L’Iran a accusé mardi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’avoir recours à des « mensonges continus » après son discours devant le Congrès américain affirmant qu’un accord sur le nucléaire iranien serait une « menace pour le monde entier ».

Dans un communiqué publié par l’agence officielle Irna, la porte-parole de la diplomatie Marzieh Afkham a dénoncé « les mensonges continus de Netanyahu, devenus répétitifs et ennuyeux, sur les objectifs et les intentions du programme nucléaire pacifique de l’Iran ».

Le discours de Netanyahu « est un signe de faiblesse et de l’isolement extrême des radicaux, même au sein de ceux qui soutiennent » Israël, a-t-elle estimé.

Elle a affirmé que les adversaires de Téhéran « sont confrontés à de sérieux problèmes avec la poursuite des négociations et la détermination de l’Iran à surmonter la crise ».

Le chef du gouvernement israélien a dit être « en mission historique » à Washington pour dénoncer l’accord que le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) et l’Iran s’efforcent de conclure d’ici au 31 mars.

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, et le secrétaire d’État américain John Kerry ont repris mardi matin à Montreux leurs négociations pour un règlement définitif censé encadrer le programme nucléaire de la République islamique.

Les Occidentaux et Israël soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme atomique sous couvert de programme nucléaire civil, ce que Téhéran a toujours démenti.

la vice-présidente iranienne fait peu de cas de l’opposition d’Israël

La vice-présidente iranienne Masoumeh Ebtekar a fait peu de cas mardi de l’opposition du Premier ministre Netanyahu sur l’état actuel des négociations sur le dossier nucléaire iranien controversé.

« Nous devons être optimistes, mais nous devons également nous assurer que toutes les parties ont une approche équilibrée », a affirmé à l’AFP Masoumeh Ebtekar, vice-présidente chargée de l’Environnement, de passage à Paris un mois avant la date-butoir du 31 mars pour la conclusion d’un accord sur le nucléaire entre Téhéran et le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume Uni, France plus l’Allemagne).

« Je ne crois pas » que la voix de Benjamin Netanyahu « ait beaucoup de poids », a-t-elle ajouté notant qu’ils « font des efforts pour faire dérailler l’accord, mais je crois que les groupes de pression les plus raisonnables des deux côtés aspirent à une solution ».

Netanyahu a fustigé mardi devant le Congrès américain le « très mauvais » accord sur le nucléaire que le président américain Barack Obama veut conclure avec Téhéran affirmant que « le régime représente une grande menace pour Israël, mais aussi pour la paix du monde entier ».

Selon la vice-présidente iranienne au contraire, « les menaces actuelles dans la région, le radicalisme, l’extrémisme, le terrorisme (…) tout cela rend nécessaire une solution et un rôle plus important pour l’Iran » au Moyen Orient.

Alors que les chefs des diplomaties américaine et iranienne, John Kerry et Mohammad Javad Zarif, ont repris leurs négociations en Suisse, Masoumeh Ebtekar a souligné que la question de la levée des sanctions économiques internationales était primordiale pour aboutir à un accord.

« Depuis le début, cette question a été très importante pour l’Iran. Il est très clair que pour parvenir à un accord définitif (…) la levée des sanctions a toujours été mentionnée par l’Iran comme un enjeu majeur », a-t-elle dit rappelant que « ces sanctions sont injustes et illégales ».

L’Iran veut une levée en une seule fois des sanctions prises par les Etats-Unis, l’Union européenne, mais aussi par les Nations unies, alors que les grandes puissances cherchent un allègement progressif.