Barack Obama a annoncé la semaine dernière à des dirigeants juifs qu’il ne rencontrerait pas le Premier ministre Benjamin Netanyahu avant la date butoir du 30 juin pour les pourparlers sur le nucléaire iranien, a rapporté jeudi le New York Times.

Obama aurait affirmé qu’il imaginait qu’une rencontre en face-à-face avec le dirigeant israélien se terminerait sans doute avec un Netanyahu « exposant publiquement ses récriminations sur la politique du président », notamment sur l’Iran, selon des sources anonymes impliquées dans la rencontre.

« Donc pour l’instant, le président a dit qu’il s’entretiendrait avec le Premier ministre au téléphone, et qu’une invitation dans le Bureau oval attendrait le 30 juin », a rapporté le quotiden new-yorkais.

Avant les élections israéliennes du 17 mars, la Maison Blanche avait déclaré qu’Obama rencontrerait certainement Netanyahu si le Premier ministre était réélu, mais n’avait pas fourni de date précise.

Après la victoire de Netanyahu, le conseiller d’Obama, Ben Rhodes, avait déclaré à la télévision israélienne qu’il était sûr qu’une invitation était imminente. Rhodes a reconnu qu’Obama et Netanyahu ont une « approche différente sur l’Iran ». Néanmoins, a-t-il dit, le Premier ministre serait invité à la Maison Blanche une fois qu’un nouveau gouvernement israélien serait en place.

« Nous nous attendons à ce que, une fois le gouvernement israélien formé, il y aura certainement des occasions pour que les deux se rencontrent à Washington », avait-il déclaré.

Selon le New York Times, le refus d’Obama de rencontrer Netanyahu s’explique par le fait que l’administration américaine est « engagée dans un effort intense pour apaiser les craintes des organisations juives américaines et des membres pro-israéliens du Congrès sur l’accord nucléaire avec l’Iran, et pour limiter les potentielles retombées politiques pour les démocrates de ce qui est devenu un fossé amer dans la relation américano-israélienne ».

Dans un effort pour désamorcer les tensions, Obama a rencontré des personnalités juives et pro-israéliennes des États-Unis pour réaffirmer les engagements des États-Unis vis-à-vis Israël, en dépit des désaccords politiques entre les deux pays.

« Nous réévaluons notre approche sur une solution à deux Etats, pas sur notre relation avec Israël » a déclaré au New York Times, Jen Psaki, la directrice de la communication d’Obama.

« Malgré les différends occasionnels sur des questions politiques, notre relation est forte et durable, comme l’a démontré notre soutien indéfectible à la sécurité d’Israël. »

Dans un geste symbolique, le vice-président Joe Biden assistera jeudi aux festivités de Yom HaAtsmaout à Washington, aux côtés de l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis Ron Dermer, qui a été une figure de la  division entre les deux pays.

Ron Dermer (Crédit : Ron Sachs)

Ron Dermer (Crédit : Ron Sachs)

« Cette administration est avant tout pragmatique, et ce qui est important maintenant c’est de créer les conditions pour un résultat raisonnable si l’accord avec Iran devait être signé », estime Daniel C. Kurtzer, ancien ambassadeur américain en Israël et en Egypte, qui est maintenant professeur à Princeton.

« Il y a eu un moment où vous vous demandiez si la colère remplaçait la politique, a ajouté Kurtzer, mais ils ont repris leurs esprits et ont dit, ‘Ok, la colère n’est pas une politique, maintenant, nous avons exprimé notre point de vue, il est temps de passer à autre chose' ».

Une source anonyme qui a assisté à la réunion la semaine dernière a même donné l’analogie suivante : « Il y a eu un pic dans l’ECG qui a été déclenché par les propos du Premier ministre autour des élections, mais il semble que le pouls ait commencé à redescendre. »