Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a appelé mercredi les négociateurs dans le dossier nucléaire à refuser « l’humiliation » lors des discussions avec les grandes puissances.

L’Iran et les pays du groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) ont conclu le 2 avril un accord-cadre. Ils ont entamé la rédaction des détails de cet accord historique et espèrent régler d’ici au 30 juin une crise diplomatique vieille de plus d’une décennie. Mais les négociations sont difficiles.

Les Occidentaux et Israël soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme atomique sous couvert de programme nucléaire civil, ce que Téhéran dément.

Début avril, Israël, qui dénonce tout accord qui permettrait à Téhéran de conserver une filière nucléaire, a affirmé que « l’option militaire (était) sur la table » pour empêcher l’Iran de devenir une puissance nucléaire. Le chef d’état-major inter-armées américain Martin Dempsey a également assuré que « l’option militaire » pour empêcher les Iraniens d’avoir la bombe nucléaire était « intacte ».

« Les négociateurs doivent observer les lignes rouges (édictées par le guide suprême) et ne tolérer ni la pression, ni l’humiliation, ni la menace », a lancé l’ayatollah Khamenei, dans un discours devant des enseignants dont le texte a été publié sur son site internet.

« Il est inacceptable que parallèlement à des négociations, l’autre partie profère des menaces. Que signifie une négociation à l’ombre de menaces ? », s’est-il interrogé.

Le 19 avril, il avait appelé les forces armées à renforcer leur « préparation » pour contrer toute menace d’action militaire.

L’ayatollah Khamenei soutient l’équipe de négociateurs iraniens tout en doutant des chances d’un accord final avec les Occidentaux. Le numéro un iranien refuse notamment l’abandon du programme d’enrichissement d’uranium iranien et la fermeture des sites d’enrichissement, et demande la levée totale des sanctions internationales décrétées depuis 2006 contre la République islamique.