Le président américain Barack Obama a rejeté lundi la notion d’avoir trahi Israël au Conseil de sécurité des Nations unies le mois dernier, en choisissant de ne pas apposer son veto à une résolution qui affirme que les implantations sont illégales et que la Cisjordanie et Jérusalem Est sont des territoires palestiniens occupés. Pendant un entretien accordé à la Deuxième chaîne israélienne, Obama a déclaré qu’il avait l’obligation, en tant que président, « de faire ce que je pense être juste ».

Dans un extrait de l’entretien diffusé lundi soir, le président sortant est interrogé sur l’affirmation israélienne selon laquelle il a orchestré la résolution 2334. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a décrit cette mesure comme « honteuse, un complot anti-Israël ». Comprend-il le « sentiment [israélien] de trahison » ?, a demandé la journaliste Ilana Dayan.

« Non, a répondu Obama Je vais être honnête avec vous : ce genre d’hyperbole, ce genre de déclarations, n’ont aucune base factuelle. »

« Ils peuvent très bien permettre de détourner l’attention du problème des implantations, a poursuivi le président. Cela peut très bien marcher sur la base politique de Bibi, ainsi que sur la base républicaine aux Etats-Unis, mais cela ne correspond pas aux faits. »

Interrogé sur le fait que permettre l’adoption de la résolution était la bonne chose à faire si près de la fin de son mandat, Obama a répondu que « le fait est que je suis président jusqu’au 20 janvier, et que j’ai l’obligation de faire ce que je pense être juste. »

L'ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies, Samantha Power devant le Conseil de sécurité après s'être abstenu sur une résolution anti-implantations, le 23 décembre 2016. (Crédit : capture d'écran Nations unies)

L’ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies, Samantha Power devant le Conseil de sécurité après s’être abstenu sur une résolution anti-implantations, le 23 décembre 2016. (Crédit : capture d’écran Nations unies)

Il a été demandé à Obama s’il réservait encore des surprises ou si Netanyahu pouvait dormir tranquillement jusqu’au 20 janvier. « Eh bien, je pense que la question intéressante est de savoir s’il dormira mieux après le 20 janvier », a ironiquement répondu Obama, sous-entendant que les relations entre Netanyahu et le futur président Donald Trump pourrait ne pas être aussi calmes que certains le pensent en Israël.

L’entretien complet, mené à la Maison Blanche, sera diffusé mardi soir. Dayan a déclaré qu’Obama, pendant la discussion, avait pris la peine de dire que Netanyahu avait eu un ami à la Maison Blanche pendant huit ans mais ne s’en était pas rendu compte, et que les Etats-Unis étaient profondément engagés auprès d’Israël, mais essentiellement auprès d’un Israël qui respecte les droits de l’Homme.

L’abstention américaine au vote du 23 décembre du Conseil de sécurité des Nations unies a permis l’adoption de la résolution 2334 par 14 voix contre 0. Netanyahu a répondu avec colère, notamment en convoquant les ambassadeurs des pays qui ont soutenu la résolution pour une réprimande le jour de Noël, et en rencontrant en face-à-face l’ambassadeur américain Dan Shapiro.

Les relations entre Netanyahu et Obama sont tendues depuis des années, particulièrement en raison du conflit israélo-palestinien, de l’entreprise d’implantations, et de l’accord nucléaire iranien signé en 2015.

Le président américain Barack Obama pendant un entretien accordé à la Deuxième chaîne et diffusé le 10 janvier 2017. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Le président américain Barack Obama pendant un entretien accordé à la Deuxième chaîne et diffusé le 10 janvier 2017. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)