné par Israël pour avoir aidé le mouvement terroriste du Hamas qui gouverne la bande de Gaza a été libéré jeudi, ont constaté des journalistes de l’AFP.

De retour à Gaza, Wahid Borsh a déclaré que son procès était « injuste » et qu’il n’avait jamais été associé à aucun parti.

« L’organisation (le Programme de l’ONU pour le développement, Pnud) a pour objet d’aider les gens », a-t-il souligné à son retour chez lui à Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, où des dizaines de personnes l’ont accueilli avec des friandises et des chansons.

Wahid Borsh, un ingénieur de 39 ans, avait été arrêté en juillet 2016 au point de passage entre la bande de Gaza et Israël.

Israël l’accusait initialement d’avoir, à l’instigation d’un haut responsable de la branche armée du Hamas, accepté que les camions évacuant les gravats pour le Pnud dans cette enclave palestinienne dévastée les déchargent sur le chantier de construction d’une jetée destinée aux activités navales du mouvement terroriste palestinien.

Un tribunal israélien l’a condamné le 4 janvier à sept mois de prison.

Selon son avocate Lea Tsemel, il n’a finalement été reconnu coupable que d’avoir « involontairement » aidé le Hamas en ne s’assurant pas suffisamment que ses activités ne pouvaient pas servir ce mouvement.

Le tribunal n’a pas communiqué sur les motifs exacts de la condamnation.

Il est sorti de prison jeudi par le jeu des remises de peine.

Wahid Borsh a émis l’espoir de retrouver son emploi avec le Pnud.

« Je ne pense pas que ce qui s’est passé aura des conséquences sur mon travail », a-t-il dit.

La révélation de l’arrestation de cet employé de l’ONU avait fait grand bruit.

Les autorités israéliennes avaient alors brandi les soupçons contre Wahid Borsh, concomitants avec l’arrestation d’un autre travailleur humanitaire palestinien, comme la preuve du détournement systématique de l’aide internationale par le Hamas.

Deux tiers des deux millions de Palestiniens qui vivent entassés dans la bande de Gaza sont tributaires d’une aide étrangère dont l’acheminement dépend à la fois d’Israël et du Hamas palestinien.

Le Hamas gouverne sans partage la bande de Gaza. Israël soumet ce territoire exigu à un blocus terrestre, aérien et maritime, et à un rigoureux contrôle des personnes et des marchandises qui transitent par ses frontières.

Le Hamas et Israël se sont livrés trois guerres en six ans, la dernière en date en 2014.

Un mois avant Wahid Borsh, Israël avait arrêté le directeur à Gaza de l’ONG World Vision, Mohammed Halabi, l’accusant d’avoir détourné chaque année 7,2 millions de dollars (6,5 millions d’euros) pour le Hamas et sa branche armée.

M. Halabi est toujours détenu et a comparu de nouveau jeudi devant un tribunal.