L’Iran et les grandes puissances ont annoncé mardi prolonger une nouvelle fois de « quelques jours » leurs négociations en vue d’un accord sur le nucléaire iranien, plusieurs points délicats restant en suspens après onze jours de marathon diplomatique à Vienne.

« Nous continuons les discussions au cours des prochains jours », a annoncé la chef de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini, quelques heures avant l’expiration du délai que s’étaient fixé les parties, mardi soir.

« C’est difficile, mais nous savons tous que nous avons une très importante responsabilité que nous ne devons pas gâcher », a ajouté Mogherini, soulignant que les parties souhaitaient « utiliser au maximum » la « fenêtre » d’opportunité viennoise pour clore le dossier.

Parallèlement, la porte-parole de la diplomatie américaine, Marie Harf, a précisé que l’accord intérimaire, servant de cadre légal aux négociations depuis novembre 2013, et qui expirait mardi soir, devait être prolongé jusqu’à vendredi « 10 juillet ».

Téhéran « n’a pas de date butoir », a pour sa part mis au point un responsable iranien.

L’interminable négociation sur le nucléaire iranien, entamée il y a des années mais réellement lancée en novembre 2013, est censée aboutir à un accord historique garantissant que Téhéran ne cherchera pas à se doter de la bombe atomique, en échange d’une levée des sanctions contre son économie.

« Comme prévu, ce n’est pas facile. Il y a eu des périodes de tensions, mais la négociation continue », a déclaré le Français Laurent Fabius, qui quitte mardi la capitale autrichienne pour revenir mercredi soir.

Car après onze jours de négociations acharnées entre l’Iran et le P5+1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, France et Allemagne), à Vienne les tractations butent toujours sur des questions « décisives ».


Embargo sur les armes

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a confié mardi que la levée de l’embargo sur les armes frappant l’Iran demeurait un « problème majeur » dans la négociation. Un diplomate iranien a confirmé que ce point « fait partie des points importants non résolus ».

L’Iran souhaite une levée de cet embargo, adopté par le Conseil de sécurité de l’Onu en 2010, dans le cadre des sanctions prises contre l’Iran depuis 2006. Une hypothèse toutefois rejetée par les Occidentaux compte tenu du contexte régional au Proche et Moyen-Orient.

Lavrov a évoqué mardi un total de « huit ou neuf » questions toujours en suspens dans les pourparlers.

Un autre point de blocage concerne la PMD, la possible dimension militaire du programme nucléaire iranien au moins jusqu’en 2003, sur laquelle l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA) veut faire toute la lumière.

Téhéran, qui a toujours démenti avoir voulu se constituer un arsenal nucléaire militaire, a toutefois affirmé mardi que l’Iran et l’AIEA avaient fait « un grand pas » sur ce dossier, au lendemain de la visite d’une délégation de l’agence atomique.

La République islamique a toujours nié avoir poursuivi ou poursuivre des objectifs nucléaires militaires. Mais Téhéran revendique son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète, y compris l’enrichissement d’uranium.

Selon Fabius, la question de la PMD n’est toujours pas réglée, tout comme « la question des sanctions » et la « limitation de la production nucléaire iranienne ».

Un échec de la négociation ruinerait près de deux ans d’efforts destinés à apurer un contentieux qui empoisonne les relations internationales depuis plus de douze ans.

Les puissances régionales -Israël et les monarchies sunnites- sont cependant vent debout contre un compromis avec l’Iran et dénoncent l’influence de la République islamique sur tous les terrains de conflits régionaux: Irak, Syrie, Liban, Yémen.