Le président américain Barack Obama a estimé mercredi que l’Iran avait un rôle à jouer pour mettre fin au conflit syrien, lors d’une conférence de presse à Washington.

« Nous ne résoudrons pas les problèmes en Syrie sans l’implication des Russes, des Iraniens, des Turcs, de nos partenaires du Golfe », a expliqué Barack Obama à la Maison Blanche.

« C’est très chaotique, il y a trop de factions, il y a trop d’argent et d’armes qui inondent la zone ».

« Pour que nous puissions résoudre (le conflit), il faudra que les grandes puissances intéressées par la Syrie s’accordent pour dire que ce ne sera pas gagné sur le champ de bataille, et l’Iran est l’un de ces acteurs, et il est important qu’ils participent à cette conversation », a déclaré Barack Obama.

Le président américain était interrogé sur d’éventuelles nouvelles coopérations régionales entre l’Iran et les Etats-Unis, au lendemain de la conclusion à Vienne d’un accord nucléaire entre les grandes puissances et la République islamique.

Barack Obama a évoqué la lutte contre le groupe Etat islamique (EI) en Irak. Il a évoqué le fait que les Iraniens coopèrent avec le Premier ministre Haider al-Abadi et soutiennent des milices chiites, notamment par la présence de conseillers militaires.

« Nous n’avons pas rétabli, et je n’anticipe pas que nous allons restaurer à court terme des relations diplomatiques normales avec l’Iran, et je ne prévois pas de séries d’accords formels avec l’Iran sur la manière dont nous conduisons notre campagne contre l’EI, mais il est évident que l’Iran a de l’influence en Irak », a relevé Barack Obama.

Le vice-chancelier allemand va se rendre en Iran à partir de dimanche

Le vice-chancelier et ministre de l’Economie allemand, Sigmar Gabriel, va se rendre en Iran dimanche, a-t-on appris mercredi auprès de ses services, au lendemain de l’accord entre Téhéran et les grandes puissances sur le nucléaire iranien.

Gabriel, actuellement en voyage en Chine, va se rendre en Iran dimanche et y séjourner jusqu’à mardi prochain « avec une petite délégation composée de représentants des secteurs allemands de l’économie et de la science », a indiqué à l’AFP une porte-parole du ministère, sans autres précisions.

Cette annonce intervient après la conclusion mardi matin d’un accord historique entre Téhéran et les grandes puissances sur le nucléaire iranien qui va permettre une levée progressive des sanctions internationales contre l’Iran qui impactaient lourdement son économie.

Mardi, dans la foulée de l’accord, une porte-parole de Gabriel avait déjà indiqué que des « réflexions » étaient en cours « au ministère de l’Economie pour un voyage prochainement en Iran ».

Sans donner de dates, elle avait fait part d’un « grand intérêt du côté de l’économie allemande pour une normalisation et un renforcement des relations économiques avec l’Iran ».

La Fédération allemande des chambres de commerce et d’industrie (DIHK) avait, de son côté, affirmé que son président Eric Schweitzer avait été convié à accompagner en Iran de dimanche à mardi Sigmar Gabriel.

La perspective d’un voyage de Gabriel dans la République islamique avait également été saluée mardi par la puissante fédération allemande de l’industrie BDI, qui juge « réaliste » un volume d’exportations allemandes vers l’Iran à moyen terme de plus de 10 milliards d’euros, contre 2,4 milliards d’euros en 2014.

De « nouvelles chances » se présentent notamment pour les secteurs allemands des machines-outils, de l’automobile et de la chimie, estimait le BDI.

Pour sa part, la fédération allemande des machines-outils VDMA avait chiffré à 8 milliards d’euros le potentiel du marché iranien dans ce secteur. « Une part de marché de 15 % à 20 % aussi bien pour les machines-outils allemandes qu’italiennes serait un grand succès », estimait la VDMA dans un communiqué.

Un peu plus tôt mercredi, le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, avait lui aussi annoncé son intention de se rendre prochainement en visite en Iran. M. Fabius n’a en revanche pas précisé à quelle date il pourrait effectuer cette visite.

A l’issue d’intenses négociations, l’Iran et le groupe P5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) ont conclu mardi un accord avec Téhéran sur son programme nucléaire qui doit rester essentiellement civil, permettant de solder un dossier qui a empoisonné les relations internationales depuis douze ans.