Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a dénoncé mardi les propos « inacceptables » du président américain Barack Obama, qui a lié un accord nucléaire avec Téhéran au gel de son programme pendant plus de dix ans.

« Il est clair que les positions d’Obama visent à gagner l’opinion publique et contrer la propagande du Premier ministre (israélien Benjamin Netanyahu) et des autres opposants extrémistes aux négociations, en utilisant des termes et des formulations inacceptables et menaçants », a affirmé Zarif, cité par l’agence officielle Irna.

Le ministre iranien s’exprimait depuis Montreux (Suisse) où il dirige la délégation iranienne qui négocie avec les grandes puissances la dernière ligne droite vers un règlement définitif censé encadrer le programme nucléaire de la République islamique.

Zarif et le secrétaire d’Etat américain John Kerry ont entamé une nouvelle session de pourparlers lundi et doivent la poursuivre jusqu’à mercredi après midi, en parallèle aux travaux des négociateurs et experts qui continueront leur travail jusqu’à la fin de la semaine.

L’Iran et le groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) tentent de sceller avant le 31 mars un accord historique, qui garantirait la nature pacifique du programme iranien, soupçonné de cacher un volet militaire, ce que Téhéran dément.

Zarif a rappelé que l’Iran « ne cèdera pas face aux demandes excessives aux positions illogiques de l’autre partie ».

Obama a réaffirmé lundi la position américaine selon laquelle l’objectif était d’aboutir à un accord d’une durée supérieure à dix ans.

« Si l’Iran est disposé à accepter une durée à deux chiffres pour conserver son programme là où il en est aujourd’hui et, en fait, retirer des éléments qui existent actuellement (…) Si nous avons cela et si nous avons le moyen de le vérifier, il n’y a pas autre chose qui nous donnerait l’assurance qu’ils n’ont pas d’arme nucléaire », a déclaré le président Obama dans un entretien à l’agence Reuters.

Il a également mis en exergue l’objectif affiché d’un « breakout time », c’est-à-dire le temps qu’il faudrait à l’Iran pour produire une bombe atomique, d’un an.

Benjamin Netanyahu doit pour sa part s’exprimer mardi devant le Congrès américain, contrôlé par les républicains, pour y redire son hostilité au règlement de la question nucléaire iranienne par l’accord que tentent de forger Téhéran et les grandes puissances.