Un « bon accord » sur le nucléaire iranien est « à portée de main », a estimé vendredi la chef de la diplomatie de l’Union européenne Federica Mogherini alors que les négociations sur ce dossier doivent aboutir avant fin mars.

« Je crois qu’un bon accord est à portée de main », a affirmé Mogherini devant des parlementaires européens réunis à Riga, avant une rencontre informelle des ministres des Affaires étrangères de l’UE dans la capitale lettone.

« Il n’y aura pas d’accord si ce n’est un bon accord et c’est un message que nous devons passer à nos amis et partenaires », a-t-elle ajouté, alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a répété cette semaine à Washington qu' »un accord avec l’Iran ne l’empêchera pas de produire des bombes atomiques ».

« Il nous faut désormais courir le dernier kilomètre, qui est une distance faite plus de volonté politique que de négociations techniques », a estimé la chef de la diplomatie européenne.

Les grandes puissances du groupe 5+1 (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Allemagne) et l’Iran se sont réunies jeudi à Montreux, au niveau des directeurs politiques, après de nouvelles rencontres entre le secrétaire d’Etat américain John Kerry et son homologue iranien Mohammad Jawad Zarif en début de semaine.

« Quelques progrès ont été accomplis et une meilleure compréhension de certaines questions a émergé », a commenté l’UE, qui préside cette réunion, dans un communiqué jeudi soir.

Le ministre français des Affaires étrangères a estimé, quant à lui, vendredi qu’il restait « des progrès à faire » avant de pouvoir trouver un accord avec l’Iran sur son programme nucléaire controversé, à la veille d’une réunion des grandes puissances à Paris.

« Il y a des progrès à faire en matière de volume, en matière de durée et en matière de contrôle des engagements qui sont envisagés » de la part de l’Iran, a dit Laurent Fabius à des journalistes à Riga. « La situation est encore insuffisante donc il y a un travail supplémentaire à faire », a-t-il ajouté.

Zarif et Kerry ont multiplié les rencontres ces dernières semaines, à l’approche du délai du 31 mars fixé pour un règlement politique, avant la finalisation des détails techniques d’ici le 1er juillet. Ils se rencontreront à nouveau le 15 mars, « probablement à Genève », et Kerry est attendu samedi à Paris pour y rencontrer ses homologues britannique, français et allemand.

Les grandes puissances exigent que l’Iran réduise ses capacités nucléaires afin d’empêcher qu’il puisse disposer un jour de la bombe atomique. Téhéran revendique son droit à une filière nucléaire civile complète et demande la levée totale des sanctions économiques occidentales.

Ces négociations, qui ont redémarré en novembre 2013, ont déjà été prolongées à deux reprises.

Le groupe 5+1 et l’Iran « se réuniront à nouveau très bientôt », selon l’UE.