Des étudiants juifs de la New York University ont eu la (mauvaise) surprise de découvrir des « avis d’expulsion » sur la porte de leurs dortoirs, visiblement placardés par des militants de l’organisation des étudiants pour la justice en Palestine.

« Nous sommes au regret de vous informer que votre chambre doit être démolie dans trois jours » pouvait-on lire sur les faux avis d’expulsion, révèle Laura Adkins, étudiante à NYU et bloggeuse pour le Times of Israel.

« Si vous n’avez pas quitté les lieux avant le 25 avril 2014 à minuit, nous nous réservons le droit de détruire tous les biens restants », est-il écrit dans la suite du texte. « Nous ne pourrons être tenus pour responsables des biens ou des personnes demeurant à l’intérieur des locaux. Des frais de démolition seront inclus à vos comptes étudiants. »

Un étudiant juif, qui a souhaité rester anonyme, a déclaré se sentir « visé et peu en sécurité dans ma propre chambre de dortoir. Je sais que d’autres pensent exactement la même chose que moi. Je suis pour la liberté d’expression, mais si elle ne sert qu’à s’en prendre à des étudiants juifs, sa nature est plus menaçante qu’instructive. »

Selon les chiffres des Nations unies, plus de 1 000 personnes ont été déplacées en 2013 en Cisjordanie et à Jérusalem-Est en raison des démolitions, au motif que leurs maisons avaient été construites sans permis israélien. Des permis qui, selon les spécialistes, sont très difficiles à obtenir .

Les auteurs de l’« avis d’expulsion » de NYU s’émeuvent du fait que
« les maisons palestiniennes soient détruites dans le cadre d’une politique de nettoyage ethnique de la région menée par Israël contre les habitants arabes dont le but est de maintenir le caractère exclusivement ‘juif’ de l’Etat. En détruisant les maisons palestiniennes, l’État les remplace par des colonies illégales. »

Les forces de sécurité israéliennes démolissent également de manière systématique les campements construits illégalement par des colons juifs dans plusieurs avant-postes de Cisjordanie .

Le texte précise qu’ « il ne s’agit pas d’un véritable avis. Ce document est destiné à attirer l’attention sur le réalité que les Palestiniens endurent au quotidien. »

La campagne n’est pas sans rappeler les actions menées par des groupes pro-palestiniens à la Florida Atlantic University en 2012 et sur une série de campus universitaires nord-américains, y compris l’Université de Harvard, en 2013 .

À l’époque, la Ligue Anti-Diffamation (Anti-Defamation League) avait condamné les avis placardés à Harvard, les jugeant hostiles et anti-israéliens.

« Cette tactique est conçue pour réduire au silence et intimider les défenseurs d’Israël à Harvard et des campus du pays », avait écrit dans un communiqué Robert Trestan, le directeur par intérim de l’ADL en Nouvelle-Angleterre.

« La liberté d’expression a toute sa place sur le campus. Mais cibler les dortoirs des étudiants de Harvard vise à créer des tensions, à isoler les étudiants et à fomenter un climat d’hostilité. »