Une crise dans les négociations du programme nucléaire iranien entre les six puissances mondiales et l’Iran, générée par de nouvelles sanctions, pourrait conduire à un effondrement des négociations en cours et finirait par provoquer un nouveau cycle de négociations qui aboutirait à de meilleurs résultats, a affirmé lundi un haut responsable israélien.

Il a ajouté que les négociations actuelles n’aboutiraient pas à un accord avant la date butoir du 31 mars prochain, et que sans de nouvelles sanctions, il n’y aurait pas d’accord du tout.

De nouvelles sanctions et la « crise [qui s’ensuivrait] dans les négociations pourront certainement aiguiser les dilemmes de l’Iran et conduire à la signature d’un accord dans de meilleures conditions », a indiqué le haut fonctionnaire aux correspondants diplomatiques lors d’une rencontre à Jérusalem.

« Le mélange entre pression politique et économique augmenteront les chances d’obtenir de meilleurs résultats dans les négociations. »

Mais le haut responsable israélien affirme qu’en l’absence de nouvelles sanctions, il n’y aura pas d’accord.

« Mettre la pression sur l’Iran ne garantit pas qu’il y aura un accord [favorable]. Mais l’absence de pression garantira qu’il n’y aura clairement aucun accord », précise-t-il.

Actuellement, il semblerait que les négociations entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et l’Allemagne – les 5+1 – ne déboucheront pas sur un accord au 31 mars, affirme le haut responsable, relevant, pour étayer son propos, la réticence de Téhéran à faire des concessions.

« Beaucoup de choses dépendent des décisions difficiles que l’Iran doit prendre », poursuit le fonctionnaire, qui parle sous couvert d’anonymat.

« Il y a encore des écarts d’opinion entre l’Iran et les puissances mondiales. Il est compliqué de combler cette brèche, comme lorsque l’Iran exige la levée de toutes les sanctions, parmi tant d’autres éléments importants. »

« Il n’y a actuellement aucun changement concernant des concessions que Téhéran serait prêt à faire et qui pourraient les mener à la signature d’un accord. Nous ne voyons aucune décision stratégique ni de compromis de la part de Khamenei [chef suprême de l’Iran, l’Ayatollah]. »

Israël presse depuis longtemps Washington pour qu’il impose de nouvelles sanctions à l’Iran pour obtenir un accord qui garantirait la fin de la capacité d’enrichissement d’uranium de Téhéran et l’empêcherait de se diriger vers la production d’armes nucléaires.

Plusieurs initiatives législatives présentées au Congrès américain visent à prévoir des sanctions supplémentaires qui agiraient comme un moyen de pression sur Téhéran. Toutefois, le président américain Barack Obama a annoncé, lors de son Discours sur l’état de l’Union la semaine dernière, qu’il utiliserait son veto.

Le profond désaccord qui existe entre les administrations israélienne et américaine sur la façon de traiter les négociations avec l’Iran se retrouve aussi dans la querelle qui a cours entre Barack Obama et Benjamin Netanyahu quant à l’intention de ce dernier d’intervenir au Congrès en mars et de rallier les élus américains à un vote en faveur de nouvelles sanctions.

La Maison Blanche a déclaré que cette visite, dont les détails ont été réglés entre Netanyahu et le président républicain de la Chambre des Représentants, John Boehner, n’a pas été coordonnée avec la Maison Blanche, ce qui est une violation du protocole diplomatique.