Daniel Saat, directeur du développement de SpaceIL, est à peu près certain que le module lunaire que développe l’organisation spatiale israélienne supplantera la concurrence et remportera le prix de 30 millions de dollars (22 millions d’euros) offert par Google à l’occasion du défi LunarX.

« Nos sources nous disent que le satellite israélien est l’un des deux ou trois prétendants à la victoire finale », confie Saar au Times of Israel.

Il est également convaincu que le vaisseau spatial de 65 kilos atterrira sans encombre sur la Lune et réalisera les manœuvres exigées par Google pour remporter le prix : se déplacer sur la surface lunaire et rapporter des images sur Terre en évitant de brûler en orbite. « Nous sommes sûrs à 90 % que ça va marcher », explique Saat.

Ce dont il est sûr à 100 % c’est que grâce à SpaceIL, Israël a la possibilité d’explorer un nouveau domaine pour renforcer son statut de « nation start-up ».

« Nous nous attendons à ce que les biens de propriété intellectuelle affluent et bénéficient à l’économie de multiples façons », déclare Saat.

« Mais cela est secondaire par rapport à la source d’inspiration qu’un lancement d’une capsule vers la Lune produira chez tous les Israéliens, particulièrement chez les enfants, que nous espérons voir étudier les sciences et l’ingénierie, deux domaines où nous avons besoin de plus de jeunes. »

L’objectif de SpaceIL est de faire atterrir sur la lune une capsule spatiale, ce qui ferait d’Israël le quatrième pays au monde à accomplir une telle prouesse.

La capsule permettra à Israël de remporter le prix Google, décerné à une équipe faisant atterrir un vaisseau sans équipage qui réalisera plusieurs missions (filmer des vidéos HD et les rapporter sur Terre, explorer la surface de la lune en se déplaçant sur plusieurs centaines de mètres…).

Lors d’une conférence de presse dédiée à ce projet, le cofondateur de SpaceIL Yariv Bash a soutenu qu’Israël était l’un des principaux prétendants au titre, que se disputent 18 équipes.

« C’est ce que nous entendons, du moins de nos sources au sein de la NASA, qui sont très bien informées », a dit Bash. La première équipe à atteindre la lune remporte le concours. Plus de 250 ingénieurs volontaires travaillent à temps partiel pour SpaceIL.

Même si SpaceIL n’atteint pas la lune en premier, Israël sortira vainqueur. « Nous tirons profit de l’expertise israélienne dans les technologies micro-satellitaires et nous construisons le vaisseau spatial le plus petit et le plus intelligent à avoir jamais atterri sur la Lune. »

Mais la principale réalisation du lancement de la capsule – et la raison pour laquelle Bash, Saat et tous les volontaires consacrent une partie de leur temps si précieux au projet – est l’effet produit sur toute une génération d’Israéliens.

« Au début des années 1960, quand le président Kennedy a annoncé son objectif d’envoyer un homme sur la Lune à la fin de la décennie, cela a inspiré beaucoup de jeunes Américains à étudier les sciences et l’ingénierie. Cette explosion du nombre d’étudiants est sans doute la raison pour laquelle nous avons aujourd’hui Internet ou les smartphones », étant donné qu’une grande partie des technologies de miniaturisation et de communication modernes ont d’abord été développées par le programme spatial américain.

« Aux Etats-Unis, on a appelé cela l’effet Apollo », explique Bash. « Nous voulons reproduire cela ici, avec un effet SpaceIL. Nous voulons que la prochaine génération, en Israël et dans le monde, pense différemment dans les domaines de la science, de l’ingénierie, des mathématiques. Quand des enfants verront les images d’une capsule israélienne sur la lune, d’un drapeau israélien, nous pensons que ça aura un grand effet et que ça poussera de nombreux jeunes à participer à l’aventure. Pour nous, ça serait la plus grande de toutes les réussites. »