Israël va maintenir la pression même après la conclusion d’ici le 31 mars d’un éventuel accord sur le nucléaire iranien entre les grandes puissances et Téhéran, ont prévenu dimanche deux ministres.

« Il y a de fortes chances pour que soit conclu d’ici deux jours un accord de principes, mais d’ici la signature d’un accord final censé intervenir à la fin juin, il y aura suffisamment de temps pour mener des activités diplomatiques », a indiqué à la radio militaire le ministre de l’Intérieur sortant Gilad Erdan.

Selon lui, le « Congrès américain pourrait constituer le dernier obstacle à la levée des sanctions contre l’Iran » après la conclusion d’un accord.

Le ministre chargé des services de renseignements Yuval Steinitz a de nouveau dénoncé à l’avance la conclusion probable d’un « mauvais accord plein de lacunes ».

« Mais nous ne sommes pas seuls à avoir cette position. De très sérieux doutes existent également aux Etats-Unis, en Europe, en France et en Grande-Bretagne, » a ajouté Yuval Steinitz, un proche du chef du gouvernement sortant à la radio publique.

Gilad Erdan a également averti qu’en cas d’accord mardi Israël devra procéder à une « réévaluation totale de sa politique de sécurité ». Il a souligné la possibilité que l’Arabie saoudite et d’autres pays de la région « se sentant menacés par l’Iran se lancent dans une course aux armements nucléaires ».

Le député travailliste Nachman Shaï a pour sa part critiqué la politique suivie par Benjamin Netanyahu. « Nous avons subi une défaite dans cette affaire et le résultat est mauvais pour Israël qui n’est pas parvenu à freiner le programme nucléaire iranien », a constaté le député.

« Nous aurions dû agir en coulisse, laisser faire les grandes puissances et éviter ainsi de faire du programme nucléaire iranien un conflit entre Israël et l’Iran », a ajouté Nahmam Shaï à la radio publique.

Benjamin Netanyahu, officiellement chargé mercredi dernier de former le nouveau gouvernement après sa victoire aux législatives du 17 mars, a indiqué qu’il continuerait à agir « pour stopper l’Iran qui nous menace ».

De profondes divergences opposent le président américain Barack Obama et Benjamin Netanyahu, qui a prononcé le 3 mars devant le Congrès un discours contre le projet d’accord sur le nucléaire iranien à l’invitation d’élus républicains.