L’Iran n’a toujours pas fourni de nouvelles réponses à l’AIEA sur une « possible dimension militaire » de son programme nucléaire, selon un rapport du gendarme nucléaire de l’ONU consulté jeudi par l’AFP.

« L’Iran n’a fourni aucune explication » sur deux points auxquels il s’était engagé à répondre, écrit l’Agence internationale de l’énergie atomique dans son rapport trimestriel.

Cette évaluation intervient à quelques jours d’une réunion prévue dimanche à Genève entre les chefs des diplomaties iranienne et américaine, Mohammad Javad Zarif et John Kerry, pour tenter de faire avancer la négociation d’un accord historique qui garantirait la nature exclusivement civile du programme nucléaire iranien, en échange d’une levée des sanctions internationales contre la République islamique.

En parallèle à cette négociation politique, et de façon distincte, l’AIEA demande à Téhéran de répondre à des allégations précises, formulées par l’Agence en 2011, selon lesquelles l’Iran aurait mené des recherches et des travaux concrets dans le passé pour se doter de la bombe atomique.

L’Iran dément ces allégations, fondées selon le pays sur de faux documents, mais a toutefois accepté de répondre aux questions de l’AIEA.

Téhéran devait notamment fournir des explications sur deux points particuliers avant le 25 août dernier, ce qu’il n’a pas encore fait.

« Les progrès sont très lents à ce stade, si l’on peut parler de progrès », a commenté jeudi un diplomate de haut rang, familier du dossier.

Le directeur général de l’AIEA, le Japonais Yukiya Amano, a rencontré à ce sujet Zarif à Munich le 7 février. Il devrait également recevoir le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, la semaine prochaine au siège de l’agence à Vienne.

L’Iran et le groupe de grandes puissances des 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) se sont entendus en novembre dernier pour rechercher un accord politique sur leur controverse nucléaire avant le 31 mars, et en cas de succès, pour ensuite en régler les détails techniques d’ici le 1er juillet.

Les grandes puissances exigent que l’Iran réduise ses capacités nucléaires afin d’empêcher qu’il puisse se doter un jour de l’arme nucléaire.

Téhéran, qui dément tout caractère militaire de son programme, revendique son droit à une filière nucléaire civile complète et demande la levée totale des sanctions économiques occidentales.