Obama : « L’accord ne visait pas à réchauffer les relations entre l’Iran et les États-Unis »
Rechercher

Obama : « L’accord ne visait pas à réchauffer les relations entre l’Iran et les États-Unis »

S'exprimant sur CNN, le président américain a défendu l'accord entre l'Iran et les grandes puissances

Obama s'exprimant sur CNN, le 9 août 2015
Obama s'exprimant sur CNN, le 9 août 2015

« Le principe de l’accord n’était pas de réchauffer les relations entre l’Iran et les États-Unis ou de nous livrer à une réévaluation stratégique de notre relation » a déclaré Obama sur CNN, dans une interview vérité à propos de l’accord sur le nucléaire.

Dans un contexte de montée de l’État islamique, il peut être concevable que l’Iran et l’Arabie saoudite reconnaissent que leur ennemi commun est le « chaos », assure Obama, ajoutant que l’EI est beaucoup plus dangereux pour les deux pays que ce que ces derniers représentent l’un pour l’autre.

« Les opposants ne peuvent pas simplement dire qu’ils veulent un meilleur accord. Ils ne peuvent pas simplement dire que nous devrions être plus durs », a dit Obama, appelant ses opposants à « s’engager dans une conversation de fond de façon à atteindre un objectif commun : empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire ».

« Si le Congrès rejette l’accord, cet objectif sera plus difficile à atteindre », ajoute Obama, notant que si le Congrès met l’accord en échec, « cela pourrait également affaiblir la position des Etats-Unis sur la scène internationale ».

« La question est : est-ce que le monde prendra au sérieux la capacité des Etats-Unis à façonner les agendas internationaux, à atteindre et livrer les accords internationaux ? », s’interroge Obama.

Le président assure : « Je ne veux pas être mis en échec sur ce terrain ».

Si Israël est attaqué, les Etats-Unis viendront à la rescousse

Le président a également répondu au sujet des inquiétudes de Jérusalem. Quand Obama s’est vu demander si Netanyahu s’était
« imposé de force » dans le débat à Washington sur l’affaire, le président a acquiescé.

Etait-ce approprié ? « Je vous laisse poser directement la question au Premier ministre Netanyahu si vous le rencontrez » a-t-il botté en touche. Avant d’ajouter : « je ne me souviens pas d’un exemple similaire ».

Selon lui, la relation américano-israélienne est profonde et solide, et
« notre engagement pour la sécurité d’Israël est non-négociable. C’est quelque chose que je prends très au sérieux ».

« Nous avons fourni une aide militaire à Israël plus importante que tout autre gouvernement précédent » a encore relevé Obama.

Il a ajouté : « Sur le fond, le Premier ministre a tort sur ce point. Je pense que je peux lui montrer que les hypothèses de base qu’il a faites sont incorrectes ».

Et « si, en fait mon raisonnement est juste, et que ce soit la meilleure façon pour l’Iran de ne pas obtenir une arme nucléaire, alors que ce ne sera pas seulement bon pour les Etats-Unis. Ce sera également très bénéfique à Israël ».

Il dit que la question clé est de savoir s’il existe « une meilleure voie que celle-ci pour empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire ».

Et il poursuit : « J’ai demandé à plusieurs reprises au Premier ministre Netanyahu et à d’autres de présenter un plan réaliste et raisonnable qui permettrait d’atteindre exactement ce que cet accord permet, et je n’ai pas encore obtenu de réponse ».

Obama poursuit : « Je comprends parfaitement pourquoi lui et l’opinion publique israélienne sont circonspects et prudents à l’idée de négocier un accord avec l’Iran ». Mais les traités sur les armes signés avec l’ancienne Union soviétique étaient « beaucoup plus risqués » a-t-il fait remarquer.

« Les soviétiques avaient des missiles pointés sur chaque grande ville américaine … Nous avons dû nous limiter et réduire notre puissance de feu ».

Avec cet accord, les États-Unis « préservent toutes les options ».

« Si Israël était attaqué par l’Iran, par exemple, il n’y a aucun doute que non seulement moi, mais toutes les administrations américaines feraient tout ce que nous devions faire pour veiller à ce qu’Israël soit protégé » promet Obama.

Mais si l’Iran respecte l’accord, « alors nous aurons acheté à un prix très faible l’un des objectifs nationaux les plus importants de sécurité que les États-Unis et Israël doivent atteindre ».

Obama : Nous n’aurions pas pu conclure un accord avec aucun enrichissement

Obama a également affirmé à CNN que les opposants à l’accord nucléaire avec l’Iran n’ont pas présenté d’ « alternatives plausibles » autres que l’option militaire.

« Personne n’a présenté d’alternative plausible autre que des frappes militaires, » assure Obama.

Interrogé sur la raison pour laquelle il n’a pas insisté pour que l’Iran abandonne tout enrichissement d’uranium, le président américain affirme : « Vous avez un consensus en Iran sur le droit à l’enrichissement ».

Il ajoute : « nous n’avions pas le soutien sur ce point de la part de nos alliés mondiaux ».

Et ainsi, « dans le monde réel, les alternatives que vous venez de décrire ne sont pas disponibles ».

Obama : les gens manquent d’informations complètes sur l’accord iranien

Enfin, le président américain Barack Obama a également soutenu que la plupart des opposants à l’accord sont assez ignorants quant à sa substance.

L’opposition à l’accord découle du fait que « les gens n’ont pas obtenu toutes les informations », assure Obama, ajoutant que « si vous regardez les mérites de la transaction, vous conclurez qu’il coupera le chemin de l’Iran à une arme nucléaire ».

Obama a établi aussi des parallèles entre les opposants intérieurs des Etats-Unis à l’accord et l’aile dure de l’Iran qui s’y oppose également, déclarant que les adversaires des États-Unis ont un « engagement idéologique » pour empêcher un accord.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...