Le président américain, Barack Obama, a rencontré lundi plus d’une dizaine de dirigeants et de partisans politiques juifs lors de deux réunions distinctes, dans un effort pour désamorcer les craintes sur les termes d’un accord cadre à long terme sur le nucléaire avec l’Iran, et de les assurer de son engagement envers Israël .

Les réunions s’inscrivent dans l’effort plus large de l’administration américaine pour défendre l’accord émergent face à un Congrès et une opinion publique de plus en plus sceptiques.

Lors de la première réunion avec les dirigeants des principales organisations juives, Obama a été rejoint par la conseillère à la sécurité nationale, Susan Rice, qui avait défendu les négociations sous égide américaine avec l’Iran lors de la conférence annuelle de politique générale de l’AIPAC, le mois dernier.

« Sans nul doute, ils tentent de vendre », a déclaré Nathan Diament, le directeur exécutif pour la politique publique à l’Union des conmmunautés orthodoxes d’Amérique, selon une information publiée lundi par Bloomberg.

« Il essaie de convaincre les dirigeants de la communauté juive que c’est un bon accord et que, non seulement nous devrions soutenir l’accord, mais que nous ne devrions pas soutenir les initiatives de Capitole Hill qui, selon le président, risqueraient de le torpiller », a indiqué Diament.

Les principaux responsables de groupes de défense civile comme l’American Jewish Committee et l’Anti-Defamation League, des groupes de coordination comme la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, les Fédérations juives d’Amérique du Nord et des groupes de lobbying pro-israéliens comme l’AIPAC et J Street, étaient tous présents.

Plus tard dans l’après-midi, Obama a rencontré des « leaders communautaires » juifs, dont plusieurs partisans politiques de premier plan, a rapporté le Washington Post.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest, a décrit les participants comme des « défenseurs ardents qui ne peuvent pas occuper des postes officiels ou des positions de leadership dans ces organisations, mais qui sont, dans leur propre droit, des défenseurs efficaces », lit-on dans l’article.

Des sources qui étaient au courant de la deuxième réunion ont déclaré que le groupe était composé d’importants donateurs du parti démocrate qui avaient exprimé leur scepticisme à propos de l’accord sur le nucléaire, parmi eux le magnat israélo-américain du divertissement Haim Saban.

Un des participants a décrit la réunion au Washington Post comme « positive et très émouvante » et a dit que le président était « sincère quant à son attachement à Israël ».

Un soutien à l’accord avec l’Iran au sein de la communauté juive américaine serait utile à l’administration Obama étant donnée la franche opposition du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

L’administration a également intensifié ces derniers jours ses activités de sensibilisation au Congrès alors qu’une proposition de loi, qui exigerait que l’organe législatif contresigne les conditions définitives d’un accord avec l’Iran, est en plein essor.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry est arrivé lundi soir au Congrès pour informer les législateurs sceptiques des lignes de l’accord cadre conclu il y a quelques semaines à Lausanne.

Il a déclaré aux journalistes, avant le briefing à huis clos ouvert aux 435 parlementaires de la Chambre, qu’il voulait explorer « quelques détails parce qu’il y a eu beaucoup de … présentations tendancieuses ».

La commission des Relations étrangères du Sénat doit se prononcer mardi sur la proposition de loi, qui donnerait aux législateurs 60 jours pour approuver les termes de l’accord nucléaire et décider de lever les sanctions du Congrès contre l’Iran.