Le Premier ministre jordanien a estimé dimanche que les tensions autour du mont du Temple à Jérusalem représentaient « un coup de poignard » à la paix avec Israël.

« Israël et la Jordanie se sont engagés à la paix et au respect de l’accord de paix mais cet engagement ne vaut pas que pour une partie seulement, c’est un engagement qui vaut pour les deux parties », a martelé Abdallah Nsour lors d’une conférence de presse à Amman.

« Le gouvernement jordanien condamne dans les termes les plus fermes les événements de ces dernières semaines à Jérusalem, qui ne sont pas le fait d’erreurs de gestion ou d’extrémistes isolés mais plutôt un plan gouvernemental intentionnel et clair pour changer la donne en ce qui concerne les lieux saints et en particulier la mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher », les deux lieux de culte musulmans du site, a-t-il ajouté.

« Al-Aqsa serait-elle devenue un enjeu électoral israélien ? », a-t-il fait mine de s’interroger au moment où l’on évoque déjà les élections anticipées qui suivraient une possible dissolution du gouvernement de Benjamin Netanyahu, actuellement à la tête d’une coalition hétéroclite.

« Ce qui se passe (à Jérusalem) est un coup de poignard à l’idée de la paix », a poursuivi M. Nsour, deux semaines après le vingtième anniversaire du traité de paix entre les deux voisins.

Le royaume hachémite est, avec l’Egypte, le seul pays arabe doté d’un accord de paix avec Israël. Amman a en outre la charge de la gestion du mont du Temple, au coeur de toutes les tensions entre Israéliens et Palestiniens depuis quelques semaines.

Selon cet accord tacite, les Juifs peuvent visiter le site sans toutefois y prier. Palestiniens et Jordaniens dénoncent ces visites de plus en plus fréquentes des ultra juifs comme des provocations.

Les tensions ont été aggravées par la fermeture, fait rarissime, de l’esplanade aux musulmans et l’entrée des forces de l’ordre israéliennes à l’intérieur même de la mosquée Al-Aqsa, où leurs grenades ont causé des dégâts matériels jusqu’au pied de la chaire de l’imam.

Outre ces violences dans la très touristique Vieille Ville, des heurts opposent chaque nuit Palestiniens et soldats israéliens dans plusieurs quartiers de Jérusalem-Est.