Une nouvelle méthode de profilage utilisant la haute technologie constate que le président américain Barack Obama était « hostile » lorsqu’il a abordé le sujet d’Israël et des Palestiniens dans une interview dans le New York Times – un constat qui a ses limites, et on doit le souligner, ne doit pas être interprété comme le reflet de la vision général du président sur le sujet.

Cette nouvelle méthode informatisée examine les textes pour caractériser la personnalité de quelqu’un dans un contexte précis.

Ce programme n’a pas encore été validé et n’évalue absolument pas les intentions et les politiques [à venir]. Cela dit, les résultats de ce programme renforcent l’idée que les deux peuples israélien et palestinien ont d’Obama et de son administration. Ils pensent qu’ils sont inamicaux envers les Israéliens et les Palestiniens.

Le professeur Yair Neuman, chercheur à l’université Ben Gurion dans le Néguev, a développé cette méthode.

Neuman explique que dans ce contexte, la notion chez quelqu’un
d’ « inamical ou d’hostile » signifie que la personne n’est pas à l’aise pour aborder certains sujets et essaie de les éviter.

En comparaison, l’analyse indique qu’Hillary Clinton, en lice pour la nomination du parti Démocrate pour être candidate aux élections présidentielles en 2016, n’exprime pas de sentiments négatifs au sujet d’Israël et des Palestiniens dans sa récente interview au magazine Atlantic.

Entre autres, Neuman a utilisé son programme pour profiler les leaders politiques, les tireurs dans les écoles, pour prédire les comportements sur Twitter et pour évaluer les commentaires des clients. Il a fait une analyse personnelle des interviews d’Obama et de Clinton pour le Times of Israel.

Extraire l’inconscient

Obama et Clinton ont tous les deux donné des interviews dans deux magazines différents et ont longuement abordé le sujet du conflit en Israël et aussi la situation du Moyen Orient en général.

Le Times of Israel a donné à Neuman les retranscriptions des parties abordant le sujet d’Israël et des Palestiniens de ces interviews pour qu’elles soient analysées. Le constat principal de Newman est qu’Obama semblait plus hostile à aborder ce sujet, contrairement à Clinton.

« Obama dit essentiellement : ‘les gars, arrêtez de m’embêter avec ces Israéliens. Laissez-moi tranquille. Je ne veux pas m’occuper d’eux’ », explique Neuman. « Son discours est complètement différent de celui de Clinton. Elle est à l’aise pour aborder ce sujet ».

Neuman a partiellement validé sa méthode lors d’une étude réalisée plus tôt dans l’année. Il l’a utilisée avec succès pour prédire les personnalités de 2 500 étudiants d’université en se basant sur des textes qu’ils ont écrits.

« Le programme extraie les dimensions cachées et inconscientes de la personnalité », explique Neuman. « Ce qu’il fait pour le moment n’est que la partie émergée de l’iceberg ».

Lire entre les lignes

Ce programme est extrêmement complexe et abstrait. En termes plus simples, il créé une signature sémantique des mots utilisés par une personne et la compare à la signature sémantique de personnalités types déjà établies.

On donne une signature sémantique aux mots et aux phrases en fonction des contextes dans lesquels ils apparaissent dans les bases de données en anglais comme Wikipédia.

La fréquence et la proximité de ces mots sont ce qui compte le plus.

On a inclus dans la signature sémantique d’une douzaine de personnalité types, dont les « cinq dimensions » d’une personnalité – l’extraversion, l’affabilité, la conscience, la névrose et l’ouverture à de nouvelles expériences – et les caractéristiques émotionnelles et psychodynamiques.

La signature sémantique du texte a été comparée aux différents types de personnalité. Plus la signature des mots est similaire à un type de personnalité, plus cette personne sera associée à un type de personnalité.

Neuman explique que son programme ne lui permet pas de profiler totalement la personnalité d’une personne – il peut juste profiler la manière dont elle s’exprime dans un contexte précis.

La véritable personnalité de quelqu’un, affirme-t-il, ne devient apparente qu’avec le temps.