Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a dénoncé mardi devant un Congrès hostile le « fantasme » et les « chimères » d’un éventuel « meilleur accord » sur le nucléaire iranien par rapport au règlement conclu le 14 juillet par les grandes puissances et l’Iran.

Face à des parlementaires opposés au texte historique scellé à Vienne, Kerry a aussi affirmé que l’accord était circonscrit à la question du nucléaire et ne concernait pas une hypothétique « réforme » du régime iranien et encore moins ses agissements « déstabilisateurs » dans la région.

« J’insiste : l’alternative à l’accord que nous avons conclu, ce n’est pas un meilleur accord, une sorte de fantasme ou de chimère qui verrait l’Iran complètement capituler », a martelé le chef de la diplomatie américaine devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, contrôlée par les républicains.

« C’est un fantasme, pur et simple », a-t-il tonné.

Il avait déjà défendu avec force l’accord devant la commission des Affaires étrangères du Sénat la semaine dernière, des élus l’ayant accusé d’avoir été « plumé » et « embobiné » par Téhéran.

« Ce projet a été monté pour régler la question du nucléaire uniquement, pas pour réformer le régime iranien ou pour mettre fin à son appui au terrorisme ou à ses contributions à la violence confessionnelle au Moyen-Orient », a argumenté John Kerry, qui a passé le plus clair des derniers mois à négocier directement avec l’Iran.

« Ces sujets nous inquiètent toujours sérieusement (…) C’est pour cela que nous maintenons nos niveaux sans précédent de coopération en matière de sécurité avec Israël et que nous travaillons si étroitement avec les Etats du Golfe », a-t-il assuré.

Israël a dénoncé l’accord sur le nucléaire iranien et les puissances sunnites du Golfe redoutent qu’il ne dope les ambitions régionales de leur rivale, la République islamique chiite.

Le texte a été conclu au terme de 20 mois d’intenses négociations entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité – France, Royaume-Uni, Chine, Russie, Etats-Unis -, plus l’Allemagne.

Il prévoit une levée progressive et conditionnelle des sanctions internationales imposées depuis 2006 à l’Iran, en échange de garanties que Téhéran ne se dotera pas de l’arme atomique.

Mais il rencontre beaucoup de résistance au Congrès américain, qui est dominé par les républicains et a 60 jours pour l’examiner.

Le Congrès peut rejeter l’accord, mais le président Barack Obama a d’ores et déjà indiqué qu’il y opposerait son veto.