Téhéran a mis en garde mardi les gouvernements européens contre la tentation d’imposer de nouvelles conditions à la poursuite de l’application de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015.

« Les Européens n’ont pas le droit de dire : nous acceptons [cet accord] mais nous devons parler de la présence iranienne » au Proche et au Moyen-Orient, a déclaré Ali Akbar Velayati, conseiller pour les affaires étrangères auprès du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.

« Dire qu’ils acceptent [l’accord] mais qu’ils devraient négocier sur la présence de l’Iran dans la région ou sur la défense balistique iranienne, c’est poser des conditions [à la mise en œuvre de l’accord] et ce n’est pas du tout acceptable », a ajouté M. Velayati, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse retransmise par la télévision d’État.

« Il n’y a pas de conditions à [l’accord] et celui-ci doit être mis en œuvre conformément à ce qui a été convenu » à Vienne le 14 juillet 2015 entre l’Iran et le groupe des Six (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie), a dit le conseiller du Guide.

Ali Akbar Velayati, conseiller du guide suprême l'Ayotallah Ali Khamenei lors de son interview à une chaîne argentine (Crédit : Capture d'écran C5N)

Ali Akbar Velayati, conseiller du guide suprême l’Ayotallah Ali Khamenei lors de son interview à une chaîne argentine (Crédit : Capture d’écran C5N)

« Nous avons le droit de coopérer avec nos voisins », a encore déclaré M. Velayati.

Selon l’Élysée, le président français Emmanuel Macron, s’est entretenu vendredi avec son homologue iranien Hassan Rouhani et l' »a assuré […] de l’attachement de la France au cadre fixé par l’accord de Vienne », alors que le président américain Donald Trump menaçait le même jour d’en retirer son pays « à tout moment ».

Selon la présidence française, M. Macron a néanmoins « rappelé » à M. Rouhani certaines « conditions pour poursuivre dans les prochains mois les ambitions » de l’accord de Vienne.

De même source, M. Macron a ainsi insisté sur « le dialogue et les progrès sur des sujets qui ne relèvent pas de l’accord de 2015, mais qui sont fondamentaux dans le contexte stratégique actuel, en particulier les préoccupations liées au programme balistique iranien et les questions de sécurité régionale ».

Selon l’Élysée, M. Macron a fait part en particulier « de son souhait de travailler avec l’Iran à une solution politique durable à la crise » en Syrie, où l’Iran déploie des conseillers militaires et des combattants en soutien au gouvernement de Bachar al-Assad, à la demande de ce dernier.