Le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu pourrait dévoiler mardi à Washington des détails sur l’accord nucléaire qui se négocie à huis clos entre l’Iran et les grandes puissances.

Peu de détails ont filtré sur les négociations en cours, avec une nouvelle session entamée lundi à Montreux en Suisse, les parties impliquées, les 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume Uni, France, Allemagne) et l’Iran, ayant opté pour un principe de discrétion pour ne pas nuire à un processus complexe et controversé.

Le gouvernement américain a enjoint Netanyahu de ne pas trahir sa confiance, en utilisant des comptes rendus confidentiels destinés à des officiels israéliens.

Au-delà de cette crise politique et à un moment où les négociations entrent dans une phase cruciale, les contours d’un accord se dessinent avec les « points essentiels » exposés par des officiels américains, sans entrer dans les détails.

Voici les possibles contours d’un accord :

OBJECTIF

Parvenir à un accord complet et vérifiable qui limite la capacité de l’Iran à rassembler suffisamment d’uranium enrichi pour fabriquer une bombe.

En échange, la communauté internationale s’engage à lever graduellement les sanctions qui asphyxient son économie.

« BREAKOUT TIME »

Le « breakout time », c’est-à-dire, dans le jargon des experts, le temps qu’il faudrait à l’Iran pour produire une bombe atomique, devrait être d’un an.

Il faudrait en théorie 12 mois à l’Iran pour produire assez d’uranium enrichi qui lui permette de se doter d’une arme nucléaire. Les grandes puissances auraient alors assez de temps, en une année, pour s’en rendre compte et détruire militairement les infrastructures nucléaires de Téhéran.

Ce « breakout time » d’une année s’appliquerait tout au long d’un accord final dont la durée serait d’au moins dix ans, mais les officiels à Washington ont refusé de dire si on se limiterait à dix ans.

ENRICHISSEMENT

C’est l’un des points les plus délicats.

L’Iran possède quelque 19 000 centrifugeuses, dont environ 10 200 sont opérationnelles. D’après des documents confidentiels rendus publics par Israël et jugés crédibles par des experts américains, Washington veut faire baisser le nombre des centrifugeuses à 6 500 à
7 000.

Conformément à l’accord provisoire de 2013, l’Iran a dilué la moitié de son stock d’uranium enrichi à 20 % dans de l’uranium enrichi à 5 %.

Le procédé d’enrichissement à 20 % est techniquement proche de celui qui permet d’enrichir au niveau nécessaire à la fabrication de la bombe atomique (90 %).

Les négociateurs cherchent maintenant à rendre permanent ce niveau.

CENTRALES NUCLÉAIRES

L’Iran ne devrait pas utiliser son usine de Fordo, son deuxième plus grand site d’enrichissement après celui de Natanz. Ce dernier resterait en service.

Selon un responsable du gouvernement américain, Téhéran ne sera pas autorisé à produire du plutonium de niveau militaire avec son réacteur en construction à Arak.

Cette substance, comme l’uranium enrichi, peut être utilisé à des fins militaires.

CONTRÔLE

Il y aura un contrôle accru de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur ses stocks de combustible nucléaire. L’AIEA devrait pouvoir accéder à toutes les installations.

SANCTIONS

L’Iran veut une levée en une seule fois des sanctions prises par les Etats-Unis, l’Union européenne, mais aussi par les Nations unies. Les grandes puissances cherchent un allégement progressif.

Cette levée sera un des points les plus épineux, selon les experts.

PROGRAMME NUCLEAIRE CIVIL

L’Iran a toujours nié chercher à fabriquer la bombe affirmant que son programme n’a que des objectifs pacifiques en matière d’énergie.

Les grandes puissances garantiraient avec cet accord « le plein droit de l’Iran à l’énergie nucléaire avec des objectifs pacifiques », en conformité avec le Traité sur la non prolifération nucléaire que Téhéran a signé.