Le président Barack Obama a amnistié mardi son ancien « général favori », James Cartwright, un haut gradé qui avait fait une fausse déclaration au FBI lors d’une enquête sur des fuites concernant une attaque informatique que les Etats-Unis avaient lancée contre l’Iran en 2010.

Le nom du général Cartwright figure sur une liste de 64 personnes graciées par le président et annoncée mardi par la Maison Blanche.

L’ex-général américain à la retraite avait reconnu en octobre 2016 avoir fait une fausse déclaration aux policiers fédéraux, un délit pour lequel il avait été inculpé.

« J’ai eu tort d’induire en erreur le FBI le 2 novembre 2012 et j’en assume l’entière responsabilité », avait écrit le général des Marines, ancien numéro deux de l’état-major des armées, dans un communiqué transmis à l’AFP par son avocat.

James Cartwright avait menti aux enquêteurs en prétendant ne pas être à l’origine de la transmission à un journaliste du New York Times d’informations confidentielles, selon l’acte d’inculpation consulté par l’AFP.

Ce journaliste, David Sanger, a écrit un livre relatant les détails d’une attaque américaine à l’aide du virus informatique Stuxnet contre les installations nucléaires iraniennes.

Dans son communiqué, James Cartwright avait reconnu avoir parlé à la presse tout en continuant de réfuter être à l’origine de la fuite sur Stuxnet.

« Je savais que je n’étais pas la source de cette histoire et je ne voulais pas me voir reprocher d’en être la source. Mon seul objectif en parlant aux journalistes a été de sauvegarder les intérêts et les vies américains », avait-il soutenu.

James Cartwright, ancien général quatre étoiles, a pris sa retraite en août 2011. Cet ancien pilote était considéré comme un proche conseiller militaire du président Barack Obama.

Le réacteur nucléaire d'Arak en Iran, en 2012. (Crédit : Nanking2012/CC BY/WikiCommons)

Le réacteur nucléaire d’Arak en Iran, en 2012. (Crédit : Nanking2012/CC BY/WikiCommons)

Stuxnet, conçu spécialement pour attaquer les opérations d’enrichissement d’uranium iraniennes, a frappé l’Iran en 2010 et a créé d’importants dégâts dans le programme nucléaire controversé de ce pays.

Selon la Constitution, le président peut soit gracier un condamné, soit commuer sa peine, c’est-à-dire en raccourcir la durée sans effacer la sentence.

Obama a commué mardi la peine de l’ancienne taupe de Wikileaks Chelsea Manning, qui retrouvera la liberté le 17 mai.

Le droit de grâce est un pouvoir régalien que des présidents américains utilisent juste avant de laisser le Bureau ovale à leur successeur.