Obama aurait fait échouer une campagne contre le Hezbollah pour conclure l’accord iranien
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Obama aurait fait échouer une campagne contre le Hezbollah pour conclure l’accord iranien

Selon un article paru dans Politico, la précédente administration aurait empêché la DEA de contrôler et de poursuivre le groupe terroriste soutenu par l'Iran alors même qu'il faisait entrer de la cocaïne aux Etats-Unis

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le président américain Barack Obama quitte la Maison Blanche pour se rendre au sommet des dirigeants d'Amérique du Nord, à Ottawa (Canada), le 29 juin 2016. (Crédit : AFP/Yuri Gripas)
Le président américain Barack Obama quitte la Maison Blanche pour se rendre au sommet des dirigeants d'Amérique du Nord, à Ottawa (Canada), le 29 juin 2016. (Crédit : AFP/Yuri Gripas)

WASHINGTON — L’administration Obama aurait secrètement mis en échec une campagne menée par l’administration chargée de la lutte contre les stupéfiants de la DEA (Drug Enforcement Administratio) qui ciblait le groupe terroriste du Hezbollah, soutenu par l’Iran, afin d’aider à solidifier l’accord sur le nucléaire iranien passé en 2015, selon un reportage d’investigation de Politico.

La campagne spécifique – appelée le projet Cassandra – avait été lancée en 2008 pour contrôler les pratiques de trafic d’armes et de drogues du Hezbollah, avec notamment l’introduction de cocaïne aux Etats-Unis.

Aux côtés de ce trafic de stupéfiants, le groupe terroriste basé au Liban se prêtait également à des activités de blanchiment d’argent et autres crimes – dont il retirait environ un milliard de dollars par an.

Lorsque les enquêteurs, après avoir amassé des preuves substantielles, ont cherché l’approbation du département américain de la Justice et du département du Trésor pour traduire le groupe devant un tribunal, ces deux agences n’ont pas répondu, a fait savoir le reportage.

« C’était une décision politique, c’était une décision systématique », a commenté David Asher, analyste au sein du département de la Défense et spécialisé dans le financement illicite, qui a aidé à établir et à mettre en place le projet Cassandra.

« Cela a déchiré en morceaux l’initiative entière, qui était bien soutenue et sourcée, et cela s’est fait du haut vers le bas ».

Asher a ajouté que les responsables de l’administration Obama avaient obstrué les efforts visant à appréhender des membres éminents du Hezbollah, dont l’un des plus importants fournisseurs d’armes du président syrien Bashar al-Assad.

Le Hezbollah défile avec son équipement militaire à Qusayr, en Syrie, en novembre 2016. (Crédit : Twitter)

Des anciens responsables de l’administration Obama ont fait savoir pour leur part qu’ils avaient cherché à améliorer les relations avec l’Iran dans le cadre d’une stratégie plus large visant à empêcher Téhéran d’acquérir un arsenal nucléaire, mais qu’ils n’ont pas tenté de faire échouer le projet Cassandra pour une raison politique.

« Le monde est beaucoup plus compliqué que ce que l’on peut voir à travers le prisme étroit du trafic de drogues », a expliqué un responsable à la sécurité nationale de l’époque Obama.

« Vous n’allez pas laisser la CIA faire la loi mais n’allez certainement pas non plus laisser la DEA le faire. Votre approche est systématiquement compliquée car le Hezbollah va devoir impliquer le processus inter-agences, parce que le département d’Etat a son mot à dire, que la communauté des renseignements a également son mot à dire, comme le Trésor, le DOD ».

Politico a expliqué dans son reportage que des sources indépendantes du Projet Cassandra avaient confirmé les informations données par les membres de son équipe.

Il a cité un responsable du Trésor au sein de l’administration Obama, Katherine Bauer, qui a soumis un témoignage écrit au mois de février dernier à la commission de la Chambre chargée des Affaires étrangères reconnaissant que « sous l’administration Obama… ces enquêtes [liées au Hezbollah] étaient tassées par crainte de faire des vagues avec l’Iran et de compromettre l’accord sur le nucléaire ».

Après la mise en oeuvre officielle de l’accord sur le nucléaire, en janvier 2016, les responsables du projet Cassandra, comme John Kelly, un agent de contrôle vétéran de la DEA, ont été transférés à d’autres postes.

En conséquence, le reportage a indiqué que le gouvernement a « perdu tout moyen d’avoir un aperçu » non seulement sur les opérations de trafic de drogues du Hezbollah mais également sur les autres aspects de ses importantes activités criminelles dans le monde.

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