Le président des Etats-Unis Barack Obama et le président palestinien Mahmoud Abbas ont eu lundi un entretien « difficile » sur le processus de paix israélo-palestinien et les Américains n’ont pas présenté leur accord-cadre aux Palestiniens, a dit mardi le négociateur palestinien Saeb Erakat.

Le président Obama avait reçu à la Maison Blanche le président Abbas en l’exhortant à prendre des « risques » pour la paix, à un mois et demi de l’échéance de principe des neuf mois de négociations directes entre Israël et les Palestiniens.

« La réunion a été — j’utilise le terme de ‘franche’ — la réunion a été difficile, la réunion a été longue », a déclaré Erakat, qui s’exprimait en anglais devant le centre d’études Wilson Center de Washington.

« Et contrairement à ce que des gens escomptaient, nous ne sommes pas sortis de cette réunion avec un document officiel proposé par les Américains », a ajouté le négociateur en chef palestinien, confirmant ce qu’avaient dit lundi soir le porte-parole de M. Abbas et un diplomate américain.

« Nous sommes toujours au stade de la discussion » pour parvenir à cet accord-cadre que le secrétaire d’Etat américain John Kerry prépare depuis des mois, a insisté M. Erakat.

Respectant les consignes de confidentialité imposées par Washington, M. Erakat n’a rien révélé de la teneur des entretiens entre les présidents Abbas et Obama.

Il a simplement dit que les discussions étaient « sérieuses et en profondeur ».

« Personne d’autre que les Palestiniens n’a plus à gagner de la réussite d’Obama et de Kerry », a martelé le négociateur palestinien.

Les discussions directes israélo-palestiniennes ont été relancées fin juillet 2013 sous l’égide de John Kerry.

L’objectif est actuellement de parvenir à un « accord-cadre » traçant les grandes lignes d’un accord de paix, et destiné à persuader les deux camps de poursuivre les pourparlers au-delà de l’échéance du 29 avril.

Cet « accord-cadre » tracerait les grandes lignes d’un règlement définitif sur les questions dites de « statut final » : les frontières, les implantations, la sécurité, le statut de Jérusalem et les réfugiés palestiniens.

Les dirigeants palestiniens ont exprimé de très fortes réserves sur les propositions américaines, auxquelles ils reprochent de trop s’éloigner du droit international, refusant en particulier la « reconnaissance d’Israël comme Etat juif » et le maintien illimité de troupes israéliennes en territoire palestinien.

« Pourquoi devrais-je vous reconnaître comme un Etat juif ? (…) Le nom d’Israël est l’Etat d’Israël », a encore jugé M. Erakat.

Les discussions entre les Américains et les deux camps doivent se poursuivre dans les prochains jours.