LOS ANGELES – Parmi ces derniers actes officiels, le président américain sortant Barack Obama a signé un projet de loi donnant le nom de Tibor Rubin à l’hôpital des vétérans de Long Beach, en Californie.

Rubin, né en Hongrie et survivant de l’Holocauste, a dû, à cause de l’antisémitisme, attendre 55 ans que son mérite pendant la guerre de Corée soit reconnu par la plus haute décoration militaire des Etats-Unis, la Médaille d’honneur du Congrès.

Depuis, organisations locales et nationales ont rivalisé d’efforts pour expier leur longue négligence en accordant honneur et reconnaissance au résident de Garden Grove, en Californie, et ont continué même après sa mort en 2015 à l’âge de 86 ans.

Entre autres hommages, son portrait a été imprimé sur un timbre postal, une biographie intitulée Single Handed a été publiée, il a été présent dans un documentaire sur les héros de guerre juifs américains, et la bibliothèque de Garden Grove ainsi que la branche locale des vétérans de guerre juifs ont été renommées en son honneur.

Tibor Rubin, à l'époque où il était un jeune soldat américain pendant la guerre de Corée. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Tibor Rubin, à l’époque où il était un jeune soldat américain pendant la guerre de Corée. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Rubin avait été déporté dans le camp de concentration de Mauthausen quand il avait 13 ans, et a été libéré par les troupes américaines 14 mois après. Il a alors juré de rejoindre l’armée américaine s’il pouvait un jour arriver aux Etats-Unis.

Ses projets ont réussi. Il a rejoint l’armée juste avant le début de la guerre de Corée en 1950, et a été assigné au 8e régiment de cavalerie. Il a entre autres hauts-faits sécurisé une route de retraite pour sa compagnie en défendant à lui seul une colline pendant 24 heures contre des hordes de soldats nord-coréens.

Ses officiers ont recommandé Rubin trois fois pour la Médaille d’honneur, mais le premier sergent de sa compagnie, Artice V. Watson, antisémite fanatique, avait à chaque fois saboté le processus administratif.

Rubin mélangeait un fort accent hongrois avec un humour acéré, utilisant souvent l’autodérision.

Quand il avait rencontré le président George Bush, il lui avait été assigné une garde d’honneur pour le voyage, ce qui avait entraîné l’observation suivante : « quand je suis venu dans ce pays, on disait que j’étais un petit schmock hongrois. Mais tout a changé. Maintenant, on m’appelle MONSIEUR Schmock. »