Les négociations entre l’Iran et les grandes puissances reprendront mercredi, a annoncé vendredi un responsable iranien à l’issue de cinq jours de discussions intenses à Lausanne (Suisse) pour parvenir à un accord sur le programme nucléaire controversé de Téhéran.

« Maintenant, il est nécessaire d’avoir plus de consultations et de coordination (…), les négociations nucléaires se poursuivront mercredi », a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, cité par la télévision d’Etat, sans préciser le lieu de cette prochaine session.

Selon les médias iraniens, l’équipe iranienne devait revenir vendredi soir à Téhéran pour y passer les fêtes de Norouz, le Nouvel an iranien.

Les tractations entre les ministres des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif et américain John Kerry avaient débuté lundi à Lausanne.

Ils avaient vanté jeudi les « progrès » de leurs discussions même si leurs négociations restent « difficiles ».

« Ces derniers jours, il y a eu des négociations sérieuses et intensives entre les équipes iranienne et du 5+1 », a ajouté Araghchi, précisant que les chefs de diplomatie américain et européens se retrouveraient samedi à Berlin.

Le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) fait tout pour trouver avec l’Iran un accord dit « politique » avant le 31 mars. Un tel document, très général, garantirait que l’Iran ne fabrique jamais la bombe atomique, en échange d’une levée des sanctions internationales.

Merkel, Hollande, Cameron et Mogherini se concertent sur le nucléaire iranien à Bruxelles

Les dirigeants allemand Angela Merkel, français François Hollande et britannique David Cameron ont été conviés par la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini à une réunion vendredi matin sur les négociations avec l’Iran sur son programme nucléaire controversé, en marge d’un sommet à Bruxelles.

La haute représentante de l’UE « va rencontrer maintenant » les trois dirigeants européens « pour discuter des négociations avec l’Iran », a indiqué une porte-parole de Mogherini.

« Il s’agit d’une réunion informelle qui doit leur permettre de faire un point sur les négociations sur l’Iran et d’échanger leurs points de vue », a-t-on indiqué dans l’entourage du président français.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius n’a pas hésité à souligner il y a deux semaines les « divergences » dans les négociations. Lundi, il a insisté sur « l’indépendance » de la France par rapport aux Etats-Unis.

« Nous souhaitons un accord, mais simplement si l’accord est vraiment solide. Il y a eu des avancées mais il reste des points importants qui ne sont pas réglés et on va voir si on peut avancer », avait-il commenté lundi juste avant une réunion au niveau des ministres des Affaires étrangères conviée par Mogherini à Bruxelles.

A Washington, le président Barack Obama a appelé jeudi Téhéran à saisir l' »opportunité historique » de sceller un accord sur son programme nucléaire controversé qui bénéficierait à l’ensemble de la communauté internationale pendant « de nombreuses années ».

« Les jours et les semaines à venir seront cruciaux. Les négociations ont progressé mais des différences demeurent », a souligné Obama dans un message vidéo, sous-titré en farsi, diffusé à l’occasion de la fête du Norouz, le nouvel iranien.

Zarif appelle les grandes puissances à accepter un accord

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a appelé vendredi les grandes puissances à abandonner leurs « pressions » dans les négociations nucléaires difficiles et accepter un accord.

Dans une apparente réponse au président américain Barack Obama, qui a appelé jeudi l’Iran à saisir une « opportunité historique » au risque de rester isolé sur la scène diplomatique, Zarif a affirmé que les Etats-Unis ne pouvaient pas à la fois faire pression et poursuivre les négociations.

« Les Iraniens ont déjà fait leur choix: s’engager avec dignité. Il est grand temps pour les Etats-Unis et leurs alliés de choisir: pression ou accord », a écrit le diplomate iranien sur son compte officiel Twitter.

Barack Obama a appelé jeudi Téhéran à saisir l' »opportunité historique » de sceller un accord sur son programme nucléaire controversé qui bénéficierait, selon lui, à l’ensemble de la communauté internationale pendant « de nombreuses années ».

L’Iran et les pays du groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) mènent depuis lundi une course contre la montre pour sceller un accord dit « politique » avant la fin du mois permettant de résoudre le casse-tête du nucléaire iranien qui empoisonne la communauté internationale depuis plus de douze ans.