Le secrétaire d’Etat américain John Kerry doit rencontrer de nouveau lundi son homologue iranien Mohammad Javad Zarif à Vienne, dans un nouvel effort pour débloquer les discussions sur le nucléaire iranien, à quelques jours de la date butoir pour un accord.

L’objectif de l’étape viennoise de M. Kerry, arrivé dimanche dans la capitale autrichienne après une tournée en Chine et en Afghanistan, est « d’avoir des discussions en profondeur » avec son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, a souligné un haut responsable du Département d’Etat.

Il s’agit de « déterminer la volonté iranienne de faire les choix cruciaux qui doivent être faits » pour parvenir à un accord historique sur le programme nucléaire iranien après dix ans d’échec, a rappelé cette source.

« C’est une discussion sérieuse et potentiellement longue », a ajouté le responsable américain.

Mais à six jours de la date butoir du 20 juillet pour conclure un accord, les divergences entre les grandes puissances du P5+1 (USA, GB, France, Russie, Chine, Allemagne) et les Iraniens sont toujours « très importantes », selon les termes de M. Kerry.

Le secrétaire d’Etat américain et ses homologues britannique, allemand, français se sont retrouvés dimanche à Vienne pour des discussions tous azimuts entre eux et avec M. Zarif, mais sans conclure de percée dans les négociations. Les chefs de la diplomatie des pays européens sont repartis dimanche soir, mais M. Kerry est resté dans la capitale autrichienne pour poursuivre les discussions.

M. Kerry « prendra le temps nécessaire pour voir si des progrès peuvent être faits », a déclaré la source américaine sans plus de précisions.

L’enrichissement d’uranium au coeur de la négociation

Le principal point d’achoppement de la négociation porte sur la capacité d’enrichissement d’uranium que réclame l’Iran.

Enrichi à un niveau élevé, l’uranium peut servir à fabriquer la bombe atomique. A un faible degré, il sert de combustible aux centrales nucléaires pour la production d’électricité.

Or la communauté internationale soupçonne Téhéran de vouloir se doter de l’arme atomique, ce que nie l’Iran qui assure que son programme nucléaire est à vocation strictement civile.

Les grandes puissances réclament de fermes garanties sur la nature du programme iranien, en échange d’une levée des sanctions qui asphyxient l’économie du pays.

« La confiance doit aller dans les deux sens », a répliqué dimanche le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif sur son compte Twitter.

Assurant que l’Iran faisait « un effort sincère », il a dit « attendre la même chose » des négociateurs du groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne).

Un accord intérimaire conclu en novembre 2013 à Genève a permis un gel du programme iranien contre une levée très limitée des sanctions (de l’ordre de 7 milliards de dollars).

Cet accord d’étape, valide six mois, est censé aboutir à un accord définitif le 20 juillet. Les discussions peuvent cependant être reconduites avec l’accord des deux parties.

A six jours de la date butoir, l’incertitude reste donc totale.

Sans compter qu’Américains et Iraniens sont en outre soumis à de fortes pressions au plan intérieur, où les tenants de la ligne dure de chaque pays sont hostiles à un accord.

M. Zarif doit conclure un texte qui lui permette de garder la face vis à vis des faucons à Téhéran, tandis que Kerry est sous la pression du Congrès, qui va s’accentuer à l’approche des élections de mi-mandat prévues en novembre.