Le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Liberman a mis en garde lundi contre une « course aux armements » si l’Iran était autorisé à acquérir une « capacité nucléaire », en réaction aux dernières négociations sur ce dossier entre Téhéran et les grandes puissances.

Israël « garde toutes les options sur la table », a réaffirmé le ministre en référence aux menaces de frappes israéliennes sur les installations nucléaires iraniennes.

Il s’adressait à la presse en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York.

Un accord par lequel Téhéran garderait une capacité d’enrichissement d’uranium serait « un mauvais accord », a-t-il estimé en établissant un parallèle avec la Corée du Nord qui a mené plusieurs essais nucléaires malgré des sanctions internationales.

« Si les Iraniens obtiennent une capacité nucléaire, le résultat immédiat et la conséquence seront une course aux armements dans tout le Proche-Orient », a-t-il ajouté.

Liberman a critiqué une nouvelle fois le discours du président de l’AP Mahmoud Abbas devant l’Assemblée, le qualifiant de « message de haine ». « Il est clair qu’il n’a pas l’intention de faire la paix avec Israël », a-t-il dit.

Abbas avait accusé vendredi Israël d’avoir mené une « guerre de génocide » à Gaza et réclamé le retrait immédiat d’Israël des Territoires palestiniens.

« Nous sommes prêts à accepter une solution d’ensemble raisonnable » dans le conflit, a encore affirmé M. Lieberman. « Mais nous avons besoin d’un partenaire fiable du côté palestinien et nous n’en avons pas ».

La dernière série de discussions entre l’Iran et le groupe « + » (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Russie, Chine et Allemagne) en marge de l’Assemblée générale s’est achevée samedi sans progrès notables. Les deux parties se sont données jusqu’au 24 novembre pour parvenir à un accord définitif sur le programme nucléaire controversé de Téhéran.

L’accord définitif doit garantir le caractère exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien en échange d’une levée des sanctions contre Téhéran.

Les grandes puissances et Israël soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l’arme atomique sous couvert de son programme d’enrichissement d’uranium, que l’Iran a toujours assuré être dans un but civil.

L’uranium faiblement enrichi alimente des centrales électriques, mais enrichi à un niveau élevé il peut servir à fabriquer une bombe.