La Maison Blanche a assuré mercredi tenir Israël informé des négociations en cours sur le nucléaire iranien, tout en regrettant que l’Etat hébreu diffuse les informations de manière parcellaire pour caricaturer la position américaine.

« Selon certains articles, les Etats-Unis ne communiquent plus avec Israël sur les négociations en cours avec l’Iran », a déclaré Josh Earnest, porte-parole du président Barack Obama. « C »est évidemment faux », a-t-il ajouté.

Mais le porte-parole de l’exécutif américain a aussi saisi cette occasion pour critiquer la façon dont le gouvernement israélien communiquait sur ce dossier sensible.

« Il y a une pratique consistant à choisir certaines informations plutôt que d’autres et à les utiliser hors contexte pour déformer la position des Etats-Unis dans ces négociations », a-t-il souligné. « Il est incontestable que certaines choses dites par les Israéliens concernant notre position n’étaient pas exactes », a-t-il poursuivi.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui craint que les négociations en cours ne génèrent un « mauvais accord », s’exprimera sur ce thème le 3 mars au Congrès américain, à l’invitation des adversaires républicains de Barack Obama.

La Maison Blanche a exprimé son exaspération de ne pas avoir été consultée à l’avance sur cette invitation. M. Obama, dont les relations avec M. Netanyahu sont notoirement tendues, a précisé qu’il ne recevrait pas ce dernier à la Maison Blanche lors de cette visite.

Zarif et Kerry aux négociations de Genève en fin de semaine

Les chefs de diplomatie iranien et américain, Mohammad Javad Zarif et John Kerry, se joindront aux négociations bilatérales sur le programme nucléaire iranien prévue en fin de semaine à Genève, a annoncé jeudi un négociateur iranien.

MM. Zarif et Kerry « rejoindront dimanche et lundi les négociateurs pour poursuivre les discussions » qui débutent vendredi au niveau des adjoints, a déclaré le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, cité par l’agence officielle Irna.

« A l’issue de ces quatre jours de discussions bilatérales entre les délégations nucléaires iranienne et américaine, celles-ci pourraient continuer avec la participation de tous les membres du groupe 5+1 », a ajouté M. Araghchi.

Il faisait référence aux six pays (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) qui négocient un accord garantissant la nature uniquement civile et pacifique du programme nucléaire iranien en échange d’une levée des sanctions qui asphyxient l’économie de ce pays.

Le vice-ministre doit rencontrer vendredi et samedi la numéro 3 du département d’Etat américain, Wendy Sherman, pour cette nouvelle séance de négociations.

Les discussions américano-iraniennes, qui forment le socle des pourparlers entre les grandes puissances et l’Iran, auront lieu également sous l’égide de la diplomatie européenne et de sa chef adjointe Helga Schmid, avait indiqué mercredi la diplomatie américaine.

M. Zarif, qui chapeaute les négocations côté iranien, s’est entretenu à de multiples reprises avec M. Kerry, les dernières fois à Davos (Suisse) et à Munich (Allemagne) en janvier et février en marge de réunions internationales.

En novembre, après un premier accord intérimaire conclu un an plus tôt sur le nucléaire, l’Iran et le groupe 5+1 s’étaient entendus pour parvenir d’abord à un accord politique avant le 31 mars et ensuite en finaliser les détails techniques pour un accord global avant le 1er juillet.

Mais début février, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, s’est montré hostile à ce calendrier, demandant un accord « en une seule étape (qui comprendrait) le cadre général et les détails ».

Pour les Etats-Unis, il serait toutefois inutile de poursuivre les discussions après le 31 mars sans une « formulation fondamentale » ou « les contours » d’un accord dont les annexes seraient complétées dans le délai restant.